UNICEF : environ 1,1 milliard d'enfants dans le monde exposés à au moins trois risques climatiques simultanément
Cologne, 16 juin 2026
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Summary
Selon le Rapport 2026 sur les risques climatiques pour les enfants publié mardi à Cologne par l'UNICEF, environ 1,1 milliard d'enfants dans le monde sont touchés simultanément par au moins trois aléas climatiques. Les sécheresses, les chaleurs extrêmes et les vagues de chaleur constituent la combinaison la plus fréquente ; en Allemagne seule, 8,3 millions d'enfants vivent dans des zones à risque.
Cologne, 16 juin 2026
Le Fonds des Nations unies pour l'enfance (UNICEF) a publié mardi le Rapport 2026 sur les risques climatiques pour les enfants, selon lequel environ 1,1 milliard d'enfants dans le monde – près de la moitié de tous les mineurs – sont exposés simultanément à au moins trois aléas climatiques.
Un atlas des risques montre les zones de multi-exposition
Le rapport, présenté à Cologne, analyse les données mondiales sur les risques climatiques et environnementaux pour les enfants. Selon les estimations de l'organisation, environ 2,4 milliards d'enfants vivent sur Terre ; environ 1,1 milliard d'entre eux seraient touchés simultanément par au moins trois aléas climatiques. Il s'agit souvent de l'intersection de plusieurs risques qui se renforcent mutuellement, a expliqué l'organisation. Le rapport comprend un atlas des risques destiné à rendre visibles les régions particulièrement touchées.
Selon l'UNICEF, les sécheresses, les chaleurs extrêmes au-dessus de 35 degrés Celsius et les vagues de chaleur constituent la combinaison d'aléas climatiques la plus fréquente. Près de 300 millions d'enfants vivraient dans des zones à risque pour ces trois dangers. Plus de quatre millions d'enfants y seraient exposés simultanément aux vagues de chaleur, à la chaleur extrême ainsi qu'aux tempêtes de sable et de poussière. Une autre combinaison fréquente est celle des sécheresses, de la chaleur extrême et des tempêtes tropicales – plus de 115 millions d'enfants seraient concernés dans le monde.
Combinaisons les plus fréquentes : sécheresses, chaleur et tempêtes
Outre les sécheresses et les vagues de chaleur, les inondations et les tempêtes comptent parmi les risques dominants. Rien qu'en 2025, on a recensé dans le monde 157 événements météorologiques extrêmes, dont des inondations en Asie du Sud-Est et des incendies de forêt en Europe méridionale. Le rapport montre que les aléas climatiques se superposent dans de nombreuses régions, en particulier dans la région du Sahel ainsi qu'au Bangladesh, au Myanmar et au Pakistan.
Les enfants sont considérés par l'UNICEF comme particulièrement vulnérables. Ils respirent plus vite que les adultes et absorbent ainsi davantage de polluants, leur corps se réchauffe plus rapidement et ils transpirent moins efficacement, a expliqué l'organisation. En outre, les enfants ont besoin, proportionnellement à leur poids corporel, de plus de nourriture et d'eau que les adultes et ont moins de chances de survie lors d'événements météorologiques extrêmes. « Les enfants ont besoin d'une voix propre dans la politique climatique », indique le rapport. « Ils sont les moins coupables, mais les plus touchés. »
En Allemagne aussi, des millions d'enfants sont concernés
Les données montrent également des impacts significatifs en Allemagne, selon l'UNICEF : 97,5 % des enfants dans le pays subissent au moins une conséquence climatique, et 66,5 % au moins deux simultanément. La combinaison des deux concerne 8,3 millions d'enfants en Allemagne. « Les enfants et les jeunes sont les moins responsables du changement climatique, mais les conséquences touchent leur génération et les suivantes particulièrement durement », a déclaré le directeur général d'UNICEF Allemagne, Christian Schneider.
La porte-parole de l'UNICEF, Katja Sodomann, a souligné la portée des constats : « Plus d'un milliard d'enfants sont même exposés à trois aléas climatiques simultanément ». Schneider a également exigé des conséquences politiques : « L'Allemagne doit elle aussi apporter sa contribution – en matière de protection du climat comme de soutien aux pays particulièrement touchés. »
Pourquoi les enfants sont particulièrement vulnérables
Des spécialistes médicaux mettent en garde contre les risques particuliers auxquels sont exposés les enfants. Le pédiatre Christof Wettach a expliqué : « Ils transpirent moins et n'ont pas une aussi bonne capacité à évacuer la chaleur que les adultes ». Les enfants souffrant de maladies préexistantes, de handicaps ou prenant des médicaments sont particulièrement en danger. Ainsi, certains médicaments contre le TDAH atténuent la sensation de soif, ce qui peut rapidement devenir problématique lors des journées chaudes dans la cour de récréation, a expliqué Boßerhoff. Wettach a également averti que les crèches et les jardins d'enfants en Allemagne ne sont pas, sur le plan architectural, adaptés à des journées de plus en plus chaudes. Même les établissements récemment construits sont « tout simplement conçus de manière totalement insensée ».
