Regroupement familial en Autriche : un vide après la | actualites360
Regroupement familial en Autriche : les concernés dans un vide juridique
Vienne, 2 juillet 2026
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Summary
Après l'expiration de l'ordonnance d'urgence sur le regroupement familial en Autriche, un vide juridique subsiste : les demandes sont de fait impossibles actuellement, le nouveau système de quotas attend l'accord des Länder. Des organisations de défense des droits humains évoquent une situation illégale et examinent des plaintes auprès de la Commission européenne.
Vienne, 2 juillet 2026
En Autriche, le blocage du regroupement familial pour les bénéficiaires d'asile, imposé par ordonnance d'urgence, a expiré sans qu'une réglementation de remplacement ne soit entrée en vigueur – les concernés se trouvent, selon les ONG, dans un vide juridique.
Situation juridique
Depuis l'expiration de l'ordonnance d'urgence jeudi, il n'existe plus, selon l'évaluation d'Asylkoordination et de la Diakonie, de base légale solide pour les regroupements familiaux des bénéficiaires d'une protection internationale. Lukas Gahleitner-Gertz, d'Asylkoordination, a parlé d'un « total rechtswidrigen Zustand » et d'un « legalen Vakuum ». Le juriste Farahat, de l'Université de Vienne, a également déclaré qu'il n'y avait « anscheinend keine gesetzliche Grundlage für Familienzusammenführungen von international Schutzberechtigten ».
Le ministère de l'Intérieur renvoie, en revanche, aux possibilités existantes dans la loi sur l'établissement et le séjour (NAG). Mais celle-ci prévoit, selon Farahat, dans la pratique « hohe Voraussetzungen » et ne peut pas combler le vide. Le ministère invoque en outre des exigences de droit constitutionnel qui ont entraîné une mise en vigueur différée de la réglementation des quotas dans la NAG.
Le Conseil national avait décidé en mai que le regroupement familial ne serait désormais plus réglementé dans la loi sur l'asile, mais dans le règlement sur l'établissement. Le même mois, le gouvernement a adopté, avec la loi d'adaptation au pacte sur l'asile et la migration (AMPAG), un système de quotas qui doit être intégré à l'article 46a de la NAG. Mais pour que cette disposition entre en vigueur, tous les chefs de Länder doivent donner leur accord – un processus qui, selon Gahleitner-Gertz, ne devrait pas être achevé avant fin juillet ou début août.
Positions des Länder
Parmi les Länder, les positions divergent. La Basse-Autriche et Salzbourg, ainsi que la Styrie – dirigées par des coalitions noir-bleu ou bleu-noir – se sont prononcées en faveur d'un quota zéro. La Haute-Autriche a plaidé pour un quota proche de zéro. Le souhait de St. Pölten de « gleich auf null zu drücken » le quota « wurde letztlich "aus rechtlichen Gründen" nicht erfüllt », comme l'indique le rapport. Vienne, gouvernée par les sociaux-démocrates et les Verts, veut éviter que la ville ne se heurte « nicht wiederholt an seine Belastungsgrenzen » dans le domaine de l'éducation ; le Burgenland, également à majorité rouge-verte, souhaite un « äußerst restriktiven Zugang » ; le vice-président du SPÖ du Tyrol, Philip Wohlgemuth, réclame un quota fondé sur une « sachlichen Bewertung der tatsächlichen Aufnahme- und Integrationskapazitäten ».
La situation est compliquée par la composition politique de plusieurs exécutifs régionaux, dans lesquels le FPÖ occupe des positions clés. Des responsables du FPÖ compliquent également les négociations sur le quota. Le ministre de l'Intérieur, Gerhard Karner (ÖVP), a annoncé à plusieurs reprises que la valeur du quota pour le regroupement familial des bénéficiaires d'asile serait « sehr niedrig ». Le cours restrictif est justifié par une surcharge du système éducatif, en particulier à Vienne.
Contexte politique
L'ordonnance d'urgence elle-même était, selon Gahleitner-Gertz, déjà de fait dépourvue de portée depuis mi-juin, car avec l'entrée en vigueur de la réforme du droit d'asile de l'UE en Autriche le 12 juin, la base légale pour les demandes de regroupement familial a été retirée de la loi sur l'asile. Jusqu'à l'entrée en vigueur de la nouvelle réglementation des quotas, les procédures en cours sont suspendues ; cela concerne aussi des milliers de procédures d'appel devant le Tribunal administratif fédéral (Bundesverwaltungsgericht).
Dans ce contexte, Asylkoordination Österreich, la Diakonie et d'autres ONG – dont l'expert juridique Farahat – ont déposé au printemps une plainte auprès de la Commission européenne contre la démarche autrichienne. Ils soutiennent que le prétendu état d'exception et la menace à l'ordre public n'ont pas existé. Farahat se réfère à l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme, qui garantit le droit au respect de la vie privée et familiale.
Plaintes auprès de la Commission européenne
Gahleitner-Gertz a annoncé qu'une nouvelle plainte serait déposée auprès de la Commission européenne après l'entrée en vigueur du système de quotas, et a qualifié le quota d'« österreichischen Sonderweg », contraire aux bases juridiques européennes. Dans l'émission ORF-„Pressestunde" dimanche, le ministre de l'Intérieur Karner s'est dit confiant qu'un accord serait possible « in den nächsten Monaten ».
Les chiffres provisoires du ministère de l'Intérieur illustrent l'ampleur de la rupture : au premier semestre 2026, seules 55 personnes sont venues en Autriche dans le cadre du regroupement familial, contre environ 6 000 au premier semestre 2024. La valeur du quota fixée pour 2025 aurait, selon les informations disponibles, été reportée à 2026.
Chiffres et durée des procédures
Déjà l'an dernier, la Basse-Autriche et la Styrie avaient réussi à faire pression pour une réduction des places attribuées. Un règlement pour 2025 n'a été soumis aux Länder pour avis qu'en décembre – le dernier mois d'une année déjà presque écoulée. Un « baromètre de l'intégration », annoncé en mars 2025 comme référence, est encore, selon le ministère de l'Intérieur, en cours d'élaboration et est censé rendre visibles les évolutions en matière d'éducation, de marché du travail, de social et de santé.
Globalement, il apparaît que tant que le système de quotas n'est pas en vigueur, la situation reste précaire pour les familles concernées. La disposition transitoire du législateur prévoit que les décisions dans les procédures en cours soient suspendues jusqu'à l'entrée en vigueur de la nouvelle réglementation. Certains appels pourraient, à l'expiration du délai d'attente maximal de trois ans, conduire à un regroupement hors quota.
Mais la disposition correspondante n'est pas encore entrée en vigueur, car en la matière, l'accord de tous les chefs de Länder est requis. Comme l'a souligné Lukas Gahleitner-Gertz, d'Asylkoordination, le délai d'attente pour les concernés pourrait ainsi se trouver sensiblement prolongé.