Les États-Unis et la Russie ont critiqué l'implication de l'ancienne ministre allemande des Affaires étrangères Annalena Baerbock dans le processus de sélection du prochain secrétaire général de l'ONU, successeur d'António Guterres.
Mise à jour du 21 août 2026 : alors que la course à la succession d'António Guterres s'intensifie, de nouveaux éléments sur la composition et les règles de vote du Conseil de sécurité confirment le rôle central des cinq membres permanents — États-Unis, Russie, Chine, France et Royaume-Uni — et des dix membres élus pour des mandats de deux ans dans la désignation du futur chef de l'ONU.
Ce qui a changé depuis le 21 août
Ce qui a changé depuis le 21 août
Depuis la précédente couverture de cette affaire, plusieurs précisions factuelles ont été confirmées concernant la mécanique institutionnelle en jeu. Le Conseil de sécurité, organe clé de la sélection, est composé de cinq membres permanents disposant du droit de veto — à savoir les États-Unis, la Russie, la Chine, la France et le Royaume-Uni — ainsi que de dix membres élus par l'Assemblée générale pour des mandats de deux ans. C'est ce Conseil qui formule la recommandation décisive sur le poste de secrétaire général, avant que la décision formelle ne revienne à l'Assemblée générale des 193 États membres.
Un duel diplomatique Washington-Moscou
Un duel diplomatique Washington-Moscou
Les critiques formulées par Washington et Moscou convergent vers un même point : la perception d'une ingérence inhabituelle dans un processus qui se veut consensuel. L'ambassadrice américaine Jennifer Locetta a souligné à plusieurs reprises que la recommandation décisive sur le poste relève du Conseil de sécurité, qui se prononce à bulletins secrets pour s'accorder sur un candidat ou une candidate, ensuite formellement nommé(e) par l'Assemblée générale des 193 pays membres. Cette mise au point, corroborée par trois sources distinctes, rappelle la procédure officielle et écarte implicitement toute tentative de passage en force en dehors du cadre multilatéral.
Le rôle contesté de Baerbock
Le rôle contesté de Baerbock
Annalena Baerbock, ancienne ministre des Affaires étrangères de l'Allemagne, apparaît comme la figure au cœur de la controverse. Les critiques américaines et russes semblent cibler son activisme diplomatique dans la promotion de candidats ou dans la structuration des discussions informelles en amont des votes au Conseil. Ni les faits vérifiés ni les sources disponibles ne permettent de détailler précisément les gestes qui lui sont reprochés, mais la concomitance des critiques de deux capitales traditionnellement rivales sur ce sujet signale un front commun inattendu contre une initiative européenne.
António Guterres en fin de mandat
António Guterres en fin de mandat
Le mandat du secrétaire général António Guterres arrive à son terme, ouvrant la séquence de sélection la plus suivie depuis une décennie. La procédure prévoit que le Conseil de sécurité recommande un nom à l'Assemblée générale, qui procède ensuite à la nomination officielle. Dans la pratique, les scrutins au Conseil se déroulent à bulletins secrets, un mécanisme conçu pour protéger les petits membres élus et encourager le consensus.
Le poids des membres permanents
Le poids des membres permanents
La composition confirmée du Conseil de sécurité — cinq permanents et dix élus — est déterminante pour comprendre l'enjeu. Chacun des cinq membres permanents dispose d'un droit de veto qui peut bloquer toute candidature, y compris lors des votes procéduraux. Le poids des dix membres élus, renouvelés par tiers tous les ans, varie selon les régions et les alliances régionales du moment. Cette architecture explique pourquoi toute tentative de peser sur le résultat en dehors des canaux formels est perçue comme une atteinte au processus.
Vers une candidature de consensus ?
À ce stade, aucun nom n'a encore émergé comme candidat de consensus, et les capitales continuent leurs consultations bilatérales. La France, cinquième membre permanent, dispose elle aussi d'un siège et d'un droit de veto. Le rôle de l'Allemagne, puissance contributrice majeure au budget de l'ONU, reste par définition extérieur au Conseil de sécurité — un statut qui pourrait expliquer la sensibilité particulière de Washington et Moscou face à l'activisme de Baerbock, qui représente un grand pays européen sans siège permanent.
