Attentat de Magdebourg : le procès repoussé, témoignages de | actualites360
Procès de l'attentat de Magdebourg : les plaidoiries retardées par de nouveaux moyens de preuve
Magdebourg, 03 juin 2026
AI-generated image (flux-2/pro-text-to-image via Kie.ai)
Summary
Le procès de l'attentat du marché de Noël de Magdebourg se poursuit devant le tribunal régional, mais les plaidoiries attendues le 2 juin ont été retardées par de nombreux moyens de preuve présentés par toutes les parties. Plus de 300 personnes avaient été blessées lors de l'attaque à la voiture-bélier du 20 décembre 2024, qui a fait six morts.
Magdebourg, 03 juin 2026
Le procès de l'attentat du marché de Noël de Magdebourg, qui se tient devant le Landgericht dans un bâtiment provisoire sous haute sécurité, a vu ses plaidoiries une nouvelle fois retardées le 2 juin par le dépôt de nombreux moyens de preuve par les parties civiles, la défense et l'accusé lui-même.
Le 34e jour d'audience, le 2 juin 2026, devait marquer le début des plaidoiries après la clôture de l'instruction. Mais le tribunal a dû reporter cette étape, les parties civiles, la défense et l'accusé ayant soumis de multiples requêtes tendant à l'administration de preuves supplémentaires. L'accusé a lui-même lu ses propres motions pendant plusieurs heures, prolongeant considérablement la séance.
Parmi les requêtes déposées, l'avocate des parties civiles Annett Schneider-Solis a demandé un examen visant à déterminer si la voiture-bélier avait mis en danger un plus grand nombre de personnes qu'on ne le pensait initialement, ce qui pourrait conduire à une requalification du nombre de victimes. Elle a également sollicité la lecture au dossier de rapports médicaux et de traitements récents afin de documenter l'ampleur des préjudices subis par les blessés.
De multiples requêtes repoussent les plaidoiries
La défense a pour sa part présenté des motions concernant le véhicule utilisé lors de l'attaque ainsi que le rapport final de la commission d'enquête. Le tribunal doit encore statuer sur l'ensemble de ces requêtes. Si elles sont rejetées, le réquisitoire du Generalstaatsanwaltschaft (parquet général) pourrait alors commencer, bien qu'il restât incertain, le 2 juin, que les plaidoiries puissent s'ouvrir le jour même. Elles devraient en tout état de cause s'étendre sur plusieurs jours.
Le 35e jour d'audience, qui a suivi, a lui aussi été marqué par des incidents : le procès a été retardé d'environ une demi-heure parce que l'accusé a crié dans sa cabine vitrée et n'a pas réussi à se calmer pendant un long moment. Cinq membres masqués des forces spéciales judiciaires se sont postés autour de l'accusé et l'ont évacué de la salle, avant qu'il ne soit ramené peu après. Le juge président Dirk Sternberg a rapporté que l'accusé avait qualifié cette scène de « Showeinlage für die Presse » (« numéro de spectacle pour la presse »).
Le comportement de l'accusé perturbe les débats
Ce comportement n'est pas isolé. Dès le 25e jour d'audience, le 23 mars 2026, l'accusé avait refusé d'entrer dans la salle d'audience et avait dû être porté dans la cabine vitrée par des agents judiciaires malgré sa résistance. Il avait crié à plusieurs reprises et affirmé représenter un danger aigu pour lui-même ; un expert médical avait néanmoins déclaré qu'il était apte à comparaître pour cette courte journée. Selon les faits versés au dossier, l'accusé est Taleb Al-Abdulmohsen, un ressortissant saoudien qui travaillait comme psychiatre dans le Maßregelvollzug, le secteur de la détention psychiatrique médico-légale.
Des séquelles durables chez les victimes
L'instruction touche pourtant à sa fin. Le 12 mai 2026, lors du 33e jour d'audience, le dernier rapport d'expertise a été lu au dossier, ce qui signifiait que tous les témoins avaient été entendus et tous les rapports d'expertise versés. Le procès avait ensuite été interrompu pendant trois semaines. Le juge président Sternberg avait fixé au 2 juin la date limite pour le dépôt de nouveaux moyens de preuve.
