Témoin clé de Cum-Ex Steck : la BGH confirme définitivement la peine avec sursis
Karlsruhe, 09 juillet 2026
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Summary
La Cour fédérale de justice a définitivement confirmé la peine avec sursis d'un an et dix mois prononcée contre le témoin clé de l'affaire Cum-Ex Kai-Uwe Steck et a rejeté le pourvoi du parquet de Cologne. Steck doit payer plus de douze millions d'euros au Trésor public et n'ira pas en prison.
Karlsruhe, 09 juillet 2026
La Cour fédérale de justice (BGH) a confirmé mercredi (8 juillet) la peine avec sursis d'un an et dix mois prononcée contre le témoin clé de l'affaire Cum-Ex Kai-Uwe Steck et a rejeté le pourvoi du parquet de Cologne.
Contexte : qu'est-ce que Cum-Ex ?
Le jugement du tribunal de Bonn de l'année dernière est ainsi devenu définitif : l'avocat de 54 ans n'ira pas en prison, mais devra toutefois payer plus de douze millions d'euros au Trésor public. « Le condamné doit en outre verser plus de 12 millions au Trésor public », indique l'ordonnance, comme l'a confirmé l'agence de presse dpa. Le document est en possession de la dpa ; « Welt » et « Business Insider » ont été les premiers à en faire état.
Les juges de Karlsruhe ont motivé leur décision par le rôle particulier joué par Steck en tant que témoin clé des autorités de poursuites pénales. Grâce à ses déclarations, « les structures complexes et réparties des ventes à découvert Cum-Ex ont été élucidées », a expliqué la BGH dans son ordonnance concernant le témoin clé de Cum-Ex, portant la référence 1 StR 35/26.
La BGH a constaté que Steck avait mis au jour le rôle de différents acteurs tels que banques, fonds, sociétés d'investissement, traders et les dits vendeurs à découvert. Les préjudices fiscaux ont été en grande partie remboursés, selon la motivation. Il avait en outre convaincu d'autres participants à coopérer eux aussi avec les autorités d'enquête.
La peine avec sursis est, selon l'appréciation de la BGH, « en conformité avec une disposition légale relative aux témoins clés ». Les auteurs d'infractions disposés à coopérer doivent, conformément à la loi, contribuer à briser des structures fermées et à élucider ou prévenir des infractions graves. « Il apparaît ainsi clairement que l'aide à l'élucidation doit être honorée conformément aux possibilités légales », a déclaré l'avocat de Steck, Gerhard Strate.
Le rôle du témoin clé
Steck aurait « changé de camp » en 2016 et aurait parlé, a écrit la dpa. Il était considéré par les enquêteurs de Bonn comme l'une des « forces motrices » de la fraude fiscale Cum-Ex et était ainsi devenu un témoin central du travail d'élucidation. La BGH a exposé que la motivation du jugement du tribunal de Bonn se montrait résistante à un contrôle juridique.
Dans le même temps, la BGH a averti que refuser une peine avec sursis au seul motif d'un préjudice fiscal élevé « contrarierait cet objectif du législateur ». « Cela serait en dernière conséquence propre à dissuader à l'avenir, au cas par cas, les auteurs disposés à déposer d'entreprendre la révélation d'infractions fiscales graves », ont estimé les juges de Karlsruhe.
Contrairement à Steck, son ancien mentor n'a pas obtenu de clémence. Hanno Berger – l'architecte des opérations que l'on désigne actuellement comme « M. Cum-Ex » – sa peine : une peine d'emprisonnement totale de huit ans, qu'il purge actuellement en détention. Le procès pénal de Wiesbaden s'est achevé pour lui par une peine totale de huit ans et trois mois.
Steck fut pendant des années « le bras droit » du cerveau présumé de Cum-Ex, Hanno Berger, « qui avait une bonne vingtaine d'années de plus que lui et fut longtemps une sorte de mentor ». Berger est considéré comme l'un des inventeurs des combines Cum-Ex et travaillait auparavant comme fonctionnaire des finances en Hesse avant d'exercer comme avocat fiscaliste pour des banques et de particuliers fortunés. Steck lui-même était associé au sein du cabinet de Berger.
Contrairement à Steck : Berger en détention
Le parquet de Cologne a échoué dans sa demande à Karlsruhe visant à alourdir la peine. Il avait auparavant requis une peine d'emprisonnement de trois ans et huit mois à l'encontre de Steck. Le parquet n'a pas souhaité commenter la décision.
Les juges de Bonn avaient qualifié le complexe Cum-Ex, lors du procès Steck de l'année dernière, de « système perverti ». Ils ont reconnu au condamné, en raison de ses contributions à l'élucidation, un « effet atténuant de la peine exceptionnel ». Ce jugement résiste désormais aussi à l'examen de la BGH.
