BASF : restructuration en progrès, rachat d'actions lancé | actualites360
BASF avance dans sa restructuration et lance un nouveau programme de rachat d'actions
Ludwigshafen, 29 juillet 2026
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Summary
Le géant chimique BASF a réduit ses effectifs à Ludwigshafen à leur plus bas niveau depuis 1954, tout en relevant ses objectifs annuels et en annonçant un nouveau programme de rachat d'actions. Le titre gagnait plus de 14 % en Bourse, surperformant largement le DAX.
Ludwigshafen, 29 juillet 2026
Le chimiste allemand BASF a annoncé mercredi 29 juillet que son site historique de Ludwigshafen employait pour la première fois depuis 1954 moins de 30 000 salariés en équivalent temps plein, à la faveur d'une restructuration engagée en 2024 et accompagnée d'un relèvement de ses objectifs financiers pour 2026.
Un tournant social à Ludwigshafen
Lors de la présentation des résultats définitifs du deuxième trimestre, le directeur général Markus Kamieth a qualifié cette étape de « wichtiger und notwendiger Schritt », c'est-à-dire de « démarche importante et nécessaire pour rendre le site à nouveau compétitif ». Le groupe vise désormais un résultat avant intérêts, impôts et amortissements (Ebitda) corrigé compris entre 6,9 et 7,7 milliards d'euros pour l'exercice en cours, contre une fourchette précédente de 6,2 à 7,0 milliards d'euros.
« Wir haben das Tempo noch einmal erhöht, um unsere globale Organisation schlanker und effizienter aufzustellen », a déclaré Markus Kamieth, ajoutant que la firme avait « das Tempo noch einmal erhöht », autrement dit accéléré la cadence, pour rendre l'organisation globale plus légère et plus efficace. Selon le dirigeant, le groupe a réduit ses coûts, diminué ses dépenses d'investissement et augmenté le taux d'utilisation de ses installations.
Au premier semestre 2026, BASF a supprimé davantage de postes à Ludwigshafen qu'au cours des deux années précédentes cumulées, soit entre 300 et 350 emplois par mois, a précisé le directeur général lors d'une conférence téléphonique. Depuis janvier 2024, le groupe a supprimé environ 7 000 postes dans le monde, ce qui représente une baisse d'environ 14 % sur un an, l'effectif global s'établissant à quelque 94 900 personnes fin juin.
Objectifs relevés et dette allégée
Le chimiste, dont le siège est implanté à Ludwigshafen, a parallèlement annoncé qu'il souhaitait réduire son endettement net et entendait, à cet effet, rembourser par anticipation des obligations et des prêts pour un montant de 1,6 milliard d'euros. Sur les trois prochaines années, les coûts fixes doivent être abaissés de 20 %.
Une autre mesure d'envergure accompagne ce plan : BASF a fait savoir qu'il procéderait à un rachat de ses propres actions pour un montant de quatre milliards d'euros d'ici fin 2028, programme présenté dès septembre 2024. Entre novembre et fin juin, environ 1,5 milliard d'euros d'actions avaient déjà été rachetées dans ce cadre, a précisé le groupe. Le rachat doit être achevé d'ici fin avril 2027.
Programme de rachat d'actions confirmé
En complément, le groupe a réaffirmé son intention de distribuer à ses actionnaires, d'ici 2028, douze milliards d'euros sous forme de dividendes et de rachats d'actions, dont quelque huit milliards en dividendes et au moins quatre milliards via des programmes de rachat.
Sur le plan opérationnel, le titre profite de vents favorables. Au deuxième trimestre, le chiffre d'affaires a progressé de 16,4 % à 17,2 milliards d'euros, porté par des hausses de prix et de volumes. Le résultat corrigé avant intérêts, impôts et amortissements a pour sa part augmenté d'environ 50 % à 2,45 milliards d'euros.
Résultats trimestriels en forte hausse
Le bénéfice net revenant aux actionnaires s'est élevé à un peu plus de 4,1 milliards d'euros, contre seulement 79 millions un an plus tôt. Cette performance a été soutenue notamment par la vente, pour plusieurs milliards d'euros, de 60 % de l'activité de peintures pour séries automobiles et de réparation automobile au fonds d'investissement américain Carlyle (The Carlyle Group LP) ; les 40 % restants de la coentreprise demeurent la propriété du groupe coté au DAX.