Au fil des audiences, les experts et les témoins ont dressé un tableau accablant des séquelles laissées par l'attaque. Le 6 mai, un stagiaire de 24 ans, secouriste, a témoigné avoir prodigué les premiers soins et avoir dû quitter Magdebourg après les faits. Il a décrit des cauchemars, des flash-back et des troubles de la concentration. Une femme de 63 ans a, pour sa part, déclaré avoir subi huit opérations et dépendre encore d'un déambulateur, ne pouvant plus vivre de manière autonome. Tous deux se sont portés parties civiles.
Un pédopsychiatre entendu le 4 mai a décrit les effets persistants de l'attaque sur cinq enfants, souffrant notamment d'un état de stress post-traumatique accompagné de crises de panique, de troubles du sommeil, de maux de tête et de vertiges. Selon lui, une vie quotidienne normale, avec loisirs et sorties entre amis, reste impossible pour ces enfants. D'autres experts ont décrit des victimes non physiquement blessées présentant des flash-back, des troubles du sommeil et des tremblements, ainsi qu'un jeune dépendant d'un déambulateur et un retraité ayant perdu toute autonomie.
Un verdict espéré en juin
Les faits remontent au 20 décembre 2024. Taleb Al-Abdulmohsen, alors âgé de 50 ans, a conduit une voiture de plus de deux tonnes et de 340 chevaux sur environ 350 mètres à travers le marché de Noël de Magdebourg. L'attaque a tué cinq femmes et un garçon de neuf ans, et plus de 300 personnes ont été blessées, parfois très grièvement. Le Generalstaatsanwaltschaft a inculpé l'accusé, entre autres, de meurtre consommé dans six cas et de tentative de meurtre dans 338 autres cas.
Lors du 26e jour d'audience, le 30 mars 2026, le juge président Sternberg avait exprimé sa confiance dans la possibilité d'un verdict en juin et indiqué que seule la réclusion à perpétuité assortie de la constatation d'une particulière gravité de la culpabilité entrait en ligne de compte. La prochaine date d'audience actuellement prévue est le 26 juin. Plus de 200 parties civiles sont constituées dans ce procès, mais seule une poignée est présente dans la salle d'audience. Plusieurs victimes ont indiqué vouloir prendre la parole lors des plaidoiries. Des demandes d'indemnisation (Adhäsionsanträge) déposées par les parties civiles doivent encore être examinées.
Enfin, selon les rapports cités au dossier, l'attaque au véhicule-bélier survenue à Leipzig la semaine précédente pourrait re-traumatiser les victimes de Magdebourg et raviver d'anciennes peurs. Le procès, ouvert le 10 novembre 2025, se poursuit dans un bâtiment provisoire spécialement construit et sous haute sécurité.
Questions & Réponses
Pourquoi les plaidoiries ont-elles été reportées au procès de l'attentat de Magdebourg ?
Le 2 juin 2026, les parties civiles, la défense et l'accusé lui-même ont déposé de nombreux moyens de preuve supplémentaires, obligeant le tribunal à reporter l'ouverture des plaidoiries et à examiner ces requêtes.
Que s'est-il passé le 20 décembre 2024 à Magdebourg ?
Taleb Al-Abdulmohsen, un ressortissant saoudien alors âgé de 50 ans, a foncé avec une voiture de plus de deux tonnes et de 340 chevaux sur environ 350 mètres à travers le marché de Noël, faisant cinq femmes et un garçon de neuf ans morts, et plus de 300 blessés.
Quand un verdict est-il attendu dans le procès de l'attentat de Magdebourg ?
Le juge président Dirk Sternberg a exprimé le 30 mars 2026 sa confiance dans la possibilité d'un verdict en juin, la prochaine date d'audience prévue étant le 26 juin, et a indiqué que seule la réclusion à perpétuité assortie d'une particulière gravité de la culpabilité entrait en ligne de compte.