Dans le modèle Cum-Ex, des acteurs financiers échangeaient des actions avec (« cum ») et sans (« ex ») droit au dividende afin d'obtenir du fisc des remboursements d'impôts non payés. L'apogée de cette fraude s'est étalée de 2006 à 2011. Selon les estimations, le fisc a subi une perte se chiffrant en dizaines de milliards d'euros, d'autres estimations tablant sur au moins dix milliards d'euros. La faille fiscale a été refermée en 2012.
À l'été 2021, la Cour fédérale de justice avait rendu une décision de principe statuant que les opérations Cum-Ex constituent une fraude fiscale et sont donc en principe punissables. Le traitement juridique du complexe reposait ainsi sur une nouvelle base.
Décision de principe de la BGH de 2021
Strate s'est explicitement félicité de la décision des juges de Karlsruhe. « Dans le clair engagement envers la réglementation relative aux témoins clés, cette ordonnance représente un grand acquis pour la conception de notre procédure pénale conforme à l'État de droit », a déclaré l'avocat. Il s'est dit soulagé par la décision de Karlsruhe.
L'affaire Berger se poursuit entre-temps. Berger, après sa fuite en Suisse à l'automne 2012, avait disparu à Zuoz en Engadine à la suite d'une perquisition de son bureau de Francfort. En juillet 2021, il a été arrêté dans le canton des Grisons sur la base d'une demande d'extradition allemande et placé en détention aux fins d'extradition. Fin février 2022, des policiers suisses ont remis Berger à Constance à des agents du Bundeskriminalamt.
La détention aux fins d'extradition en Suisse, de juillet 2021 à février 2022, sera imputée sur la peine de Wiesbaden de Berger. En décembre 2022, le tribunal de Bonn a condamné Berger dans trois affaires pour fraude fiscale liée à des opérations Cum-Ex chez Warburg à une peine d'emprisonnement totale de huit ans, qui avaient entraîné des paiements injustifiés de plus de 275 millions d'euros. La Cour fédérale de justice a confirmé la condamnation bonnoise de Berger en octobre 2023.
Le complexe Warburg de Hambourg
Dans la procédure contre Christian Olearius, copropriétaire et ancien patron de la banque Warburg, le parquet de Cologne avait préalablement reproché 15 cas de fraude fiscale particulièrement grave entre 2006 et fin 2019, avec un préjudice fiscal de près de 280 millions d'euros. La procédure s'est achevée fin juin 2024 par un jugement dit d'arrêt, sans que la question de la culpabilité ne soit tranchée en raison de son état de santé.
La banque privée hambourgeoise M. M. Warburg est accusée d'avoir mené pendant des années, en collaboration avec l'avocat fiscaliste Hanno Berger, des opérations Cum-Ex. En octobre 2023, le tribunal régional de Cologne avait accordé au Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie une indemnité de 10 000 euros pour atteinte à ses droits de la personnalité suite à la transmission de contenus de journaux intimes à des personnes non autorisées. Les journaux intimes avaient été saisis lors d'une descente en mars 2018 et contenaient entre autres des notes de rencontres avec Scholz.
Dans les enquêtes autour des affaires Cum-Ex hambourgeoises, des réunions de l'ancien Premier bourgmestre de Hambourg Olaf Scholz avec Olearius jouent également un rôle. Elles ont eu lieu en 2016 et 2017, alors que des enquêtes Cum-Ex étaient déjà en cours contre Warburg et que des remboursements éventuels au Trésor public étaient en jeu, que l'administration fiscale de Hambourg avait d'abord abandonnés. Scholz confirme les réunions, mais conteste toute influence politique. Olearius avait rejeté ces déclarations comme « aventureuses », jugeant insoutenable de lui prêter l'intention d'avoir voulu pousser Scholz à un manquement à ses devoirs.
Le parquet de Cologne avait, dans la procédure Olearius, retenu l'acte d'accusation dans 14 cas ; une procédure n'a pas été ouverte en application du principe « ne bis in idem » (interdiction du double jugement). Selon l'ordonnance de la BGH, les préjudices fiscaux ont été en grande partie remboursés. D'après l'organisation Finanzwende, on compte à l'échelle nationale quelque 1 800 personnes mises en cause dans les procédures Cum-Ex.
Conséquences pour le travail d'élucidation
La BGH a clairement établi que la peine avec sursis est licite et doit être acceptée. Le jugement devient ainsi définitif – Steck, « l'avocat Kai-Uwe Steck », s'en sort « avec une peine avec sursis » et se voit épargner « ce qui reste épargné à son ancien protégé Kai-Uwe Steck » – le séjour en prison dont son ancien mentor n'est pas exempté. Par
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