Le programme de régularisation en Espagne s'achève avec 1,3 million de demandes – bien plus que prévu
Madrid, le 30 juin 2026
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Summary
En Espagne, environ 1,3 million de migrantes et migrants sans papiers ont déposé une demande de permis de séjour et de travail avant l'expiration du délai mardi. Le gouvernement tablait à l'origine sur environ 500 000 demandes et présente désormais un plan d'intégration de 505 millions d'euros.
Madrid, le 30 juin 2026
En Espagne, environ 1,3 million de migrantes et migrants sans papiers en règle ont déposé une demande de régularisation de leur séjour avant l'expiration du délai mardi 30 juin 2026 – bien plus que les 900 000 attendus ces derniers temps.
Contexte : le programme de régularisation
Selon les données les plus récentes de la plateforme nationale d'enregistrement « Mercurio », le nombre de demandes de permis de séjour légal déposées en Espagne a bondi à environ 1,3 million. Le délai pour cette opération lancée en avril a expiré ce jour. Cette information a été diffusée le 30/06/2026 dans l'émission Deutschlandfunk.
Le programme repose sur une initiative populaire de 2024, qui avait recueilli plus de 700 000 signatures et était portée par une large coalition d'ONG, de syndicats, d'organisations patronales et de l'Église catholique. Des organisations de migrants, des syndicats et des structures sociales avaient réuni 700 000 signatures en faveur d'un projet de loi populaire correspondant.
En janvier, le gouvernement de gauche espagnol avait décidé la légalisation extraordinaire massive de migrants, qui expire désormais le 30 juin. Le processus a été lancé par le gouvernement de gauche dirigé par le socialiste Pedro Sánchez. Le chef du gouvernement socialiste, Sánchez, a qualifié cette soi-disant régularisation de bonne décision pour l'économie espagnole.
Les attentes initiales largement dépassées
Dans le pays de 50 millions d'habitants qu'est l'Espagne, plus de 900 000 migrantes et migrants en situation irrégulière avaient déposé leur demande jusqu'à la mi-juin selon le gouvernement – bien plus que les quelque 500 000 demandes sur lesquelles le ministère de la Migration tablait. En janvier, on s'attendait à environ une demi-million de demandes. « tablaient tous sur 500 000 à 800 000 personnes concernées ».
Le plan initial du gouvernement visait à sortir quelque une demi-million de migrants travaillant illégalement de l'économie informelle et à les faire passer dans un emploi officiel soumis à cotisations sociales. Au lieu de cela, en trois mois, plus du double de personnes ont postulé. Pour elles et pour les 1,3 million d'autres demandeurs, la procédure représente bien plus qu'une simple formalité administrative, mais plutôt un « radeau de sauvetage » et un pas longtemps attendu hors de l'ombre vers une vie dans la dignité.
Tous les immigrants pouvant prouver qu'ils séjournaient en Espagne depuis cinq mois au 31 décembre 2025 et qu'ils n'avaient commis aucune infraction pénale pouvaient solliciter un permis de séjour provisoire assorti d'une autorisation de travail. Ceux qui seront finalement acceptés pourront vivre et travailler un an en Espagne, puis devront renouveler leur titre de séjour.
Obstacles bureaucratiques lors du dépôt des demandes
Les demandeurs doivent disposer d'un casier judiciaire vierge, tant dans leur pays d'origine qu'en Espagne. Le plus grand obstacle bureaucratique s'est avéré être, selon un rapport du quotidien espagnol « El País », l'obtention d'extraits de casier judiciaire en provenance des pays d'origine. Des milliers de personnes sont « piégées dans la bureaucratie » et tombent victimes d'escrocs qui exigent des sommes exorbitantes pour de faux rendez-vous ou de faux documents, a critiqué la vice-présidente du groupe parlementaire Aina Vidal.
Plus de la moitié des demandeurs viennent des trois pays suivants : Colombie, Venezuela et Maroc. Plus d'un quart des demandes déposées jusqu'à la mi-juin proviennent de personnes originaires de Colombie ; le deuxième groupe le plus important est celui des Marocaines et Marocains (environ 14 %). Environ 90 % viennent d'Amérique latine, environ 10 % d'Afrique et d'Asie. La plupart des demandeurs ont entre 25 et 44 ans ; un autre quart environ a moins de 25 ans.
Origine des demandeurs
Les chiffres les plus récents du ministère de l'Intérieur datent de la mi-juin : à cette date, plus de 900 000 demandes étaient déjà parvenues aux autorités et 360 000 avaient été validées pour traitement. 360 000 d'entre elles avaient déjà été admises pour traitement définitif. Jusqu'ici, environ un tiers a reçu une réponse positive.
