Lyhanna morte : la France discute du dysfonctionnement des | actualites360
Mort de Lyhanna, 11 ans, en France : le dysfonctionnement des autorités en débat
Fleurance, 5 juin 2026
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Summary
Une semaine après la disparition de la fillette de 11 ans Lyhanna dans le sud de la France, à Fleurance, les enquêteurs ont retrouvé jeudi le corps d'un enfant dans un silo à grains sur une ferme près de la localité. Le principal suspect, un homme de 41 ans, est en détention provisoire pour enlèvement et séquestration, et le débat politique sur un prétendu échec de la justice et des autorités s'intensifie.
Fleurance, 5 juin 2026
Après la disparition de la fillette de 11 ans Lyhanna dans le sud de la France, à Fleurance, les enquêteurs ont retrouvé jeudi le corps d'un enfant sur une ferme près de Puycasquier, dans le Gers ; le principal suspect, Jérôme B., 41 ans, est en détention provisoire, tandis que le débat politique sur un prétendu dysfonctionnement des autorités se poursuit.
L'écolière Lyhanna avait été vue pour la dernière fois le vendredi 29 mai, après la sortie de l'école à Fleurance, dans le Gers. Ses parents l'avaient déclarée disparue le soir même, déclenchant une vaste opération de recherche impliquant la police, des moyens techniques et de nombreux volontaires dans les environs vallonnés de la ville. Le jeudi 4 juin, le corps d'un enfant a été découvert sur une exploitation agricole près du village de Puycasquier, à une quinzaine de kilomètres.
Selon le parquet d'Agen, il s'agit très probablement du corps de Lyhanna, selon les connaissances actuelles. Les vêtements de l'enfant correspondaient à la description de ce que la fillette portait le jour de sa disparition. Une autopsie a été ordonnée pour confirmer son identité sans équivoque et fournir des conclusions médico-légales sur la cause du décès ainsi que sur la question d'un éventuel crime sexuel. Les résultats sont attendus dans le courant de la journée de vendredi ou de samedi.
Disparition et recherche
Au centre des investigations se trouve Jérôme B., 41 ans, père de deux filles, qui connaissait Lyhanna car elle était amie avec sa fille aînée. Des caméras de vidéosurveillance avaient enregistré la fillette montant dans sa voiture après la sortie de l'école. Les parents avaient interdit à leur fille tout contact avec Jérôme B. des mois auparavant, après que Lyhanna leur eut rapporté qu'il l'avait chatouillée et touchée lors d'une soirée pyjama. B. a été arrêté samedi après la disparition, niant d'abord avoir laissé la fillette monter dans sa voiture, puis déclarant, après présentation des enregistrements, qu'il l'avait conduite à la piscine municipale de Fleurance, où elle n'est cependant jamais arrivée.
Le parquet a finalement inculpé l'homme d'enlèvement et de séquestration ; il a été placé en détention provisoire. Comme cela a fuité, il refuse de coopérer avec les enquêteurs et continue de nier toute culpabilité. Selon l'avocate de l'accusé, son client est présumé innocent : « Mon client est présumé innocent. Personne ne l'a jamais interrogé. »
Soupçons et arrestation
Au cours des investigations, d'anciennes plaintes contre Jérôme B. sont de plus en plus examinées. En 2017, alors qu'il avait 30 ans, une mère a déposé plainte pour une relation avec sa fille alors âgée de 17 ans ; l'affaire a été classée en 2018, la relation étant considérée comme consensuelle et l'âge excluant des poursuites pénales. En février 2021, Jérôme B. a perdu son emploi d'aide-gardien dans un lycée après avoir entretenu une relation inappropriée avec une élève.
En 2022, des parents ont accusé Jérôme B. d'avoir violé leur fille alors âgée de près de sept ans ; la procédure a été classée en 2024 faute de preuves suffisantes, les examens médico-légaux et gynécologiques ainsi que les témoignages n'ayant pas suffisamment étayé le récit de l'enfant. Une autre famille accuse l'homme d'avoir violé leur fille alors âgée de dix ans en août 2025 ; le parquet d'Auch a alors ouvert une enquête, mais selon la mère, Jérôme B. n'a pas été interrogé avant neuf mois après le dépôt de plainte.
