Trump exclut un accord "précipité" avec Téhéran, les négociations se poursuivent
WASHINGTON, 24 mai 2026
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Summary
Le président américain Donald Trump a déclaré qu'il n'était "pas pressé" de conclure un accord avec l'Iran, affirmant qu'il ne signerait pas un "mauvais accord". Cette déclaration intervient alors qu'un mémorandum d'entente sur la réouverture du détroit d'Ormuz est en cours de négociation, mais que des désaccords persistent sur le programme nucléaire iranien.
WASHINGTON, 24 mai 2026
Le président des États-Unis, Donald Trump, a exclu dimanche la conclusion d'un accord "précipité" avec Téhéran pour mettre fin au conflit en cours, malgré les déclarations antérieures faisant état de progrès significatifs dans les négociations.
Dans un message publié sur sa plateforme Truth Social, le président américain a tenu à modérer les attentes concernant une résolution imminente du conflit. "Les négociations se déroulent de manière ordonnée et constructive, et j'ai demandé à mes représentants de ne rien précipiter dans cet accord, car le temps joue en notre faveur", a-t-il écrit. "Il ne doit y avoir aucune erreur !", a-t-il ajouté avec insistance.
Cette mise au point intervient au lendemain de déclarations plus optimistes du président lui-même, qui avait affirmé samedi qu'un accord-cadre était "largement négocié". Le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, a confirmé qu'une "offre assez solide" était désormais sur la table. "Nous donnerons à la diplomatie toutes les chances de réussir avant d'examiner les alternatives", a-t-il déclaré, tout en prévenant qu'en l'absence d'un bon accord, les États-Unis traiteraient avec l'Iran "d'une autre manière".
Les enjeux du détroit d'Ormuz et l'impact sur le marché pétrolier
Au cœur des discussions se trouve la réouverture du détroit d'Ormuz, une voie maritime stratégique pour le transport mondial du pétrole. Washington et Téhéran ont "largement négocié" un mémorandum d'entente visant à rétablir la liberté de navigation dans ce passage crucial, selon les déclarations du président Trump samedi.
L'impact de ces négociations sur les marchés pétroliers est déjà palpable. La perspective d'une désescalade a entraîné une baisse significative des cours du brut. Le Brent de la mer du Nord a chuté de 4,55 % pour s'établir à 98,83 dollars le baril, tandis que le West Texas Intermediate (WTI) américain a reculé de 4,73 % à 92,03 dollars. Les deux contrats sont ainsi tombés à leur plus bas niveau depuis le 7 mai.
"Malgré toutes les réserves et les risques qui subsistent concernant l'accord de paix et le détroit d'Ormuz, il y a désormais une lumière au bout du tunnel", a analysé Saul Kavonic, analyste chez MST Marquee. Toutefois, le chef de la compagnie pétrolière nationale d'Abou Dhabi avait averti la semaine dernière que même en cas de cessez-le-feu immédiat, le trafic maritime dans la zone ne retrouverait pas son niveau normal avant 2027 au plus tôt.
Les conséquences du conflit sur la navigation restent considérables. Environ 20 000 marins demeurent bloqués à bord de centaines de navires dans le golfe Persique. Avant le déclenchement des hostilités, ce sont en moyenne 125 à 140 navires qui franchissaient quotidiennement cette voie maritime essentielle. L'agence de presse iranienne Fars a rapporté dimanche, citant la marine des Gardiens de la révolution, que 33 navires avaient traversé le détroit en 24 heures avec l'autorisation de l'Iran.
La question nucléaire, pierre d'achoppement des négociations
Si des progrès semblent avoir été réalisés sur le volet maritime, la question du programme nucléaire iranien constitue le principal point de blocage. Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, a indiqué que des discussions sur les questions nucléaires avec les États-Unis pourraient avoir lieu si un accord était conclu.
Un haut responsable iranien, Hossein Nooshabadi, a précisé le calendrier envisagé : une période de 60 jours débuterait après un accord initial de 30 jours concernant le détroit. C'est durant cette phase que devraient être négociés les deux dossiers les plus épineux : l'avenir de la production de missiles iraniens, un enjeu crucial pour Israël, et les conditions futures du programme nucléaire.
La question de l'uranium enrichi est au centre des préoccupations. Environ 400 kilogrammes d'uranium enrichi jusqu'à 60 %, dont la localisation exacte n'est pas totalement assurée depuis les frappes de l'année dernière, seraient entreposés près d'Ispahan. Des projets d'opérations spéciales américano-israéliennes visant à "exfiltrer" cet uranium ont été envisagés à plusieurs reprises, mais ont apparemment été abandonnés en raison de leur extrême difficulté.
Marco Rubio a exprimé l'espoir que Téhéran soit disposé à engager "des négociations très réelles, significatives et limitées dans le temps sur la question nucléaire". Cependant, selon la correspondante de NPR Mara Liasson, l'Iran rejette fermement toute discussion concernant son programme nucléaire. La correspondante de NPR Aya Batrawy souligne que la pression pour parvenir à un accord s'intensifie, "car la guerre ne semble pas avoir adouci la position de l'Iran".
Un contexte régional sous haute tension
L'urgence d'une résolution diplomatique est renforcée par la situation dans la région. Environ deux millions de pèlerins accomplissent actuellement le hajj en Arabie saoudite, ce qui accroît la nécessité d'éviter une reprise des hostilités pour garantir leur sécurité.
Dans ce climat tendu, le président Trump a publié dimanche sur Truth Social une image générée par intelligence artificielle montrant un drone de combat américain MQ-9 Reaper détruisant deux embarcations de la marine iranienne, avec le mot "Adios" en gros caractères. Lundi, il a de nouveau brandi la menace militaire, déclarant que sans "bon accord", les négociations reprendraient "d'une autre manière".
Le sénateur Lindsey Graham, républicain de Caroline du Sud, a exhorté Trump à "rester ferme pour obtenir un bon accord avec l'Iran". Selon Mara Liasson, un tel accord pourrait aider les républicains lors des prochaines élections. À l'inverse, Roger Wicker, président de la commission des forces armées, a qualifié l'accord potentiel de "désastre", exprimant ses doutes quant à la bonne foi de l'Iran.
Références historiques et précédents diplomatiques
Le cadre actuel des négociations contraste fortement avec l'accord nucléaire historique conclu sous l'administration Obama. Le Plan d'action global conjoint (JCPOA), négocié pendant deux années difficiles sans déclencher de guerre, s'étendait sur 160 pages. Il avait permis de sortir du territoire iranien 97 % du matériel hautement enrichi, qui avait été transféré en Russie.
Cet accord imposait également une limite d'enrichissement à 3,67 % maximum, un niveau adapté aux réacteurs civils mais insuffisant pour la fabrication d'armes nucléaires. La situation actuelle, avec un stock d'uranium enrichi à 60 %, représente une menace bien plus immédiate en termes de prolifération.
Autres développements internationaux
Dans l'actualité internationale, le pape Léon XIV a publié aujourd'hui sa première encyclique, intitulée "Magnificent Humanity", adressée aux 1,4 milliard de catholiques dans le monde. Le souverain pontife y exhorte les fidèles à s'engager dans l'élaboration d'une éthique de l'intelligence artificielle plutôt que d'en laisser le contrôle aux élites fortunées de la technologie.
Selon Claire Giangrave, correspondante au Vatican pour Religion News Service, le pape s'inquiète que la Silicon Valley promeuve l'idée d'un monde hybride entre l'humain et la machine. Le pape décrit "un nouveau visage du colonialisme, où les