Stockholm, 24 mai 2026
Un rapport de l'Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI) publié lundi alerte sur la menace qui pèse sur les missions de paix internationales, confrontées à une crise de financement et à des tensions géopolitiques.
Selon le rapport, 58 missions multilatérales de paix étaient actives dans 34 pays et territoires l'année dernière, un chiffre en baisse constante depuis 2016. Le nombre total de personnels — soldats, policiers et civils — s'établissait à près de 79 000, soit une diminution de 50 % par rapport à 2016 et le niveau le plus bas depuis au moins 25 ans.
Un déclin accentué depuis 2016
La majorité des missions étaient concentrées en Afrique subsaharienne et en Europe, avec 18 missions chacune, tandis que la région Moyen-Orient et Afrique du Nord en comptait 14. Le continent américain et l'Asie-Océanie n'en hébergeaient respectivement que cinq et trois.
Les Nations unies restent la principale organisation menant ces opérations, avec 18 missions et un tiers des effectifs. Mais le système onusien est affaibli par des impayés de la part de ses États membres.
Une crise de financement alarmante
En juillet 2025, le déficit de financement des missions de paix de l'ONU atteignait deux milliards de dollars (1,72 milliard d'euros), soit plus de 35 % du budget total de 5,6 milliards de dollars pour la période 2024-2025. Fin janvier 2026, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a mis en garde contre un « effondrement financier » si les contributions n'étaient pas versées rapidement.
La chercheuse du SIPRI Claudia Pfeifer Cruz explique : « Im Grunde sind die Staaten einfach weniger bereit, in Friedensmissionen zu investieren - sowohl finanziell als auch politisch. » Elle ajoute que les négociations au sein des instances qui décident de l'envoi ou de la prolongation des mandats deviennent plus difficiles. Certains grands contributeurs, comme les États-Unis et la Chine, n'ont pas honoré leurs engagements à temps.
Pour l'exercice 2025/2026, l'Assemblée générale de l'ONU a adopté le budget le plus bas pour les missions de paix depuis dix ans. Dans ce contexte, la mission de l'ONU au Liban (UNIFIL) a été menacée de dissolution, alors que des violations du cessez-le-feu entre Israël et le Liban persistent. Un compromis a permis une ultime prolongation jusqu'en décembre 2026.
Des risques accrus pour les populations civiles
Jaïr van der Lijn, directeur du programme Opérations de paix et gestion des conflits du SIPRI, prévient : « The result is likely to be more conflicts and these conflicts are likely to have even graver impacts on civilians as states abandon long-established norms. » Il dénonce une « dramatique fragilisation de la gestion multilatérale des conflits » qui pourrait aboutir à une marginalisation quasi totale des Nations unies.
Selon Claudia Pfeifer Cruz, si des missions entières doivent être arrêtées, « dann bleiben manche Konflikte einfach sich selbst überlassen. » Elle s'inquiète des « furchtbaren Konsequenzen für die Zivilbevölkerung », privée du cadre de protection offert par les opérations multilatérales, notamment le respect des droits humains et du droit humanitaire.
Malgré ces sombres perspectives, la chercheuse reste convaincue que les missions de paix restent « die beste Option zum Konfliktmanagement, die wir derzeit haben. » Elle anticipe toutefois qu'elles seront probablement « etwas kleiner und auf eine etwas andere Art als bisher. »
