Rostock, 28 mai 2026
Le septième jour du procès pour le meurtre du petit Fabian, huit ans, a été marqué mercredi par l’audition d’une experte textile et l’examen de traces microscopiques au tribunal régional de Rostock.
L’experte, appelée à la barre, a détaillé les découvertes faites sur le corps de la victime. Une fibre de coton teinte en bleu lilas a été retrouvée sous l’ongle du pouce droit de l’enfant. Selon son analyse, cette fibre présente des correspondances avec un pull-over appartenant à l’accusée, une femme de 30 ans poursuivie pour meurtre. Une seconde fibre, en polyester gris-vert, a été découverte sur une manchette textile de la victime. Cette dernière pourrait provenir d’une culotte de cheval appartenant également à la prévenue.
Des preuves textiles difficiles à interpréter
Malgré ces correspondances, l’experte a tenu à nuancer la portée de ses conclusions devant la cour. Elle a déclaré que l’évaluation de ces indices textiles était très difficile et quasiment impossible. Elle a précisé qu’il n’était pas possible de déterminer avec certitude comment un transfert de ces traces avait pu se produire, laissant planer le doute sur les circonstances exactes de leur dépôt.
Ces analyses techniques interviennent dans un dossier déjà lourd. Selon l’accusation, la prévenue aurait enlevé Fabian avec sa voiture le 10 octobre 2025, avant de le tuer plus tard près d’un étang à Klein Upahl, dans l’arrondissement de Rostock. L’enfant aurait été tué d’au moins six coups de couteau.
Des clichés insoutenables projetés dans le prétoire
La journée d’audience a également été marquée par un moment de très forte tension émotionnelle. Le juge a averti les spectateurs présents dans la salle 2.002 que des photographies du cadavre de Fabian allaient être projetées. Il a prévenu que ces images seraient difficiles à supporter et a offert à toute personne ne se sentant pas capable de les endurer la possibilité de quitter la salle.
Le corps de l’enfant avait été incendié et présentait de graves brûlures. En raison de la dureté de ces documents, la mère de Fabian, qui participe au procès en tant que partie civile, n’a pas assisté à l’audience de ce mercredi. Un expert technique était par ailleurs attendu dans la journée pour être entendu au sujet des enregistrements numériques provenant de la voiture de l’accusée.
Des messages et un pick-up suspect
Le procès a aussi mis en lumière le comportement de l’accusée dans les échanges avec le père de la victime. De nombreux messages vocaux et discussions en ligne ont été lus à l’audience. L’accusée lui répétait sans cesse : « Je veux juste être là pour toi », sans jamais réagir lorsque le père lui confiait avoir presque perdu tout espoir de retrouver Fabian vivant.
"Ich will doch einfach nur für dich da sein."
Par ailleurs, le témoignage d’un agriculteur a attiré l’attention sur un véhicule suspect. L’homme a raconté avoir aperçu un pick-up le jour des faits, le 10 octobre. Un second agriculteur n’a été identifié que plus tard, lors d’un contrôle routier mené par la police en novembre sur une route de campagne près de Klein Upahl. Une riveraine, témoignant mercredi, a raconté sa stupeur en visionnant une vidéo de surveillance montrant le véhicule.
"Sagt bitte nicht, dass es das Kind war!" habe sie erschrocken zur Polizistin gesagt, sagte die Anwohnerin am Mittwoch als Zeugin vor Gericht.
L’accusée avait justifié son silence sur sa rencontre avec l’un des hommes présents ce jour-là par la peur d’être impliquée, lui disant : « sinon tu vas être entraîné là-dedans ». Le père de Fabian s’était séparé de la prévenue, aujourd’hui âgée de 30 ans, en août 2025 après une relation de quatre ans.
