Ankara, 21 mai 2026

Un tribunal turc a ordonné la destitution d'Özgür Özel, chef du principal parti d'opposition, le CHP, dans une décision qui pourrait consolider le pouvoir du président Erdogan.

La cour d'Ankara a annulé l'élection de 2023 qui avait porté Özgür Özel à la tête du Parti républicain du peuple (CHP), selon l'agence de presse étatique Anadolu. Cette décision rétablit l'ancien dirigeant Kemal Kılıçdaroğlu comme chef intérimaire du parti.

Le tribunal a motivé sa décision en invoquant des « irrégularités absolues » lors du congrès du parti en novembre 2023. Les procureurs accusent Özel d'avoir obtenu son élection en promettant des emplois et autres avantages à certains délégués.

Cette décision intervient alors que le CHP, fondé en 1923, avait remporté une victoire surprise lors des élections locales de 2024 contre le parti au pouvoir de M. Erdogan. Les critiques y voient une manœuvre politique pour affaiblir l'opposition.

Contexte politique

La nouvelle a provoqué une chute de plus de 6 % de l'indice BIST 100, la principale bourse turque, reflétant l'inquiétude des marchés face à cette escalade politique.

Özgür Özel, qui avait succédé à Kılıçdaroğlu après la défaite de ce dernier face à Erdogan lors de l'élection présidentielle de 2023, est actuellement en détention depuis mars 2025 pour des accusations de corruption.

Réactions économiques

Les observateurs internationaux s'inquiètent de cette décision qui semble réduire encore davantage l'espace démocratique en Turquie. Le CHP est le seul parti d'opposition à avoir une réelle capacité à contester le pouvoir d'Erdogan.

Cette crise politique survient dans un contexte économique difficile pour la Turquie, avec une inflation galopante et une monnaie nationale qui ne cesse de se déprécier.