Vienne, 07 juillet 2026

Une commission d'experts instituée par le ministère autrichien de la Justice a documenté de graves défaillances structurelles dans le système pénitentiaire à la suite du décès d'un détenu atteint de troubles psychiques à l'établissement pénitentiaire de Hirtenberg et présenté 78 recommandations de réforme.

Le cas déclencheur : la mort d'un détenu souffrant de troubles psychiques

La commission composée de cinq membres, dirigée par Wolfgang Gratz, a présenté lundi au ministère de la Justice son rapport d'enquête d'environ 180 pages sur les circonstances du décès d'un pensionnaire de l'établissement pénitentiaire de Hirtenberg survenu le 3 décembre 2025. Selon les autorités judiciaires, le pensionnaire est mort des blessures qui lui avaient été infligées en amont d'un transfert de détenus prévu. La commission est parvenue à la conclusion que les conditions de détention nécessitent une amélioration marquée et qu'il existe des manquements systémiques ainsi qu'un besoin considérable de réforme.

Au cœur des critiques figure la prise en charge concrète du détenu atteint de troubles psychiques. Selon les explications de la commission, l'homme avait été transféré de l'établissement pénitentiaire de Stein à Hirtenberg, transfert au cours duquel les informations relatives à ses antécédents médicaux se sont révélées totalement insuffisantes et la surveillance pénitentiaire est restée dans l'ignorance quant au tableau clinique. Comme l'a rapporté le Falter, le détenu – décrit par un psychiatre comme étant en état psychotique aigu, désorganisé et incapable d'évaluer les dangers pour lui-même et pour autrui – avait été placé sous contrôle médical dans une cellule d'isolement. Gratz a qualifié le placement de cet homme à Hirtenberg d'inadéquat ; il aurait dû être admis dans un service d'un hôpital psychiatrique.