Le vice-président JD Vance est arrivé en Suisse dimanche pour des discussions avec l'Iran sur le programme nucléaire du pays et un cessez-le-feu fragile au Liban, alors même que Téhéran a annoncé une nouvelle fermeture du détroit d'Ormuz. Les négociations, accueillies au complexe du Bürgenstock et médiées par le Pakistan et le Qatar, interviennent quatre jours après la signature d'un accord-cadre à Versailles.
Lucerne, 21 juin 2026
Le vice-président JD Vance est arrivé en Suisse dimanche pour une nouvelle série de discussions avec l'Iran sur le programme nucléaire du pays et un cessez-le-feu fragile au Liban, tandis que Téhéran a annoncé avoir fermé le détroit d'Ormuz à la navigation en réponse à la poursuite des frappes israéliennes.
Arrivée en Suisse et équipes de négociation
Vance et la Second Lady Usha Vance ont atterri à la base aérienne d'Emmen, près de Lucerne, peu avant 6 heures, heure locale, dimanche, selon les services de Vance. Le vice-président s'est rendu avec l'envoyé spécial américain Steve Witkoff et Jared Kushner, le gendre de Trump, pour des réunions tenues au complexe du Bürgenstock et visant à transformer l'accord-cadre de la semaine dernière en une fin durable de la guerre.
Avant le décollage, Vance a déclaré aux journalistes que Washington disposait de « a couple days of talks » pour tenter de lancer la prochaine phase de l'accord de cessez-le-feu du président Donald Trump. Les négociations entre les États-Unis et l'Iran sur un accord de paix définitif ont commencé près de quatre mois après le début de la guerre, et les deux parties se sont fixé 60 jours pour parvenir à un accord de paix contraignant qui mettrait définitivement fin au conflit.
Côté iranien, la délégation comprend le négociateur en chef Mohammad Bagher Ghalibaf et le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi. Le président iranien Masoud Pezeshkian a déclaré dimanche : « What is certain is that we will never back down from the right to enrich uranium, and the other side is also forced to accept it. » Pezeshkian a également signalé que l'Iran pourrait fournir une garantie écrite de sa renonciation aux armes nucléaires si nécessaire, notant que l'ancien guide suprême Ali Khamenei avait rejeté le développement d'armes de destruction massive pour des raisons religieuses.
Position nucléaire de l'Iran et médiateurs à la table
Les pourparlers sont médiats par le Pakistan et le Qatar. Vance a rencontré des représentants pakistanais assurant la médiation des négociations, dont le Premier ministre Shehbaz Sharif et le chef d'état-major de l'armée de terre, le maréchal Asim Munir. Le Qatar a exprimé l'espoir que les réunions aboutissent à un accord complet et durable sur tous les points de l'accord-cadre conclu par Washington et Téhéran. Rafael Grossi, chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique, participe également aux réunions en Suisse.
Vance a ouvert la séance en évoquant une « historic meeting » et a appelé à « turning a new page » au Moyen-Orient. « We've already made great progress over just the last few hours, and I expect that we'll make additional progress in the hours to come », a déclaré Vance aux journalistes dimanche. Il a également indiqué qu'il y avait eu « great progress » au cours des derniers jours.
Vance sur les progrès et sur Israël
Interrogé sur le message qu'il adressait au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, Vance a répondu : « these things are always a little bit messy. » Il a ajouté qu'il existe « sometimes disagreements about precisely how to get there, but I actually feel great about where we are in Lebanon. There's still some additional wood to chop, but we're going to keep on working. » Le vice-président a également déclaré que les États-Unis avaient « done more to stop the conflict in Lebanon than any government anywhere in the world. »
L'impulsion diplomatique intervient dans un contexte de reprise des combats. Les forces israéliennes et le Hezbollah ont échangé de violents tirs tout au long de samedi, à la suite d'un cessez-le-feu qui avait été annoncé vendredi. Au moins 16 personnes, dont des civils, ont été tuées par des frappes israéliennes samedi, selon l'Agence nationale de presse libanaise. Israël a indiqué que les frappes de samedi constituaient une réponse au tir de projectiles du Hezbollah contre les forces israéliennes dans la nuit de samedi, et le Hezbollah a déclaré avoir tiré en réponse à l'avancée d'Israël vers le territoire libanais.
