Le tribunal régional de Berlin condamne un médecin palliatifiste à la prison à perpétuité pour 15 meurtres
Berlin, 08 juillet 2026
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Summary
Le tribunal régional de Berlin a condamné un médecin palliatifiste de 41 ans à la prison à perpétuité pour 15 meurtres et a ordonné son internement de sûreté. Le parquet enquête parallèlement sur 76 autres cas suspects et s'attend à un nouvel acte d'accusation encore cette année.
Berlin, 08 juillet 2026
Le tribunal régional de Berlin a condamné mercredi 8 juillet 2026 un médecin palliatifiste de 41 ans à la prison à perpétuité pour 15 meurtres, a constaté la particulière gravité de la culpabilité et a ordonné l'internement de sûreté qui s'ensuit.
Après un procès ayant duré près d'un an, la chambre des assises, présidée par une magistrate qui a qualifié l'accusé de tueur en série, a prononcé la peine. La juge présidente a déclaré, selon les informations rapportées, que les 15 actes prouvés n'étaient peut-être que "la partie émergée de l'iceberg". Le parquet enquête, selon ses propres indications, sur 76 autres cas suspects et table sur un nouvel acte d'accusation encore cette année.
Parallèlement, le tribunal a prononcé une interdiction d'exercer la médecine à vie contre le praticien. L'accusé, qui aurait tué, selon l'acte d'accusation, douze femmes et trois hommes lors de visites à domicile entre septembre 2021 et juillet 2024, était en détention provisoire depuis début août 2024. Des indices provenant du service de soins dans lequel il travaillait depuis 2020 ont finalement conduit, selon les enquêteurs, à ce que le suspect de 41 ans soit de plus en plus placé au centre de l'attention. L'enquête aurait été déclenchée par des incendies que le médecin aurait allumés pour dissimuler ses actes.
Circonstances des faits
Sans indication médicale et à l'insu des personnes concernées, le médecin titulaire d'un doctorat avait administré aux patients gravement malades un mélange mortel de plusieurs médicaments entraînant une paralysie respiratoire, indiquait l'acte d'accusation. Les victimes étaient âgées de 25 à 94 ans. L'acte d'accusation de 255 pages mentionnait comme victime la plus jeune une femme de 25 ans et comme victime la plus âgée une femme de 94 ans. Les 15 personnes tuées étaient toutes gravement malades, mais leur mort n'était pas imminente.
Au cours de 57 jours d'audience, la chambre des assises a entendu plus de 200 témoins, parmi lesquels des collègues, des voisins, des proches des victimes présumées et des fonctionnaires de police. Une commission d'enquête criminelle de la police criminelle du Land de Berlin a analysé des centaines de dossiers de patients. Des patients, des proches et des collègues avaient auparavant décrit le médecin comme étant empathique ; des témoins l'ont dépeint comme "le gentil, l'affectueux, le serviable".
Jusqu'à peu avant la fin du procès, l'homme de 41 ans était resté silencieux face aux accusations. Le 25 juin 2026, il a alors surpris la cour en avouant douze des quinze actes qui lui étaient reprochés. Dans sa déclaration devant le tribunal, il a dit : "Ich bin erst jetzt in der Lage, mein Handeln zu erklären und übernehme die Verantwortung für meine Taten". Dans les conversations téléphoniques interceptées, qui ont été diffusées au procès, il avait auparavant déclaré à sa femme qu'il avait tué "toujours, depuis longtemps" ("immer, schon lange").
Déclarations de l'accusé
Dans ce qu'on appelle sa dernière déclaration, l'accusé a annoncé : "Ich werde mich in dem kommenden Verfahren deutlich früher einlassen". S'adressant aux proches des victimes, qui étaient assis dans la salle en tant que parties civiles, il a ajouté : "Vielleicht ist das ein Trost für die Angehörigen". Il a expliqué s'être persuadé qu'il faisait le bien et qu'il épargnait aux patients "souffrance et langueur" ("Leid und Siechtum") : "Bei allem habe ich gedacht, das sei das Beste für alle".
Les avocats des parties civiles ont néanmoins qualifié les aveux de "remarquablement superficiels" ("bemerkenswert oberflächlich") et de "claque au visage pour les proches" ("Schlag ins Gesicht der Angehörigen"). Une mère, partie civile, a pleuré dans la salle d'audience pour sa fille de 25 ans. La mère d'une victime a déclaré en larmes au sujet de sa fille : "Nie hat sie gesagt, dass sie nicht mehr leben wollte". Le fils d'une septuagénaire, décédée la veille de Noël, a témoigné : "Sie hatte Pläne, wollte mit ihrer Schwester an die Ostsee reisen – meine Mutter wollte weiterleben".
