Deutscher Filmpreis 2026 : « In die Sonne schauen » rafle | actualites360
Le drame « In die Sonne schauen » triomphe au Deutscher Filmpreis avec dix trophées
Berlin, 29 mai 2026
Martin Kraft / Wikimedia Commons / CC BY-SA 3.0
Summary
Le drame « In die Sonne schauen » de Mascha Schilinski a remporté la Goldene Lola du meilleur film lors du Deutscher Filmpreis vendredi soir à Berlin, totalisant dix récompenses. La cérémonie a également été marquée par le prix d’interprétation décerné à Senta Berger, 85 ans, et par le discours de Wim Wenders sur une scène controversée de son film « Falsche Bewegung ».
Berlin, 29 mai 2026
Le drame « In die Sonne schauen » de la réalisatrice Mascha Schilinski a été le grand vainqueur du Deutscher Filmpreis vendredi soir à Berlin, décrochant la Goldene Lola du meilleur long-métrage et neuf autres distinctions lors de la cérémonie la plus prestigieuse du cinéma allemand.
Le triomphe de « In die Sonne schauen »
Le film a dominé la soirée en remportant un total de dix prix, dont la récompense suprême de la Goldene Lola. Le long-métrage s’est imposé face à une sélection relevée, confirmant son statut de favori de la critique et du public. La Deutsche Filmakademie, qui compte environ 2 400 membres, a voté pour désigner les lauréats dans la plupart des catégories, selon un fonctionnement similaire à celui des Oscars aux États-Unis.
Le Politthriller « Gelbe Briefe » du réalisateur İlker Çatak a reçu la Lola d’argent, tandis que la Lola de bronze est revenue à la comédie dramatique « Ach, diese Lücke, diese entsetzliche Lücke ». La Lola, décernée chaque année depuis 1951, est considérée comme la plus importante distinction pour les professionnels du cinéma en Allemagne.
Senta Berger, une consécration à 85 ans
L’actrice Senta Berger, âgée de 85 ans, a été sacrée meilleure actrice principale pour son rôle dans l’adaptation littéraire « Ach, diese Lücke, diese entsetzliche Lücke ». Cette récompense marque un moment historique pour la comédienne, qui a reçu sa toute première nomination au Deutscher Filmpreis cette année. Dans le film réalisé par son fils Simon Verhoeven, elle incarne la grand-mère du protagoniste Joachim.
Sur scène, l’émotion était palpable. Senta Berger a confié au public :
« Ich bin erst morgen glücklich. »
Elle a ajouté :
« Ich bin aber aufgeregt. »
Son fils, le réalisateur Simon Verhoeven, avait salué sa nomination avec tendresse avant même l’annonce du palmarès. Il avait déclaré :
« Mama, ich gratuliere dir zu deiner allerersten Nominierung für den Deutschen Filmpreis mit 85 Jahren. »
Lorsque l’actrice a remporté le prix, il lui a donné un baiser sur scène. Verhoeven a également livré un hommage vibrant à sa mère, expliquant avoir choisi de la diriger parce qu’elle était la meilleure actrice pour le rôle. Il a décrit une expérience de tournage singulière :
« Wenn man mit seiner Mutter einen Film dreht, so führt das natürlich dazu, dass man als Regisseur am Set ständig "Mama" sagt. »
Et d’ajouter :
« Was nicht unbedingt ideal ist oder autoritätsfördernd, aber in diesem Fall war es ganz wunderbar. »
Le cinéaste a ensuite livré un témoignage bouleversant sur le travail de sa mère devant la caméra :
« Ich habe eine andere Frau gesehen, eine Frau, die mir fremd war und die mir trotzdem so nahe kam. »
Il a poursuivi :
« Ich habe deine Verletzlichkeit gesehen, deine Empfindsamkeit, deinen Humor, dein Herz, aber in einer neuen Form, einer neuen Hülle, einem neuen Rhythmus, einem anderen Menschen. »
Les autres grands gagnants de la soirée
Le prix du meilleur acteur principal a été attribué à August Diehl pour son interprétation dans « Das Verschwinden des Josef Mengele ». Le comédien a su convaincre les membres de l’académie avec ce rôle exigeant dans un film traitant d’une page sombre de l’histoire.
