Ann Arbor, 28 août 2026

Une étude coordonnée par Julia Cole, de l'Université du Michigan, et commentée par Kim Cobb, apporte de nouveaux éléments reliant l'intensification des événements El Niño dans le Pacifique au réchauffement climatique d'origine humaine.

Une reconstitution fondée sur les coraux

Les chercheurs ont examiné des carottes prélevées dans des récifs coralliens pour reconstituer l'évolution des températures océaniques dans le Pacifique au cours du dernier millénaire. En analysant les ratios de certains isotopes présents dans ces échantillons, l'équipe a pu retracer avec une finesse inédite les variations d'El Niño sur une période bien plus longue que celle couverte par les instruments modernes.

Cole et ses collègues ont qualifié leur reconstitution d'« proche de l'étalon-or », selon les termes relayés par plusieurs publications ayant couvert l'étude. La méthode employée combine plusieurs sites coralliens afin de réduire les marges d'incertitude et de distinguer plus clairement les grands événements El Niño des fluctuations ordinaires du Pacifique tropical.

Le résultat principal, tel que relayé par les médias ayant examiné l'étude, pointe vers une intensification des événements dits « super El Niño » au cours des dernières décennies. Les auteurs observent que la fréquence et l'amplitude de ces épisodes extrêmes semblent sortir de la fourchette naturelle reconstituée pour les siècles précédents, ce qui les a conduits à explorer l'hypothèse d'une influence anthropique.

Un signal anthropique selon les chercheuses

S'exprimant sur la portée de ces résultats, Cobb a souligné : « While we wait to see just how large the 2026 El Niño will become, this study provides fresh evidence that man-made global warming may be responsible for a portion of its chart-topping size. » Cette déclaration, rapportée à l'identique par plusieurs sources, replace l'étude dans l'actualité immédiate : l'année 2026 est en effet marquée par un nouvel épisode El Niño dont l'ampleur finale n'est pas encore connue.

Les auteures de l'étude ont également comparé leurs reconstructions paléoclimatiques aux sorties de modèles climatiques récents. Selon le résumé relayé par la presse spécialisée, les modèles qui intègrent les gaz à effet de serre d'origine humaine reproduisent plus fidèlement l'intensification observée que ceux qui ne prennent en compte que les forçages naturels, un argument supplémentaire en faveur d'une contribution humaine à la tendance.

Au-delà de la communauté scientifique, ces résultats intéressent directement les services météorologiques et les décideurs chargés de la planification des risques. Un El Niño plus intense se traduit par des vagues de chaleur marine, des modifications des régimes de précipitations et, dans plusieurs régions du monde, par des perturbations agricoles et hydrologiques accrues.

Des implications pour la prévision et la gestion des risques

L'étude s'inscrit dans un corpus de recherches en croissance rapide sur la variabilité du Pacifique tropical. Elle n'écarte pas la part de variabilité naturelle, mais suggère que le réchauffement global agit comme un amplificateur de la dynamique El Niño, ce qui constitue, pour les auteurs, un signal à intégrer dans les projections climatiques de moyen et long terme.

Les chercheurs ont précisé que la reconstitution reste tributaire du nombre de sites coralliens disponibles et de leur conservation. Ils appellent à étendre ce type d'analyses à d'autres régions du Pacifique afin d'affiner la chronologie des événements extrêmes et de mieux quantifier la part respective du réchauffement anthropique et de la variabilité interne du système climatique.