La Bundesnetzagentur ouvre le trafic longue distance : Italo pourra circuler sur les lignes allemandes à partir de 2028
Bonn, le 17 juillet 2026
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Summary
La Bundesnetzagentur a décidé qu'à partir de 2028, un quart des capacités sur les lignes longue distance à forte fréquentation devra être attribué à des concurrents de la Deutsche Bahn. Le fournisseur italien de trains à grande vitesse Italo, qui prévoit son entrée sur le marché allemand, devrait également en profiter. Les associations de voyageurs et les Länder mettent toutefois en garde contre les conséquences négatives pour les lignes moins rentables.
Bonn, le 17 juillet 2026
La Bundesnetzagentur a décidé vendredi que la société d'infrastructure de la Deutsche Bahn devra à l'avenir attribuer au moins un quart des capacités sur les lignes longue distance à forte fréquentation à des concurrents, ouvrant ainsi la voie à l'entrée sur le marché allemand du fournisseur italien de trains à grande vitesse Italo à partir de 2028.
La Bundesnetzagentur (BNetzA) a réorganisé le marché du trafic longue distance en Allemagne par une décision publiée vendredi depuis Bonn. À l'avenir, DB InfraGO ne pourra plus attribuer l'intégralité de la capacité de sillons disponible sur des lignes définies, particulièrement chargées, à une seule entreprise. Au contraire, au moins un quart des capacités devra revenir à des concurrents de la Deutsche Bahn. L'objectif est d'activer la dite clause de concurrence, qui garantit qu'au moins un opérateur supplémentaire pourra circuler sur les liaisons longue distance importantes.
Selon l'autorité, la réglementation s'appliquera lors de l'élaboration du plan de réseau 2028, qui aura lieu en 2027. Sont concernés les corridors à forte fréquentation avec des plafonds de capacité définis, comme ceux prévus pour les nœuds de Munich et de Francfort. Selon la ligne, au maximum 60 à 75 pour cent des capacités pourront à l'avenir être concentrés chez un seul opérateur. La Bundesnetzagentur justifie son intervention par sa mission de garantir autant de concurrence que possible.
Contexte : clause de concurrence et attribution des sillons
Le bénéficiaire évident de la décision est le fournisseur italien de trains à grande vitesse Italo. L'entreprise avait déposé une plainte auprès de la Bundesnetzagentur contre la pratique actuelle d'attribution des sillons et prévoit de mettre en service ses propres trains en Allemagne à partir de 2028. Selon ses propres indications, Italo souhaite investir des milliards dans son entrée sur le marché et a besoin pour cela d'une sécurité de planification à long terme concernant l'accès au réseau ferroviaire. La Bundesnetzagentur a déclaré que la décision devait permettre aux investissements dans les trains Italo d'être rentables.
Italo doit également, selon la volonté de l'autorité, pouvoir circuler sur les lignes les plus attractives. « Sie können dann auch auf ausgelasteten und attraktiven Strecken beispielsweise von München nach Frankfurt oder Berlin fahren », a déclaré Daniela Brönstrup, vice-présidente de la Bundesnetzagentur, dans un entretien à la WDR. Le fournisseur italien s'attaque ainsi au marché principal de la Deutsche Bahn, qui détient actuellement une part de marché d'environ 95 pour cent dans le trafic longue distance.
Italo comme bénéficiaire de la décision
La Bundesnetzagentur voit dans cette étape avant tout un avantage pour les voyageurs. « Von dem Angebot sollen auch die Fahrgäste profitieren », indique le communiqué de l'autorité. Le président de la Bundesnetzagentur, Klaus Müller, a déclaré : « Mehr Wettbewerb hat das Potenzial, bessere Angebote für die Fahrgäste zu schaffen. » L'autorité ne partage pas la crainte que l'offre globale puisse se dégrader.
Des critiques viennent en revanche de l'association de voyageurs et du syndicat. Pro Bahn salue certes la décision sur le principe, mais avertit, conjointement avec le syndicat des cheminots EVG, qu'Italo pourrait ne choisir que les lignes les plus rentables. « Allerdings fürchtet man genauso wie bei der Eisenbahner-Gewerkschaft EVG, dass sich Italo nur die Rosinen, also besonders lukrative Strecken rauspicken könnte », indique la couverture médiatique. La Deutsche Bahn pourrait perdre des revenus dont elle a besoin pour exploiter également les lignes moins attractives.
