Le président de la Chambre économique de Vienne Ruck sous pression : Görg s'attend à une démission
Vienne, 23 juillet 2026
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Summary
L'ancien chef du ÖVP viennois Bernhard Görg juge irréaliste le maintien de Walter Ruck à la tête de la Chambre économique de Vienne. Ruck subit une pression massive en raison de propos misogynes tenus lors de prétendus « entretiens à la cave à vin », tandis que les réactions politiques se font pour l'instant silencieuses.
Vienne, 23 juillet 2026
Lors de l'entretien ZIB2 avec Armin Wolf, l'ancien chef du ÖVP viennois Bernhard Görg a exprimé des doutes sur la survie politique de Walter Ruck en tant que président de la Chambre économique de Vienne et qualifié de déterminante la pression croissante sur l'homme politique du ÖVP.
À l'origine du débat, un protocole divulgué attribue à Walter Ruck plusieurs propos misogynes qui auraient été tenus lors de prétendus entretiens à la cave à vin. On y lit, entre autres, selon les médias : „Alle wichtigen Macht-Fragen werden im Weinkeller, bei einer Stelze oder im Schloss ausgepackelt; Parteifreunde und Familienmitglieder mit bestbezahlten Posten versorgt; die schwarzen und roten Bonzen teilen sich die Republik auf unverschämteste Weise auf." Au moment de la couverture médiatique, Ruck lui-même ne s'était pas exprimé publiquement.
Ruck sous pression : Görg attend la démission du président | actualites360
Interrogé jeudi lors de l'édition nocturne de l'ORF, Görg a déclaré qu'à titre personnel il ne croyait pas que Ruck survivrait politiquement à la controverse : „Persönlich glaube ich nicht, dass Ruck das überstehen wird, aber das heißt nicht, dass ich sage, er muss zurücktreten." Il a fondé son évaluation sur l'énorme pression publique : „Es wird sich einfach nicht ausgehen." Dès mercredi, Görg avait déclaré à l'APA : „Der Druck sei zu groß."
L'évaluation de Görg dans le ZIB2
Görg a par ailleurs placé le caractère des propos au centre du débat. „Diese Drastik der Aussage, die ich aber glaube, hätte ich ihm nicht zugetraut", a-t-il déclaré. Toutefois, de tels propos ne devraient pas être pris « à leur valeur nominale ». Dans le même temps, il a rejeté comme inappropriée la critique formulée par Ruck à l'encontre du ÖVP viennois : „Es ist billig, auf eine Partei draufzuhauen, die so stark verloren hat wie die Wiener ÖVP. Dieser Versuchung hat sich Ruck nicht entziehen können."
Selon Görg, le président de la Chambre économique de Vienne se caractérisait par la vanité et une surestimation de son propre rôle : „Kammerpräsidenten zeichnen sich immer durch Eitelkeit aus." L'amitié entre Ruck et le maire de Vienne Michael Ludwig serait en réalité une union d'intérêts : „Beide profitieren vom pausenlos gemeinsam Fotografiertwerden. Der Bürgermeister übernimmt von der vermuteten Wirtschaftskompetenz des Wirtschaftskammerpräsidenten selbst Wirtschaftskompetenz. Und Ruck kann sagen, er setze viel mehr durch: ‚Schaut, wie eng ich mit dem Bürgermeister bin.' Das sind Zweckfreundschaften."
Silence au sein du gouvernement municipal viennois
En politique intérieure viennoise, le silence saute aux yeux. Le maire Michael Ludwig, qui aime qualifier Vienne de « ville des femmes », ne s'est jusqu'ici pas exprimé publiquement sur les accusations visant son « ami proche » Ruck. Selon les médias, dans l'après-midi, alors que les premières réactions circulaient déjà, Ludwig aurait encore défendu Ruck. Entre-temps, selon les informations disponibles, une prise de position négative de la Fédération économique social-démocrate aurait été rendue publique, apparemment sans l'accord de Ludwig.
La vice-maire Barbara Novak, citée à Vienne comme éventuelle prochaine maire, s'est également tue. Novak est considérée comme une « féministe passionnée » – et c'est précisément elle qui est « perçue dans le discours public comme une exécutante docile ». Aucune déclaration de sa part n'a eu lieu jusqu'ici. La ministre des Femmes Eva-Maria Holzleitner, dont le portefeuille couvre la politique d'égalité, s'est également montrée « étonnamment calme » sur cette affaire.
L'affaire dépasse le seul cas Ruck. Depuis des années, on déplore le trop faible nombre de femmes aux postes de direction. Dans les enregistrements divulgués, Ruck aurait en outre adressé un « ordre » à sa propre vice-présidente de « faire de la place à une position politique » pour son fils – elle aurait « salué ». Le Wirtschaftsbund compétent aurait dépêché la femme concernée quelques jours plus tard pour expliquer que « nous savons bien que les hommes aiment à bavarder de manière désinvolte entre eux ».
Les entretiens à la cave à vin comme test politique décisif
Pour resituer l'affaire, Görg renvoie également à ses prédécesseurs à la fonction : „Nach Harald Mahrer sorgt der nächste Kammerpräsident für Wirbel." Il est par ailleurs envisagé que les enregistrements aient pu être montés et ainsi sortis de leur contexte. Görg ne conteste pas fondamentalement cela, mais souligne qu'il croit aux propos tenus par Ruck.
Le débat sur les personnes tombe à un moment où le SPÖ viennois discute d'éventuels successeurs à la tête de la ville. Comme « autre maire potentiel », on cite le conseiller municipal à la Démocratie Jürgen Czernohorszky. C'est de l'arrondissement SPÖ de Penzing qu'est historiquement issue Johanna Dohnal, première ministre des Femmes d'Autriche – un état de fait qui rend le silence actuel du SPÖ particulièrement sensible.
Dans l'émission, Görg a tiré un fil entre caractère, culture politique et personne : „Angesichts solcher Weinkellergespräche" sei das Vertrauen in die Kammerführung erschüttert. Même si Ruck lui-même garde encore le silence, ses jours à la présidence de la Chambre économique de Vienne semblent comptés du point de vue de son ancien partenaire du ÖVP.
Perspectives : succession et portée de l'affaire
Un fait est certain : tant que ni Ruck ni les principaux représentants du gouvernement viennois ne prennent position, l'affaire restera un test décisif de la manière dont sont traités les propos misogynes dans la politique économique et municipale autrichienne.
L'attention suscitée par l'affaire dépasse désormais la seule scène politique viennoise. La ministre des Femmes Holzleitner est sollicitée au niveau fédéral, et la Chambre économique elle-même se voit confrontée à une crise de direction qui dépasse la seule personne de Ruck.
Les observateurs interprètent le silence collectif comme symptomatique d'une classe politique qui ne se positionne souvent qu'avec hésitation face aux manquements à l'égalité. Le diagnostic public posé par Görg, selon lequel Ruck ne « surmontera pas » cette épreuve, accentue encore cette pression.
Il est également remarquable que Görg ait reconnu ne pas vouloir prendre de tels propos « à leur valeur nominale » – une formulation qui fait l'objet de débats controversés dans la discussion publique, car elle contient à la fois une forme de relativisation et une forme de validation.