Dans la catégorie du meilleur second rôle, c’est Michael Wittenborn, partenaire de Senta Berger dans « Ach, diese Lücke, diese entsetzliche Lücke », qui a été honoré. Le meilleur film documentaire est « Siri Hustvedt - Dance Around the Self », tandis que la Lola du meilleur film pour enfants a été décernée à « Zirkuskind ». Le prix du film ayant attiré le plus de spectateurs est revenu cette année à « Das Kanu des Manitu » de Michael « Bully » Herbig.
La cérémonie, qui se tenait au Funkturm de Berlin, a rassemblé environ 1 900 invités, parmi lesquels le ministre d’État à la Culture, Wolfram Weimer. La soirée a toutefois connu un incident technique : une panne inattendue de la régie son a provoqué une interruption temporaire de la retransmission télévisée. Une porte-parole de la direction des programmes de l’ARD a précisé :
« Aufgrund eines unerwarteten Ausfalls der Saaltechnik kam es während der Übertragung des Deutschen Filmpreises am Freitagabend zu einer vorübergehenden Unterbrechung des Programms. »
Wim Wenders et la scène controversée de « Falsche Bewegung »
Le réalisateur Wim Wenders, connu pour des œuvres majeures telles que « Perfect Days » et « Paris, Texas », a reçu le prix d’honneur de la Deutsche Filmakademie pour l’ensemble de sa carrière. Acclamé par une standing ovation, le cinéaste de 80 ans a profité de son passage sur scène pour aborder un chapitre douloureux de sa filmographie : la scène de nu controversée dans son film « Falsche Bewegung », sorti en 1975.
L’actrice Nastassja Kinski, alors âgée de 13 ans, y apparaît le torse nu. Wenders a reconnu que cette séquence appartenait à une époque révolue :
« Das würde ich heute nie mehr so machen. »
Il a décrit ce moment comme un épisode difficile de sa vie :
« Andere Welt. »
Le réalisateur a développé sa réflexion devant l’assemblée de professionnels du cinéma :
« Ich weiß heute mehr, viel mehr. Es gibt andere Sensibilitäten, wir leben in einer völlig anderen Welt als vor 50 Jahren. »
Selon la « Süddeutsche Zeitung », Nastassja Kinski tente depuis des années de faire retirer cette scène du film. Elle a récemment confié au quotidien :
« Obwohl ich mit 13 noch nicht so viel wusste, habe ich schon gemerkt, dass das nicht in Ordnung war. »
Face à cette demande, Wenders a exprimé son trouble et sa solitude sur cette question. Il a interrogé le public :
« Kann man einen Film im Nachhinein kürzen? »
Et d’ajouter :
« Und ich bin auch ratlos. »
Le cinéaste a élargi le débat à l’ensemble de la profession, posant une question fondamentale sur la préservation du patrimoine cinématographique :
« Wie geht man mit Filmerbe um? »
Il a souligné l’enjeu collectif que représente une éventuelle modification de l’œuvre :
« Angenommen, er kürze den Film, dann sei das ein Präzedenzfall, der "euch alle" betreffe. »
Wenders a mis en garde contre les conséquences d’une telle décision :
« Dann ist es bei allen anderen Filmen später möglich. »
Il a conclu en appelant à un dialogue ouvert au sein de l’industrie :
« Ich möchte es diskutieren und ich möchte da nicht alleine bleiben. »
Une soirée sous le signe de l’émotion et du débat
Le retour sur scène de Senta Berger a constitué l’un des moments les plus forts de la cérémonie. L’actrice, visiblement submergée par l’émotion, a laissé échapper quelques mots avant de quitter le pupitre. Elle a simplement déclaré, en évoquant l’intensité de l’instant :
« Heute ist es einfach zu viel. »
Cette édition 2026 du Deutscher Filmpreis restera ainsi marquée par le sacre d’un