La mère de la fillette de dix ans a déclaré à BFMTV avoir déposé plainte pour agression sexuelle et avoir désigné Jérôme B. comme suspect. Néanmoins, elle aurait été sèchement éconduite lors de demandes répétées sur l'état de l'enquête. Les associations de victimes soulignent que la lenteur de l'action administrative, même en cas d'accusations très graves, n'est pas un cas isolé.
Plaintes antérieures contre le suspect
Le débat politique sur le prétendu dysfonctionnement des autorités a atteint les plus hauts niveaux du gouvernement vendredi. Le Premier ministre Sébastien Lecornu, qui s'est dit « choqué » selon son entourage, a convoqué vendredi matin le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, le garde des Sceaux Gérald Darmanin et le ministre des Comptes publics David Amiel pour une réunion de plus de deux heures à Matignon. Lecornu a exigé que les premières conclusions de l'enquête administrative, confiée à l'Inspection générale de la justice et à l'Inspection générale de la gendarmerie nationale, lui soient présentées sous quinze jours.
Le garde des Sceaux Gérald Darmanin a parlé de « dysfonctionnements accablants et inacceptables des services de l'État ». Il a annoncé qu'il recevrait tous les procureurs généraux lundi matin au ministère de la Justice. Vendredi soir, une intervention de Darmanin était prévue dans le journal télévisé de TF1. Le ministère de l'Intérieur et le ministère de la Justice avaient déjà lancé mercredi une enquête commune pour examiner la manière dont les autorités ont traité les plaintes contre le suspect.
Le président de la République Emmanuel Macron s'est également exprimé sur l'affaire depuis le Monténégro. Il a déclaré : « Il est clair qu'il y a un dysfonctionnement (...) et c'est inacceptable ». Il a ajouté qu'il ne tolérerait aucun argument de manque de moyens. Macron a également déclaré : « Des erreurs ont été révélées, et elles doivent être élucidées » et « Nous ne pouvons pas regarder les proches dans les yeux et nous dire que tout s'est bien passé. »
Le gouvernement réagit aux accusations
Les réactions du spectre politique ont été vives. Le maire de Fleurance, Grégory Bobbato, a parlé à BFMTV d'un « véritable échec de l'État » et a demandé : « Faut-il vraiment attendre d'avoir des preuves tangibles pour enfin agir pour protéger nos enfants ? » Il a évoqué des années d'économies dans la justice. Bruno Retailleau, président des Républicains et candidat à la présidentielle de 2027, a déclaré que le système judiciaire était « une faillite » et devait être « profondément réformé ».
L'ancien Premier ministre et candidat à la présidentielle Édouard Philippe a appelé à la création d'un « véritable principe de précaution » en matière de violence contre les enfants, de procédures accélérées et d'une attribution claire des responsabilités en cas de défaillance. Marine Tondelier, présidente des Écologistes et candidate à la présidentielle, a qualifié l'affaire de « symbole d'un système politico-judiciaire incapable de traiter le sujet des violences sexistes et sexuelles ». Jordan Bardella, président du Rassemblement National, a également parlé d'un exemple de défaillance judiciaire et de protection insuffisante des femmes et des enfants contre la violence sexuelle.
Manuel Bompard, coordinateur de La France Insoumise, a demandé sur Franceinfo des « réponses politiques qui donnent les moyens nécessaires aux enquêteurs, alors que le gouvernement n'a fait que réduire ces moyens jusqu'à présent ». Éric Mouzin, père de la jeune Estelle Mouzin, tuée par Fourniret, a déclaré sur RTL qu'il était « surréaliste » que les ministres de l'Intérieur et de la Justice semblent ne découvrir que maintenant les manquements au sein de leurs propres administrations. La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a critiqué le fait que l'affaire soulève des questions sur le poids accordé aux témoignages des victimes.
Réactions politiques dans le pays
Le parquet d'Auch, dirigé par Clémence Meyer, est également au centre des critiques. Selon des informations d'un porte-parole du gouvernement à l'AFP, la circulaire pénale signée en janvier par le garde des Sceaux Darmanin pour le traitement prioritaire des victimes mineures n'a pas été appliquée dans ce parquet. Les préoccupations soulevées en avril 2025 par le député local David Taupiac dans une question au gouvernement – manque de personnel, pénurie de