Les Houthis annoncent un blocus maritime en mer Rouge – une route pétrolière clé sous pression
Dubaï, 21 juillet 2026
Friedi13 / Wikimedia Commons / CC BY-SA 4.0
Summary
La milice des Houthis, alliée à l'Iran, a annoncé un blocus maritime contre l'Arabie saoudite en mer Rouge. Une deuxième route maritime clé pour le pétrole se retrouve sous pression, après que le détroit d'Ormuz a déjà été bloqué par la guerre entre les États-Unis et l'Iran.
Dubaï, 21 juillet 2026
La milice des Houthis, alliée à l'Iran, a annoncé un blocus maritime contre l'Arabie saoudite en mer Rouge, mettant sous pression une autre route maritime essentielle pour le commerce mondial du pétrole.
Contexte : les Houthis et le conflit au Yémen
La milice des Houthis a déclaré vouloir empêcher les navires en provenance ou à destination de l'Arabie saoudite de traverser le détroit de Bab al-Mandab, à la Corne de l'Afrique. Pour justifier cette mesure, la direction de la milice a invoqué une prétendue attaque saoudienne contre l'aéroport de la capitale, Sanaa, où un avion iranien aurait dû atterrir la semaine précédente. La direction houthie a résumé la mesure par le principe de « Œil pour œil ».
Le volume total de pétrole ayant transité par Bab al-Mandab s'élevait en juin, selon les données de Kpler, à 7,4 millions de barils par jour, soit environ sept pour cent de la production pétrolière mondiale. Un an plus tôt, en moyenne 4,2 millions de barils par jour traversaient le détroit. Cette augmentation s'explique par le transfert des livraisons, le détroit d'Ormuz étant pratiquement impraticable depuis plusieurs jours.
L'Arabie saoudite a entre-temps redirigé plus de 70 pour cent de ses exportations quotidiennes normales de pétrole brut vers le port de Yanbu, en mer Rouge. Les expéditions depuis Yanbu se sont élevées ces dernières semaines, selon les fournisseurs de données Kpler et Signal Ocean, à une moyenne de quatre millions de barils par jour, contre environ 973 000 barils par jour l'année précédente. Le volume actuel des exportations via Yanbu représente ainsi quatre fois le volume d'avant-guerre. Environ quatre millions de barils de pétrole (de 159 litres chacun) quittent quotidiennement le port.
La route de contournement via Yanbu sous pression
Les navires partant de Yanbu à destination de l'Europe naviguent vers le nord en passant par le canal de Suez. Les navires à destination de l'Asie, en revanche, naviguent vers le sud via Bab al-Mandab. Le nouveau blocus touche donc surtout les acheteurs asiatiques. Depuis Yanbu, le pétrole atteint l'Europe soit par tanker via le canal de Suez, soit via l'oléoduc SUMED à travers l'Égypte jusqu'à la Méditerranée. L'Arabie saoudite envisage, selon un rapport de Reuters de la semaine dernière, d'agrandir son oléoduc de pétrole brut sur la côte de la mer Rouge.
La milice des Houthis est apparue dans les années 1990 dans le nord du Yémen en tant que mouvement militaire, politique et religieux. En 2014, elle a renversé le président internationalement reconnu, Abed Rabbo Mansour Hadi, soutenu par l'Arabie saoudite. Depuis plus d'une décennie, elle est engagée dans une guerre civile contre le gouvernement internationalement reconnu, soutenu par l'Arabie saoudite. L'Arabie saoudite a mené en 2015 une alliance sunnite dans cette guerre contre les Houthis chiites et imposé un blocus aérien, maritime et terrestre contre les alliés de l'Iran.
Un cessez-le-feu entre les parties au conflit, conclu en 2022, a toutefois largely tenu jusqu'à la semaine dernière, lorsque le gouvernement internationalement reconnu du Yémen a déclaré avoir attaqué l'aéroport de Sanaa afin d'empêcher l'atterrissage d'un avion iranien. Les Houthis en ont tenu l'Arabie saoudite pour responsable et ont ensuite tiré des roquettes sur l'aéroport d'Abha, dans le sud-ouest montagneux du royaume. Un cessez-le-feu séparé entre les Houthis et l'Arabie saoudite est en vigueur depuis 2022.