La restructuration porte, selon la direction, ses premiers fruits : la part des unités de production jugées hautement compétitives à Ludwigshafen est passée de 78 % à 88 % depuis 2024. Un nouveau programme d'économies annoncé en mai doit encore abaisser les coûts dans le cœur de métier d'ici 2029 de jusqu'à 20 % par rapport à 2024.
À la Bourse de Francfort, l'action BASF s'est distinguée. Vers la mi-journée, elle prenait environ 3,8 % à 50,80 euros, avant de grimper jusqu'à 4,1 % à 50,98 euros. Sur l'ensemble de l'année boursière 2026, le titre affiche ainsi une progression d'un peu plus de 14 %, contre une hausse de 3,7 % pour l'indice de référence DAX, qui cédait quant à lui près de 0,1 % à environ 25 446 points dans le même temps.
Le contexte géopolitique soutient la demande
L'environnement géopolitique a également joué en faveur du chimiste. Des perturbations d'approvisionnement au Moyen-Orient ont, d'une part, entraîné des retards de livraison mais, d'autre part, incité les clients à constituer des stocks par crainte de pénuries, ce qui a soutenu la demande et amélioré le taux d'utilisation des installations de Ludwigshafen.
Interrogé sur ce contexte, le directeur financier Dirk Elvermann a toutefois souligné que BASF était aujourd'hui nettement mieux préparé à de tels aléas qu'en 2018, année de sécheresse. Le groupe utilise désormais davantage le rail, le camion et les pipelines en complément de navires spécialisés comme alternatives de transport.
Le groupe a par ailleurs indiqué que l'évolution ultérieure de la conjoncture mondiale « stark von der Lage am Persischen Golf abhänge », autrement dit dépendait fortement de la situation dans le golfe Persique. Une fermeture prolongée du détroit d'Ormuz pèserait sur l'économie, tandis qu'un règlement rapide pourrait au contraire lui donner un nouvel élan, a résumé la direction.
Parmi les autres perspectives stratégiques figure le projet d'introduire en Bourse, d'ici mi-2027, l'activité agricole du groupe à la Bourse de Francfort. Les conditions requises pour cette opération doivent être réunies d'ici là, a indiqué BASF.
Recommandations d'analystes et perspectives
D'ici fin 2026, le groupe entend par ailleurs économiser chaque année 2,3 milliards d'euros en coûts. Cet objectif avait déjà été relevé par Markus Kamieth en début d'année, lorsque le dirigeant avait alerté sur des vents contraires persistants dans le secteur chimique.
Signe de la confiance retrouvée : plusieurs banques ont récemment émis des recommandations positives sur le titre. Deutsche Bank et DZ Bank ont notamment maintenu ou réitéré une recommandation d'achat (« Buy » / « Kaufen »), Bernstein Research un avis « Outperform », tandis que JP Morgan Chase & Co. et Joh. Berenberg, Gossler & Co. se montraient plus réservés avec des recommandations « Underweight » et « Hold ».
Pour l'exercice 2026, BASF confirme un free cashflow attendu entre 1,5 et 2,3 milliards d'euros, en hausse par rapport aux 1,3 milliard enregistrés l'an passé. À plus long terme, le programme de rachat d'actions, conjugué à la distribution de dividendes, doit soutenir le rendement total pour l'actionnaire au cours des prochaines années.
Questions & Réponses
Combien d'emplois BASF a-t-elle supprimés à Ludwigshafen depuis 2024 ?
L'effectif en équivalent temps plein du site de Ludwigshafen est passé pour la première fois depuis 1954 sous la barre des 30 000 postes, avec un rythme de 300 à 350 suppressions par mois au premier semestre 2026.
Quel est le montant du nouveau programme de rachat d'actions annoncé par BASF ?
BASF a confirmé un programme de rachat de ses propres actions portant sur quatre milliards d'euros d'ici fin 2028, dont environ 1,5 milliard avait déjà été racheté entre novembre et fin juin.
Quels objectifs financiers BASF a-t-elle relevés pour 2026 ?
Le groupe vise désormais un Ebitda corrigé compris entre 6,9 et 7,7 milliards d'euros, contre une fourchette précédente de 6,2 à 7,0 milliards, et un free cashflow de 1,5 à 2,3 milliards d'euros.