Procès Magdebourg : réclusion à perpétuité requise contre | actualites360
Procès de l'attentat du marché de Noël de Magdebourg : le parquet requiert la réclusion à perpétuité
Magdebourg, 04 juin 2026
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Summary
Le parquet général a requis la réclusion à perpétuité contre Taleb A., jugé pour l'attentat du marché de Noël de Magdebourg du 20 décembre 2024 qui a fait six morts et plus de 300 blessés. Le procès, entré dans sa 35e journée, est marqué par de nombreuses interruptions du prévenu et le report des plaidoiries.
Magdebourg, 04 juin 2026
Le parquet général a requis la réclusion à perpétuité contre Taleb A., un ressortissant saoudien de 51 ans jugé devant le tribunal régional (Landgericht) de Magdebourg pour l'attentat à la voiture-bélier du marché de Noël du 20 décembre 2024, qui a fait six morts et plus de 300 blessés.
Un procès à rallonge perturbé par le prévenu
L'audience du 2 juin 2026, 34e jour du procès, devait être consacrée aux plaidoiries des parties, mais celles-ci ont une nouvelle fois été reportées en raison des nombreux moyens de preuve déposés tant par les parties civiles (Nebenklage) que par la défense. Le prévenu a lui-même lu pendant des heures ses propres requêtes, contribuant à allonger les débats. Le président du tribunal, Dirk Sternberg, avait fixé au 2 juin la date limite pour le dépôt de tout moyen de preuve supplémentaire.
Le 35e jour d'audience a été marqué par la lecture de rapports médicaux et de traitement supplémentaires, qui documentent les séquelles persistantes subies par les victimes de l'attentat. Le début de la séance a été retardé d'environ une demi-heure parce que le prévenu a crié dans sa cabine vitrée et ne s'est pas calmé pendant un long moment. Cinq membres masqués des forces spéciales judiciaires ont entouré l'homme de 51 ans et l'ont escorté hors de la salle d'audience, avant qu'il n'y soit ramené peu de temps après. Le juge Sternberg a indiqué que le prévenu avait qualifié cet accès d'une « Showeinlage für die Presse » (« numéro de spectacle pour la presse »).
Des victimes toujours marquées par le traumatisme
Plusieurs victimes de l'attentat ont également pris la parole lors des audiences précédentes pour décrire l'ampleur de leurs séquelles. Le 6 mai 2026, 31e jour du procès, un apprenti ambulancier de 24 ans a témoigné avoir prodigué les premiers soins avant de devoir quitter Magdebourg ; il souffre depuis de cauchemars, de flashbacks et de troubles de la concentration. Une femme de 63 ans a indiqué de son côté avoir subi huit opérations, dépendre d'un déambulateur et ne pas pouvoir vivre de manière autonome. Tous deux se sont constitués parties civiles.
Le 4 mai 2026, une pédopsychiatre a également décrit les effets persistants de l'attentat sur les enfants touchés. Elle a examiné cinq enfants qui continuent de souffrir gravement : trouble de stress post-traumatique sévère, crises de panique, troubles du sommeil, maux de tête et vertiges. Selon l'experte, une vie quotidienne normale avec loisirs et sorties entre amis reste impossible pour ces enfants. Des rapports d'expertise ont par ailleurs souligné que de nombreuses victimes continuaient de présenter anxiété, troubles du sommeil et stress en foule, et que la récente attaque à la voiture-bélier de Leipzig pourrait les re-traumatiser.
Lors du 23e jour d'audience, le 23 mars 2026, le prévenu avait déjà refusé d'entrer dans la salle d'audience et avait dû être porté dans la cabine vitrée par des agents judiciaires, protestant et criant à plusieurs reprises qu'il représentait un danger aigu pour lui-même. Un expert médical l'avait néanmoins déclaré apte à être jugé pour cette courte séance, malgré son nouveau refus de s'alimenter. Le parquet général a par la suite indiqué que, selon ses conclusions, seul un emprisonnement à vie avec reconnaissance de la particulière gravité de la culpabilité était envisageable.