Reprise des affrontements Israël-Hezbollah met le cessez-le-feu à l'épreuve
Ni Israël ni le Liban n'ont signé le protocole d'accord au centre des pourparlers, et le protocole prévoit le respect de la souveraineté libanaise, une disposition que l'Iran exige des États-Unis qu'ils fassent respecter. Le protocole d'accord prévoit également un arrêt des opérations militaires au Liban, et l'Iran a déclaré que l'incapacité des États-Unis à freiner Israël violait les termes de l'accord provisoire de la semaine dernière, qui précise que tous les combats au Liban doivent cesser.
Des pourparlers de suivi avaient été prévus en Suisse vendredi mais ont été reportés à la dernière minute après qu'Israël a lancé des frappes au Liban. Les frappes israéliennes qui ont motivé ce report ont suivi la mort de quatre soldats israéliens au combat. Le chef par intérim de la Force intérimaire des Nations unies au Liban a déclaré à NPR dimanche que, pour la première fois depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah, la force de maintien de la paix n'avait enregistré aucune attaque d'aucun côté.
Le détroit d'Ormuz fermé à nouveau
L'armée iranienne a annoncé samedi qu'elle avait fermé le détroit d'Ormuz en raison de la poursuite des frappes israéliennes au Liban contre le Hezbollah. L'Iran a annoncé la fermeture du détroit au trafic maritime, invoquant une « breach of contract » américaine et « the Zionist regime's continuous and relentless violation of the ceasefire in southern Lebanon. » Selon une source iranienne, le détroit d'Ormuz ne sera rouvert qu'une fois le cessez-le-feu au Liban effectivement respecté, et l'agence de presse Fars, citant une source, a indiqué que la marine des Gardiens de la Révolution n'avait délivré aucune autorisation de transit dans le détroit dimanche.
Tasnim a cité une source proche de la délégation iranienne de négociation indiquant qu'une autre condition à la réouverture du détroit était que des autorisations exceptionnelles soient délivrées pour la vente de pétrole iranien. Le Commandement central américain a indiqué que le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz se poursuivait normalement malgré l'annonce de fermeture par l'Iran. Le détroit d'Ormuz est un conduit essentiel pour les expéditions de pétrole et de gaz, et le détroit avait été bloqué par l'Iran pendant une grande partie de la guerre, provoquant des ondes de choc sur les marchés mondiaux de l'énergie.
La menace de Trump et la réponse de l'Iran
L'atmosphère des pourparlers a été compliquée par un message publié sur les réseaux sociaux par le président Trump dimanche. Trump a écrit : « Iran must immediately stop their highly paid PROXIES in Lebanon from causing trouble. If they don't, we'll hit Iran very hard again, just like we did last week, only harder!!! » Selon l'IRNA, la menace de Trump a été perçue comme « insulting » par l'Iran. Selon l'agence de presse iranienne Tasnim, les menaces sont considérées comme une violation de l'accord entre les États-Unis et l'Iran, donnant à Téhéran le droit de répondre, même si les deux parties se sont engagées dans l'accord à s'abstenir d'attaques et de menaces.
L'Iran a signalé que les pourparlers, médiats par le Pakistan et le Qatar, sont entrés dans une phase difficile après 80 minutes en raison de la publication du message de Trump. Le négociateur en chef iranien Ghalibaf a déclaré sur la plateforme X que l'Iran ne tient pas compte des menaces américaines et que les forces armées iraniennes sont prêtes à répondre différemment : « Wir schenken amerikanischen Drohungen keine Beachtung. Sie täten gut daran, mit ihren Äußerungen vorsichtig zu sein. » Ghalibaf, qui est également président du Parlement, a averti : « Ganz gleich, was sie sagen – wir sind diejenigen, die handeln. »
Ce que les deux parties tentent d'obtenir
L'Iran a affirmé que son programme nucléaire est pacifique. Les pourparlers sont centrés sur un protocole d'accord signé la semaine précédente à la fois par les États-Unis et l'Iran, dans le but déclaré d'un accord final sur le programme nucléaire iranien, la levée des sanctions et la libération des actifs iraniens par les États-Unis. Jane Arraf de NPR a contribué à ce reportage.
Les pourparlers marquent la dernière tentative pour remettre sur les rails le processus de paix au Moyen-Orient. Les pourparlers de paix font suite à un accord de cessez-le-feu fragile précédemment conclu sous le président Donald Trump. La guerre Israël-Hezbollah a commencé le 2 mars et durait près de quatre mois au moment du reportage. Les négociations ont commencé quatre jours après que les présidents Trump et Pezeshkian ont signé un accord-cadre pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient à Versailles mercredi.
Questions & Réponses
Pourquoi le vice-président Vance rencontre-t-il des responsables iraniens en Suisse ?