Les autorités disposent de trois mois pour examiner les demandes. Ceux qui peuvent prouver avoir vécu en Espagne sans interruption pendant au moins cinq mois avant fin 2025 et qui n'ont pas commis d'infraction pénale au cours des cinq dernières années – ni en Espagne ni dans un précédent pays de séjour – obtiennent un permis provisoire de séjour et de travail. Le titre délivré est un permis de séjour et de travail valable exclusivement pour l'Espagne, et non pour l'espace UE-Schengen. Les enfants des concernés sont également légalisés.
Nombre des demandeurs – en particulier ceux originaires d'Amérique latine – étaient entrés dans le pays en tant que touristes et y étaient ensuite restés. Comme justificatif de séjour, des factures d'électricité ou de téléphone, une inscription au registre de la population ou des documents relatifs à des visites médicales suffisent. « El País » cite une Cubaine de 71 ans qui travaillait jusqu'ici à Madrid comme agente de nettoyage et dans les soins aux personnes âgées. Pour elle, la procédure représente un pas hors de l'ombre vers une vie dans la dignité.
Résistance de l'opposition conservatrice
Le Parti populaire (PP) conservateur et l'extrême droite Vox ont tenté en vain d'arrêter la légalisation devant la justice. Vox et d'autres ont saisi la Cour suprême, selon le quotidien « El País ». Dans les régions dirigées par des partis de droite, comme Madrid, les autorités ont mis des bâtons dans les roues des concernés à chaque occasion. Ainsi, les transports publics de la capitale ont refusé de délivrer des attestations de possession de cartes mensuelles de bus et de train.
L'opposition conservatrice a critiqué le projet avec virulence. La légalisation saturerait le système de santé, affirment-ils notamment. Le PP et Vox ont déclaré que la régularisation allait saturer le système de santé. Le partenaire de coalition de gauche de Sánchez, Sumar, a de son côté réclamé ces derniers jours une prolongation des délais.
Plan d'intégration du gouvernement
Le président du gouvernement Sánchez a présenté mardi, juste à l'expiration du délai de dépôt des demandes, un plan d'intégration. 505 millions d'euros seront investis dans des mesures visant à favoriser l'insertion des migrants dans la société. Avec le slogan « D'où viennent-ils ? Ils viennent pour construire le pays avec nous », il a appelé à l'acceptation. « L'intégration n'est pas possible sans régularisation », avait déclaré Sánchez auparavant.
Dans le même temps, il a admis que l'intégration des migrants posait des défis au pays. « La migration n'est pas un problème, mais une nécessité », avait également souligné l'actuel président du gouvernement espagnol Pedro Sánchez l'été dernier. Nous voulons que le monde voie l'Espagne comme un pays qui respecte, protège et garantit les droits humains, a déclaré Sánchez.
Importance économique de la migration
L'Espagne a en réalité besoin, selon les estimations, de jusqu'à 300 000 migrantes et migrants par an pour maintenir la croissance économique et la population active, souligne l'expert espagnol du marché du travail Carlos Victoria. L'Espagne enregistre un afflux net annuel d'environ 600 000 immigrants. 90 % des emplois créés entre janvier 2024 et mars 2025 ont été occupés par des immigrants. Les immigrants représentent 23 % de la population active.
Contexte historique des légalisations antérieures
Il s'agit de la cinquième légalisation de migrants depuis le retour de l'Espagne à la démocratie dans les années 1970. Aucune n'a été aussi massive. Il y a déjà eu plusieurs centaines de milliers de légalisations entre 1985 et 2005, y compris sous gouvernement conservateur. Le chef du gouvernement conservateur José María Aznar a initié pas moins de trois procédures extraordinaires de régularisation (1996, 2000 et 2001). Au cours d'une procédure de quatre mois, 576 506 immigrants sans papiers en règle ont obtenu un droit de séjour.
Peu après son entrée en fonction, le socialiste José Luis Rodríguez Zapatero a également lancé en 2005 la dernière grande procédure extraordinaire de régularisation. Au cours de ses huit années au pouvoir, 524 621 immigrants originaires de pays tiers ont obtenu un titre de séjour par ce biais. L'Espagne suit ainsi une ligne politique migratoire différente de celle de la plupart des autres États de l'UE.
Le nombre de ressortissants de pays tiers sans titre de séjour en règle en Espagne s'élève cette année à 840 000 personnes, soit huit fois plus qu'en 2017. L'Espagne compte – en avril 2025 – 6,9 millions d'étrangers. S'y ajoutent 2,5 millions de personnes qui ont entre-temps acquis la nationalité espagnole mais sont nées hors d'Espagne.
« Il est juste que celles et ceux qui contribuent à la prospérité et au développement du pays reçoivent une réponse rapide à leurs préoccupations », avait déclaré dès janvier Mauricio Valiente, président de la Commission espagnole d'aide aux réfugiés (CEAR). Elle a qualifié dans l'ensemble le programme « d'intelligent et pragmatique ». Les chiffres définitifs doivent être communiqués cette semaine après l'expiration du délai ; on s'attend
Espagne : 1,3 million de demandes de régularisation – délai | actualites360