Réactions des parties civiles
Aux proches et aux collègues, le condamné a adressé les paroles suivantes : "Ich entschuldige mich für das viele Leid, das ich über sie gebracht habe". Le tribunal a néanmoins fait droit à la requête du parquet, qui avait demandé la peine maximale pour meurtre dans 15 cas, la reconnaissance de la particulière gravité de la culpabilité ainsi que l'internement de sûreté. La défense, qui s'attendait auparavant à ce que son client soit condamné à la réclusion à perpétuité, s'était toutefois opposée à la reconnaissance de la particulière gravité de la culpabilité et à l'internement de sûreté.
Cette affaire pourrait être l'une des plus importantes à l'échelle nationale. Jusqu'à présent, une série de meurtres en Basse-Saxe était considérée comme la plus importante de l'histoire allemande d'après-guerre : Niels Högel avait été condamné en 2019 à la prison à perpétuité pour 85 meurtres. Dans cette affaire, l'infirmier avait attiré l'attention parce qu'il apparaissait suspectement souvent comme secouriste lors de tentatives de réanimation dans des situations de crise qu'il aurait lui-même provoquées. Le psychologue criminel Axel Byrsch a déclaré à ce sujet : "Serienmörder sind noch schwieriger zu entlarven".
La plus grande série de meurtres en Allemagne
Il aurait éventuellement agi par recherche d'un "sentiment de puissance" ("Machtgefühl"), a-t-on indiqué par ailleurs. Dans une publication antérieure relative à l'affaire Högel, il était également question d'une "soif de suspense" ("Gier nach Spannung"). Dans l'affaire berlinoise, l'homme de 41 ans avait étudié la médecine à l'Université Goethe de Francfort entre 2004 et 2013 et y avait obtenu son doctorat ; sa thèse porte le titre "Warum töten Menschen ?" et examine les homicides commis entre 1945 et 2008 à Francfort-sur-le-Main. Il a ensuite effectué deux formations de spécialiste, s'est installé à Berlin en 2020, est marié et père d'un fils en âge de fréquenter l'école primaire.
Le parquet avait initialement enquêté pour incendie volontaire ayant entraîné la mort et avait finalement déposé en avril 2025 un acte d'accusation dans 15 cas. Parallèlement à la procédure en cours, l'homme est soupçonné d'avoir tué des patients dans plus de 70 autres cas. Dans les 76 cas suspects supplémentaires, le parquet s'attend à un nouvel acte d'accusation encore cette année. Dans une déclaration téléphonique depuis la détention provisoire, l'accusé avait également annoncé : "Ich weiß, dass ich zu einer lebenslangen Haftstrafe verurteilt werde".
Mécanismes de contrôle et questions en suspens
L'affaire soulève la question des mécanismes de contrôle dans les soins palliatifs et ambulatoires. Après le verdict, des observateurs ont fait remarquer que les auteurs de crimes dans le cadre des soins restaient particulièrement longtemps inaperçus, car l'environnement accorde sa confiance au personnel. Dans certains hôpitaux, comme la Charité de Berlin, il existait déjà des postes spéciaux permettant de signaler rapidement les anomalies dans la prise en charge des patients.
Par son verdict, le tribunal suit intégralement les réquisitions du parquet. Le ressortissant allemand de 41 ans purgera sa peine vraisemblablement dans un établissement pénitentiaire, suivi de l'internement de sûreté ordonné. La sanction définitive n'est donc pas encore arrêtée, car les enquêtes sur les 76 autres cas suspects se poursuivent en parallèle et devraient, selon l'évaluation du parquet, aboutir à un nouveau procès.
Le verdict a été diffusé le 8 juillet 2026 tant dans les programmes de Deutschlandfunk que de rbb Inforadio. L'affaire avait auparavant été relatée notamment par la dpa, par l'APA ainsi que dans de nombreux autres médias allemands et autrichiens.
Pour les proches des victimes, la chambre a signalé que le travail de clarification n'était pas achevé avec ce verdict. Si le parquet dépose un acte d'accusation dans les 76 autres cas suspects, les proches devront se préparer à un nouveau long procès. Les avocats des parties civiles avaient notamment critiqué les aveux tardifs comme étant insuffisants, parce qu'ils n'étaient intervenus qu'après près d'un an de procès et face à un dossier accablant.
Questions & Réponses
De quoi le médecin palliatifiste berlinois a-t-il été reconnu coupable ?
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Médecin palliatifiste berlinois : prison à perpétuité après | actualites360