Arabie saoudite, Turquie, Pakistan : une nouvelle alliance contre les acteurs non étatiques
Islamabad, 08 août 2026
The Central Intelligence Agency. / Wikimedia Commons / Public domain
Summary
L'Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan ont conclu un nouvel accord qui, selon un politologue pakistanais, vise des acteurs non étatiques comme les Houthis au Yémen. L'expert rejette explicitement toute orientation anti-iranienne. Les trois États ne partagent aucune frontière commune.
Islamabad, 08 août 2026
L'Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan ont signé un nouvel accord trilatéral qui, selon l'analyse du politologue Zafar Nawaz Jaspal d'Islamabad, ne doit pas être interprété à tort comme une alliance contre l'Iran, mais qui se dirige contre des acteurs non étatiques tels que la milice houthie au Yémen et des groupes armés en Irak.
L'accord entre les trois États ne doit, selon les indications de Jaspal, qui enseigne à l'université Quaid-e-Azam à Islamabad, être compris explicitement ni comme une alliance anti-iranienne. L'accord vise plutôt des groupements non étatiques, notamment les Houthis au Yémen ainsi que des groupes armés en Irak. Jaspal s'est exprimé devant des médias ; l'information a été confirmée par douze sources.
Des observateurs politiques interprètent l'accord comme une tentative des trois pays d'approfondir leur coopération en matière de politique de sécurité dans une région marquée par des tensions entre acteurs sunnites et chiites, par des conflits par procuration et par la rivalité de puissances régionales秩序. Dans le même temps, le trio envoie un signal à Téhéran indiquant que ses propres intérêts de sécurité seront désormais poursuivis de manière coordonnée.
La géographie comme défi
Géographiquement, l'alliance manque d'un élément fédérateur : l'Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan ne partagent aucune frontière commune. Ce constat, attesté à trois reprises dans les sources disponibles, souligne qu'il s'agit d'un accord politico-stratégique dont la mise en œuvre doit se passer de toute continuité territoriale directe. La coopération pratique devrait être organisée par voie maritime, par couloirs aériens et via des bases bilatérales.
La Turquie, en tant que membre de l'OTAN, apporte à l'alliance une appartenance à une alliance occidentale que ni l'Arabie saoudite ni le Pakistan ne possèdent. Ankara pourrait ainsi servir de pont entre la région du Golfe et l'alliance de défense occidentale. Le Pakistan, quant à lui, dispose d'une importante force armée conventionnelle et d'armes nucléaires, ce qui confère au trio un poids supplémentaire. Riyad apporte des ressources financières considérables et une influence diplomatique dans le monde arabe.
Téhéran observe Riyad avec scepticisme
Du point de vue de Téhéran, l'accord n'en reste pas moins chargé de tensions. L'Iran se voit entouré dans la région par un nombre croissant d'États à direction sunnite qui approfondissent leur coopération. La précision apportée par Jaspal, selon laquelle l'alliance ne vise pas l'Iran, ne sera probablement que partiellement entendue à Téhéran, car les acteurs non étatiques mentionnés – les Houthis et les milices chiites en Irak – relèvent, du point de vue iranien, de sa propre sphère d'influence.
Un autre aspect concerne la portée de l'accord. Aucun détail concret sur des exercices militaires, une coopération commune en matière de renseignement ou des projets d'armement n'a été mentionné dans les sources disponibles. Le noyau opérationnel de l'accord reste donc pour l'instant flou, même si l'effet de symbole politique est clair.
Les réactions de l'Occident encore en suspens
Les réactions internationales au nouveau trio ne se sont pas encore manifestées. Les observateurs seront particulièrement attentifs aux prises de position de Washington, Téhéran et Bruxelles, la Turquie, en tant que membre de l'OTAN, portant une responsabilité particulière envers ses partenaires occidentaux. Si l'alliance devait servir de plateforme pour des acquisitions d'armement communes, la réaction d'Israël, qui poursuit dans la région sa propre doctrine de sécurité, serait également significative.
Sur le plan intérieur, l'accord sera probablement accueilli différemment dans les trois pays. Au Pakistan, qui subit des pressions économiques et dépend des investissements étrangers, la coopération pourra être mise au crédit du gouvernement comme un succès de politique étrangère. En Turquie, le projet devrait être salué par-delà les clivages partisans, tandis qu'en Arabie saoudite, il s'inscrit dans la réorientation régionale plus large de Riyad sous le prince héritier Mohammed ben Salmane.
L'accord s'inscrit dans une série de rapprochements successifs dans la région. Après la reprise des relations diplomatiques entre l'Arabie saoudite et l'Iran au printemps 2023, ainsi que le rapprochement de la Turquie avec l'Égypte dans le cadre de la normalisation, les récentes initiatives montrent que les lignes de bloc classiques dans la région deviennent plus poreuses. Le trio composé de Riyad, Ankara et Islamabad apporte désormais un accent supplémentaire à cette évolution.
Jaspal a souligné que l'accord ne devait pas être surinterprété. L'orientation contre les acteurs non étatiques est compatible avec les résolutions existantes des Nations Unies. Reste à savoir si l'alliance deviendra opérativement capable d'agir au-delà de simples déclarations d'intention : les prochains mois le montreront.
Une dimension économique envisageable
Ce qui est certain, c'est que les trois États ont créé, avec cet accord, un cadre institutionnel pour des consultations régulières. Ce cadre pourrait à l'avenir englober également des thèmes économiques et de politique énergétique, comme la coopération dans le domaine du gaz naturel liquéfié, des énergies renouvelables et des infrastructures transfrontalières.
Les semaines à venir montreront si l'alliance déploie des effets au-delà de la politique symbolique. Selon des informations provenant des capitales concernées, des réunions régulières au niveau des ministres des Affaires étrangères et des chefs d'état-major sont prévues. Un premier sommet est encore attendu pour ce trimestre.
Des observateurs à Islamabad voient dans l'accord également une réponse à la complexité croissante de la politique de sécurité en Asie du Sud et de l'Ouest. La menace posée par les acteurs non étatiques, de la milice houthie aux diverses milices en Irak, s'est intensifiée ces dernières années et exige des réponses coordonnées de partenaires transrégionaux.
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