Critiques de Pro Bahn et de l'EVG
Plusieurs Länder ont également exprimé des réserves dans des avis dont dispose la dpa. Le ministre bavarois des Transports Christian Bernreiter (CSU) a déclaré : « Im Gegensatz zur BNetzA befürchte ich durchaus, dass der SPNV gerade dort in Mitleidenschaft gezogen wird, wo künftig mehrere Eisenbahnverkehrsunternehmen um lukrative Trassen konkurrieren werden. » Il a averti que tant le trafic régional que le trafic longue distance dans les zones rurales pourraient en subir les inconvénients.
Le Brandebourg argue dans le même sens : « Ein zentrales Problem besteht darin, dass sich der Fernverkehr künftig verstärkt auf wirtschaftlich attraktive Strecken und Trassen fokussieren dürfte. Die bisherige Quersubventionierung schwach ausgelasteter Fernverkehrsverbindungen durch Einnahmen aus lukrativen Strecken entfällt », indique l'avis du Land. Hambourg a exprimé la crainte que des arrêts ou des liaisons individuelles soient supprimés et que le trafic régional soit davantage sollicité aux heures de pointe.
Les Länder mettent en garde contre les conséquences pour les zones rurales
DB InfraGO, la filiale d'infrastructure de la Deutsche Bahn, s'oppose à la décision. Dans un avis adressé à la chambre de décision compétente de la BNetzA, l'entreprise a qualifié la décision de juridiquement douteuse. Auprès de la dpa, DB InfraGO a parlé de « durchgehende Verfahrens- und Aufklärungsfehler ». Il manquerait une base effective pour l'intervention réglementaire, et la pratique actuelle d'attribution des sillons aux concurrents n'avait en outre pas été contestée sur le plan juridique.
La Deutsche Bahn a annoncé qu'elle examinerait et évaluerait la décision en détail. Les parties concernées, comme la Deutsche Bahn, peuvent désormais contester juridiquement la décision devant le tribunal administratif de Cologne. La Commission des monopoles soutient en principe les projets de la Bundesnetzagentur et considère qu'un meilleur accès aux sillons est une condition préalable à l'entrée de nouveaux opérateurs sur le marché, mais elle estime que la répartition concrète des capacités soulève encore des questions ouvertes.
DB InfraGO annonce des recours juridiques
La Bundesnetzagentur reconnaît que la décision pourrait déclencher une transformation fondamentale du trafic longue distance. L'autorité suit avec cette décision une résolution provisoire adoptée en juin. Les avis des Länder et de DB InfraGO n'y ont rien changé, la décision reste pleinement en vigueur. Les conséquences concrètes de la décision de la BNetzA pour l'entrée prévue d'Italo sur le marché en 2028 restent encore ouvertes.
La clause de concurrence s'inscrit dans un ensemble réglementaire plus large par lequel la Bundesnetzagentur entend ouvrir le marché du trafic longue distance en Allemagne. En arrière-plan se trouvent le recours d'Italo contre la pratique actuelle d'attribution des sillons ainsi que l'objectif politique d'augmenter la part du rail dans le transport de voyageurs. Avec cette décision, un marché jusqu'ici presque entièrement dominé par la Deutsche Bahn est réorganisé.
La Bundesnetzagentur souligne que sa priorité est de garantir autant de concurrence que possible. L'autorité voit dans l'ouverture des sillons la condition nécessaire pour que les investissements des nouveaux opérateurs soient rentables à long terme. Reste à savoir si cela fonctionnera, ce qui ne se vérifiera qu'avec le lancement de l'exploitation d'Italo en 2028.
Perspective : que signifie la décision pour 2028 ?
D'ici là, il faudra attendre de voir comment DB InfraGO et la Deutsche Bahn réagiront à la décision. Si le tribunal administratif de Cologne confirme la décision, la voie serait libre pour une concurrence susceptible de transformer fondamentalement le trafic longue distance allemand.
La couverture médiatique de la décision s'appuie sur un communiqué de presse de la Bundesnetzagentur, un entretien de la WDR avec Daniela Brönstrup ainsi que sur des dépêches de la dpa. La WDR a rapporté le 17 juillet 2026 à 11h40 sur le sujet sous le titre « Italo-Züge fahren bald auf deutschen Schienen ».
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