Six morts et plus de 300 blessés : le bilan de l'attentat
Le 13 avril 2026, la dernière témoin a été entendue et des experts ont été chargés d'évaluer l'étendue des troubles post-traumatiques parmi les victimes. Cette évaluation est importante pour la classification des victimes en vue d'une demande de dommages et intérêts, mais n'a pas d'incidence sur le verdict lui-même, le prévenu risquant de toute façon la réclusion à perpétuité. Le parquet général reproche à Taleb A., qui travaillait comme psychiatre dans un établissement psychiatrique médicolégal pour auteurs d'infractions malades mentaux, d'avoir conduit un véhicule de plus de deux tonnes et de 340 chevaux sur environ 350 mètres à travers le marché de Noël le 20 décembre 2024.
L'attaque avait coûté la vie à cinq femmes et un garçon de neuf ans. Le parquet général a inculpé l'homme, originaire d'Arabie saoudite, de meurtre consommé dans six cas et de tentative de meurtre dans 338 autres cas. Plus de 300 personnes ont été blessées, dont certaines grièvement, et plus de 200 personnes se sont constituées parties civiles, même si seules quelques-unes sont présentes dans la salle d'audience. Des demandes d'adhésion (Adhäsionsanträge) ont également été déposées en vue d'obtenir des dommages et intérêts.
Le parquet requiert la perpétuité
Le tribunal régional conduit le procès dans un bâtiment provisoire spécialement construit depuis le 10 novembre 2025, sous haute surveillance. Le juge Sternberg avait exprimé le 30 mars 2026 sa confiance dans la possibilité d'un verdict en juin, et le 26 juin constitue à ce jour la dernière journée d'audience programmée. Le parquet général, par la voix du procureur principal Böttcher, a résumé l'acte en déclarant : « Die Tat sprenge jede menschlich begreifbare Dimension » (« L'acte dépasse toute dimension humainement concevable »). Il a ajouté : « Es sei unbeschreiblich, welches Leid der Angeklagte aus rein persönlichen Motiven über viele Menschen und Familien gebracht habe » (« Il est indescriptible quelle souffrance l'accusé a infligée à de nombreuses personnes et familles pour de purs motifs personnels »).
Le prévenu a à plusieurs reprises interrompu le réquisitoire du parquet par de vives interpellations, obligeant le juge à couper son microphone. Si le tribunal rejette les moyens de preuve encore pendants, la phase probatoire pourra être close et les plaidoiries pourront débuter. Le parquet général a annoncé qu'il requerrait une réclusion à perpétuité. Les plaidoiries devraient durer plusieurs jours et plusieurs victimes de l'attentat ont fait savoir qu'elles entendaient prendre la parole à ce stade.
Le 33e jour d'audience, le 12 mai 2026, le dernier rapport d'expertise a été lu au dossier, marquant la fin de l'audition des témoins et de l'introduction des expertises. Le procès a ensuite été interrompu pendant trois semaines, jusqu'à la reprise du 4 juin 2026. Les parties civiles ont demandé un examen visant à déterminer si la voiture a mis en danger davantage de personnes qu'on ne le pensait initialement, ce qui pourrait augmenter le nombre de victimes, ainsi que la lecture de rapports médicaux et de traitement actuels supplémentaires pour démontrer l'étendue des préjudices subis.
L'avocate des parties civiles Annett Schneider-Solis a notamment porté ces demandes, tandis que la défense a déposé des requêtes concernant le véhicule utilisé lors de l'attentat et le rapport final de la commission d'enquête. À l'issue du 29e jour d'audience, le parquet général, les parties civiles et la défense avaient annoncé qu'ils n'entendaient pas déposer d'autres moyens de preuve, une position qui n'a pas été tenue au 34e jour. L'issue du procès reste attendue dans les semaines à venir, avec un verdict possible en juin.
Questions & Réponses
Qui est jugé dans le procès de l'attentat du marché de Noël de Magdebourg ?
Il s'agit de Taleb A., un ressortissant saoudien de 51 ans, qui travaillait comme psychiatre dans un établissement psychiatrique médico-légal. Il est jugé pour meurtre consommé dans six cas et tentative de meurtre dans 338 autres cas.
Quel est le bilan humain de l'attentat du 20 décembre 2024 à Magdebourg ?
L'attaque a fait six morts — cinq femmes et un garçon de neuf ans — et plus de 300 blessés, dont certains grièvement. Plus de 200 personnes se sont constituées parties civiles.
Quelle peine le parquet a-t-il requise contre Taleb A. ?
Le parquet général, par la voix du procureur principal Böttcher, a requis la réclusion à perpétuité à l'encontre du prévenu, en soulignant que l'acte dépasse toute dimension humainement concevable.