L'Iran comme commanditaire présumé
L'Iran soutient les Houthis dans le cadre de son « axe de la résistance » régional, auquel appartiennent également le Hezbollah libanais, des milices chiites irakiennes ainsi que l'organisation palestinienne radicale-islamique Hamas. Il existe des soupçons selon lesquels l'Iran aurait ordonné le blocus de Bab al-Mandab afin d'inciter le président américain Donald Trump à mettre fin à ce que l'Iran qualifie d'« agression américaine dans la région ».
Le blocus intervient à un moment particulièrement défavorable : après le blocus du détroit d'Ormuz par l'Iran, la mer Rouge est devenue une route alternative importante pour l'exportation de pétrole et d'autres produits depuis les États du Golfe. La fermeture effective du détroit d'Ormuz par l'Iran a déjà retiré quatre millions de barils de pétrole par jour du marché international. Selon les experts, les stocks pétroliers mondiaux se rapprochent de leur niveau plancher.
Après l'attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023 et l'intervention militaire israélienne qui a suivi dans la bande de Gaza, les Houthis ont commencé, selon leurs propres déclarations, à tirer des roquettes et des drones contre Israël et des navires en mer Rouge en soutien aux Palestiniens. Les Houthis ont démontré pendant la guerre à Gaza une portée de roquettes de 1 600 kilomètres. Le mois dernier, les Houthis avaient alors annoncé qu'ils empêcheraient les navires ayant des liens avec Israël de traverser la mer Rouge, après qu'Israël eut repris ses frappes aériennes contre l'Iran. Les attaques des Houthis n'ont pris fin qu'avec le cessez-le-feu dans la bande de Gaza en octobre.
Conséquences pour le transport maritime mondial
Les conséquences pour le transport maritime se font déjà sentir : de grandes compagnies maritimes comme Maersk et Hapag-Lloyd avaient dévié leurs routes autour de la pointe sud de l'Afrique, mais ont récemment repris certaines routes en mer Rouge qu'elles avaient abandonnées lors des attaques houthies de l'année dernière. Une opération menée par les États-Unis pour rétablir la liberté de navigation en mer Rouge a inclus des frappes répétées contre les Houthis ainsi que la protection de navires, au cours de laquelle des centaines de drones et de roquettes ont été interceptés.
Le canal de Suez enregistre également des chutes massives : selon les données de l'autorité du canal de Suez, le trafic y a baissé de 52 pour cent en 2025 par rapport à 2023, atteignant son niveau le plus bas depuis au moins 50 ans. Les installations de Yanbu se trouvent à 1 300 kilomètres des positions des Houthis et sont donc à portée de la milice.
Questions & Réponses
Qui sont les Houthis et quel objectif poursuivent-ils ?
La milice des Houthis est apparue dans les années 1990 dans le nord du Yémen en tant que mouvement militaire, politique et religieux. Elle est soutenue par l'Iran et combat depuis plus d'une décennie le gouvernement internationalement reconnu du Yémen dans une guerre civile.
Quel rôle joue Bab al-Mandab dans le commerce mondial du pétrole ?
En juin, selon les données de Kpler, 7,4 millions de barils de pétrole brut par jour ont transité par le détroit de Bab al-Mandab, soit environ sept pour cent de la production pétrolière mondiale. Les livraisons vers l'Asie dépendent particulièrement de cette route.
Pourquoi l'Arabie saoudite a-t-elle déplacé ses exportations vers Yanbu ?
L'Arabie saoudite a redirigé plus de 70 pour cent de ses exportations quotidiennes de pétrole brut vers le port de Yanbu, en mer Rouge, après que le détroit d'Ormuz est devenu pratiquement impraticable en raison de la guerre entre les États-Unis et l'Iran. Le volume des exportations via Yanbu atteint ainsi quatre fois le niveau d'avant-guerre.
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