Le président hongrois Sulyok signe sa propre destitution et transmet ses fonctions à la présidente du Parlement Fortshoffer
Budapest, 18 juillet 2026
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Summary
Le président hongrois Tamás Sulyok a signé des amendements constitutionnels prévoyant la fin immédiate de son mandat. Jusqu'à l'élection d'un nouveau chef de l'État, la présidente du Parlement, Csaba László Fürjes-Fortshoffer, assure l'intérim.
Budapest, 18 juillet 2026
Le président hongrois Tamás Sulyok a signé ce week-end une révision constitutionnelle prévoyant la fin immédiate de son propre mandat ; jusqu'à l'élection d'un nouveau chef de l'État, la présidente du Parlement, Csaba László Fürjes-Fortshoffer, assure l'intérim.
Contexte : Sulyok et Orbán
Le président hongrois Tamás Sulyok a, selon les indications du Premier ministre Péter Magyar, signé des amendements constitutionnels qui prévoient également la fin immédiate de son mandat. En conséquence, Sulyok ne sera plus président à partir de lundi. Sulyok est en fonction depuis mars 2024. Il a qualifié la décision parlementaire concernant sa destitution d'anticonstitutionnelle. Il estimait toutefois n'avoir aucune possibilité juridique de s'y opposer.
Le Parlement hongrois avait approuvé les amendements constitutionnels cette semaine. 139 députés ont voté en faveur du texte présenté par le Premier ministre Magyar. C'est ce que rapporte le portail en ligne « HVG.hu ». Cette information a été diffusée le 18.07.2026 dans l'émission Deutschlandfunk.
Son successeur Magyar avait annoncé, après sa victoire électorale en avril, vouloir démanteler le système d'Orbán. Magyar avait déjà laissé entrevoir en juin la destitution de Sulyok et l'avait qualifié de « marionnette » d'Orbán.
Les critiques de Magyar envers Sulyok
Magyar a argué d'une « perte de confiance grave » subie par Sulyok. Sulyok aurait dû veiller au fonctionnement démocratique de l'État, selon le nouveau Premier ministre : « Er tat aber gar nichts. »
La révision constitutionnelle constitue un « exemple grave et historique d'abus de pouvoir politique », a écrit Sulyok dans une prise de position sur Facebook. Il avait qualifié les reproches de Magyar d'« incompréhensibles et anticonstitutionnels ». Il serait « inopportun de passer outre la volonté démocratique du peuple et le mandat ».
Magyar avait reproché à Sulyok, en fonction depuis 2024, d'avoir soutenu la politique d'Orbán. Sulyok est décrit comme un ami politique de l'ancien chef du gouvernement Orbán.
Transition des fonctions
La présidente du Parlement, Fortshoffer, exercera la fonction jusqu'à l'élection d'un nouveau chef de l'État. Dans un délai de 30 jours, le Parlement doit désormais élire un nouveau président ou une nouvelle présidente.
La révision prévoit en outre que les fonctions des juges constitutionnels prendront fin automatiquement à la fin de leur 70e année de vie. Cela concerne actuellement quatre des 15 juges constitutionnels au total, dont le président Peter Polt, considéré comme un loyaliste d'Orbán.
Il a également été décidé, par cette révision constitutionnelle, que le mandat des députés sera limité à douze ans à partir de 2030. Cette règle entrera en vigueur lors des prochaines élections législatives de 2030.
Contenu de la révision constitutionnelle
Magyar prévoit en outre, avec son parti Tisza, l'élaboration d'une constitution entièrement nouvelle, destinée à remplacer la « Loi fondamentale » imposée par Orbán en 2011. Il veut notamment faire adopter une nouvelle constitution.
Magyar a souligné que son parti de centre-droit avait reçu, lors de sa victoire électorale en avril, un mandat clair pour transformer l'État : « Es wäre ein Verrat an der ungarischen Nation, wenn wir diese Verfassung nicht ändern würden. » Avec ces décisions, quelque chose serait désormais restitué au peuple hongrois que « das Orbán-Regime seit vielen Jahren zu nehmen versucht: die Gewissheit, dass Macht begrenzt, Gemeineigentum zurückgewonnen und der Staat wieder seinen Bürgern (…) dienen kann », a réagi Magyar samedi.
Le politologue Gábor Török a parlé d'un précédent : « Wenn eine Waffe auf den Tisch gelegt wird, bedeutet das, dass sie auch eingesetzt werden kann (…). » Amnesty International avait déjà qualifié les projets de Magyar visant à destituer le président d'« inacceptables ».
Réactions et critiques
La constitution en vigueur depuis 2012 avait été imposée par Orbán grâce à sa majorité des deux tiers au Parlement de l'époque et sans référendum populaire. Magyar a argué d'une « perte de confiance grave » subie par Sulyok.
Dans une allocution diffusée sur Facebook, Sulyok a en outre déploré que désormais tout chef d'État en Hongrie soit « der Exekutive und der Politik ausgeliefert » et n'ait plus aucune « Kontrollfunktion ».
Magyar avait déjà laissé entrevoir en juin la destitution de Sulyok et l'avait qualifié de « marionnette » d'Orbán. Lundi dernier, le Parlement hongrois a approuvé une modification constitutionnelle visant à destituer Sulyok.
Perspective : nouvelle constitution
Magyar a qualifié Sulyok de « Marionette ». Le nouveau Premier ministre Péter Magyar avait, après l'adoption parlementaire de la révision constitutionnelle lundi dernier, accordé au chef de l'État un délai de cinq jours pour la contre-signature.
La limite d'âge concerne environ quatre des 15 juges constitutionnels, dont le président Peter Polt, considéré comme un loyaliste d'Orbán. Une limite d'âge de 70 ans a également été fixée pour les juges constitutionnels et les juges de la Cour suprême.
Il avait été député sans interruption de 1990 jusqu'à présent. La révision prévoit en outre que les fonctions des juges constitutionnels prendront fin automatiquement à la fin de leur 70e année de vie.
Questions & Réponses
Qui est Tamás Sulyok ?
Tamás Sulyok est président de la Hongrie depuis mars 2024. Il est décrit comme un ami politique de l'ancien chef du gouvernement Viktor Orbán.
Pourquoi Sulyok a-t-il été destitué ?
Le Premier ministre Péter Magyar avait reproché à Sulyok d'avoir soutenu la politique d'Orbán et de n'avoir rien entrepris contre son système. Magyar a parlé d'une perte de confiance grave.
Qui assure désormais l'intérim ?
Jusqu'à l'élection d'un nouveau chef de l'État, la présidente du Parlement, Csaba László Fürjes-Fortshoffer, assure l'intérim. Le Parlement doit élire un nouveau président ou une nouvelle présidente dans un délai de 30 jours.
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