Le rapport souligne la fréquence croissante des événements météorologiques extrêmes. Les combinaisons de sécheresses, de vagues de chaleur et de tempêtes touchent, selon l'UNICEF, avant tout les enfants des pays du Sud global, dont les systèmes de santé et les infrastructures offrent moins de protection. En Europe et en Amérique du Nord, les enfants sont principalement touchés par les vagues de chaleur, les incendies de forêt et les inondations. L'organisation considère dès lors la Convention relative aux droits de l'enfant des Nations unies comme un mandat clair pour traiter la protection du climat comme une question de bien-être de l'enfant.
Catherine Russell, la directrice de l'UNICEF, a souligné à plusieurs reprises ces derniers mois la vulnérabilité particulière des enfants. Le rapport s'inscrit dans cette ligne et appelle les gouvernements à associer davantage les enfants aux décisions de politique climatique. L'UNICEF réclame notamment le renforcement des systèmes d'alerte, des bâtiments scolaires et d'accueil adaptés à la chaleur, ainsi qu'une meilleure prise en compte des besoins des enfants dans l'adaptation au changement climatique.
Exigences adressées aux responsables politiques et à la communauté internationale
La publication du rapport intervient à un moment où les conséquences du changement climatique deviennent de plus en plus visibles dans le monde. Selon les données de l'organisation, le nombre d'enfants menacés par la chaleur a sensiblement augmenté ces dernières années. Les auteurs soulignent qu'en l'absence de mesures décisives, les générations futures seront exposées à une multi-exposition croissante. Les prochains pourparlers climatiques de l'ONU sont considérés comme un test important pour savoir si les appels à davantage de justice climatique pour les enfants se traduiront en décisions concrètes.
Avec ce rapport, l'UNICEF s'inscrit dans sa série annuelle « Children's Climate Risk Report ». La méthodologie combine des données mondiales sur les aléas climatiques avec des informations sur la vulnérabilité des enfants. L'atlas des risques rend transparent, selon l'UNICEF, les régions où la superposition de plusieurs dangers est particulièrement grave. L'objectif est de sensibiliser les décideurs politiques, les organisations donatrices et le public à l'urgence d'agir.
Les conséquences économiques de la multi-exposition sont considérables, selon le rapport. Les enfants qui subissent des atteintes à leur santé du fait des vagues de chaleur, des inondations ou des sécheresses s'absentent plus souvent de l'école, souffrent de problèmes de santé à long terme et ont de moins bonnes perspectives éducatives. Dans les régions concernées, cela aggrave les inégalités existantes, avertissent les auteurs. Les filles, les enfants en situation de handicap et les enfants issus de ménages plus pauvres sont particulièrement touchés.
Conséquences pour l'éducation, la santé et les inégalités
L'UNICEF appelle les gouvernements, les collectivités et les familles à élargir les mesures de protection. Il s'agit notamment de créer des espaces de fraîcheur dans les villes, d'adapter les bâtiments scolaires à la chaleur, de mettre en place des systèmes d'alerte précoce pour les vagues de chaleur et d'améliorer l'accès à l'eau potable. Schneider a annoncé qu'UNICEF Allemagne présenterait les résultats du rapport dans le cadre de discussions avec des responsables politiques fédéraux et régionaux. Le niveau européen doit également être davantage pris en compte.
Au niveau international, l'UNICEF estime qu'il faut soutenir en priorité les États africains et d'Asie du Sud. C'est en particulier dans la région du Sahel, au Bangladesh, au Myanmar et au Pakistan que plusieurs aléas climatiques se superposent. Des millions d'enfants y vivent dans des régions où sécheresses, inondations et tempêtes surviennent simultanément. La communauté internationale doit nettement augmenter le financement de l'adaptation et de la prévention des catastrophes, exige le rapport.
Le rapport a été diffusé le 16 juin 2026 dans l'émission Deutschlandfunk. L'UNICEF conçoit également ce rapport comme le coup d'envoi d'une participation renforcée des enfants et des jeunes aux débats de politique climatique. Des forums de la jeunesse sont notamment prévus, au cours desquels les concernés pourront exposer leurs perspectives. L'organisation entend par ailleurs porter ses conclusions dans les prochaines conférences internationales sur le climat et exiger des normes de protection contraignantes pour les enfants.
Avec ce rapport, l'UNICEF combine une mise en garde contre une aggravation de la situation et des exigences politiques concrètes. Parmi celles-ci figurent des plans nationaux d'adaptation contraignants, un meilleur financement d'infrastructures résilientes au climat et la prise en compte des droits de l'enfant dans les accords climatiques. Si ces mesures venaient à faire défaut, toute une génération risquerait une enfance marquée par de multiples expositions aux vagues de chaleur, sécheresses, tempêtes et inondations – avec des conséquences qui s'étendraient jusqu'à l'âge adulte.
Les réactions du monde politique et de la société civile ont été mesurées, mais préoccupées. Les organisations de protection de l'environnement et de défense des droits de l'enfant ont salué la collecte de données et appelé à des mesures rapides. Le gouvernement fédéral a renvoyé aux programmes en cours d'adaptation
Rapport climatique UNICEF 2026 : 1,1 milliard d'enfants | actualites360