Kinshasa, 25 mai 2026
Kinshasa, 25 mai 2026 – L’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC) a franchi le cap des 900 cas suspects, tandis que le bilan s’élève à au moins 204 morts, ont annoncé les autorités congolaises.
Une souche rare détectée tardivement
Depuis le début de cette flambée, détectée à la mi-mai après avoir probablement circulé sans être identifiée pendant des semaines, 91 infections ont été confirmées en laboratoire, dont dix mortelles. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré une urgence de santé publique de portée internationale peu après ces premières confirmations.
Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a averti que la situation allait encore se dégrader. « Wir stehen vor einem äußerst ernsten und schwierigen Ausbruch. Es wird erst noch schlimmer werden, bevor es besser wird. » a-t-il affirmé, ajoutant : « Doch derzeit ist die Epidemie uns noch einen Schritt voraus. » Il a annoncé à Genève qu’il se rendrait personnellement en RDC mardi.
Un environnement hostile à la riposte
La souche responsable, le virus Bundibugyo, est un type rare d’Ebola pour lequel il n’existe actuellement ni vaccin ni traitement spécifique. Le diagnostic a été retardé car le laboratoire de Bunia, près de la frontière ougandaise, n’a pas pu identifier immédiatement cette souche ; ce n’est qu’après un examen à Kinshasa que le virus a été caractérisé.
L’épidémie sévit dans l’est de la RDC, une zone marquée par des conflits armés et une très forte mobilité des populations, dont plusieurs millions de déplacés internes. Les agents de santé travaillent dans un climat tropical, avec des combinaisons de protection qui ne peuvent être portées qu’une heure d’affilée pour éviter des problèmes de circulation sanguine.
La riposte est régulièrement entravée par des actes de défiance. Des tentes de traitement ont été incendiées à plusieurs reprises ces derniers jours par des proches réclamant la restitution des corps de patients suspectés d’Ebola. Or, les défunts sont hautement contagieux et doivent être enterrés selon des mesures de sécurité strictes.
Contamination en Ouganda et mobilisation régionale
En Ouganda voisin, sept cas confirmés ont désormais été liés à cette épidémie, dont deux employés d’une clinique privée de Kampala. Un autre cas concerne une femme venue de RDC par avion, soignée dans cette même clinique pour des douleurs abdominales avant de repartir, et dont l’échantillon s’est révélé positif.
Les ministres de la Santé de la région se sont réunis ce week-end à Kampala, la capitale ougandaise, pour coordonner une réponse commune. L’Ouganda, pour sa part, ne publie pas de chiffres sur les cas suspects, contrairement à la RDC.
L’OMS évalue le risque de transmission comme très élevé au Congo, élevé dans la région, mais faible au niveau mondial, car Ebola se propage par contact étroit avec les liquides corporels d’une personne infectée et non par voie aérienne, contrairement au coronavirus.
Un patient américain ayant contracté le virus en RDC est actuellement soigné à l’hôpital de la Charité à Berlin, en Allemagne. Son état est décrit comme très affaibli mais pas critique. Les médecins lui administrent des soins de soutien, en l’absence de thérapie ciblée contre cette souche.
