Le comité de coalition se penche sur les impôts, les retraites et les soins de longue durée
Berlin, 1er juillet 2026
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Summary
Les dirigeants de l'Union et du SPD se réunissent mercredi à la Chancellerie pour ce qui s'annonce comme le comité de coalition décisif avant la pause estivale. Au programme figurent des allégements fiscaux, la réforme des retraites, la stabilisation de l'assurance maladie et de l'assurance dépendance, ainsi que la réduction de la bureaucratie et la flexibilisation du marché du travail.
Berlin, 1er juillet 2026
Les dirigeants de l'Union et du SPD se sont retrouvés mercredi à la Chancellerie pour ce qui pourrait être la réunion décisive sur leur paquet de réformes avant la pause estivale.
Les dirigeants de la CDU, de la CSU et du SPD se sont réunis mercredi après-midi à la Chancellerie, notamment avec les présidents des partis et les présidents des groupes parlementaires du Bundestag. La séance a débuté à 14h30. Selon les mots du porte-parole du gouvernement, Stefan Kornelius, la rencontre doit livrer « un grand paquet ». Les négociations pourraient, selon des sources de la coalition, se prolonger dans la nuit de mercredi à jeudi, voire aller au-delà.
Au programme du comité de coalition figurent des allégements fiscaux pour les petits et moyens revenus, des réformes du marché du travail ainsi que les retraites, la santé et les soins de longue durée. La flexibilisation du marché du travail et la réduction de la bureaucratie doivent également être abordées. Les dirigeants de la coalition rencontrent à cet effet les employeurs et les syndicats. Il s'agit vraisemblablement de la dernière réunion de la plus importante instance décisionnelle de la coalition en dehors du cabinet avant la pause estivale.
Les thèmes en un coup d'œil
Dans l'accord de coalition, l'Union et le SPD étaient convenus de créer « la possibilité d'une durée maximale de travail hebdomadaire plutôt que quotidienne ». Il s'agit d'offrir davantage de flexibilité aux salariés comme aux entreprises. Des critiques virulentes sont toutefois venues de la CDU contre toute modification de la journée de huit heures, de même que des organisations patronales. Le ministère de la ministre du Travail Bärbel Bas (SPD) a en parallèle élaboré une sorte de solution minimaliste : des durées de travail quotidiennes plus longues ne seraient possibles que si elles sont négociées dans des conventions collectives ou des accords d'entreprise. Un enregistrement électronique du temps de travail deviendrait obligatoire. La ministre des Affaires sociales Bärbel Bas (SPD) a toutefois déclaré publiquement qu'elle préférerait ne pas toucher au sujet, d'autant que les syndicats y opposent une vive résistance.
Dispute sur le temps de travail
La réforme de l'impôt sur le revenu est considérée comme le point le plus épineux de l'ordre du jour. La coalition veut, avec effet au 1er janvier 2027, alléger en priorité les petits et moyens revenus. La présidente du SPD, Bärbel Bas, a évoqué un volume d'allégements de 500 euros par an. Les allégements doivent profiter en premier lieu aux salariés percevant un salaire brut mensuel compris entre 2 500 et 3 000 euros. Le ministre des Finances Lars Klingbeil (SPD) a soumis aux dirigeants de la coalition deux propositions servant de base aux négociations : un modèle plus modeste avec des allégements d'environ dix milliards d'euros, et un modèle plus ambitieux d'environ 25 milliards d'euros.
Réforme fiscale : modèles et conflits
Le SPD souhaite un taux marginal supérieur plus élevé et une hausse des droits de succession pour financer la réforme, ce que l'Union refuse. Klingbeil propose apparemment deux modèles pour une réforme fiscale. Selon l'un des modèles, des allégements à hauteur de 28 milliards d'euros sont prévus, financés par une hausse des droits de succession. Sont également évoqués un relèvement de l'impôt sur la fortune, une hausse de la TVA, des coupes dans les subventions ou des économies budgétaires. Une hausse de l'impôt sur la fortune d'un point de pourcentage rapporterait environ un milliard d'euros supplémentaires, une hausse du taux normal de TVA d'un point de pourcentage rapporterait quelque 16 milliards d'euros.
Le secrétaire général de la CDU, Carsten Linnemann, avait récemment signalé dans le magazine ARD-Bericht aus Berlin une ouverture de principe à un relèvement de l'impôt sur la fortune, qui pourrait s'appliquer à partir d'un revenu annuel de 200 000 euros. L'Union est certes opposée aux hausses d'impôts, mais il est envisageable qu'elle fasse un pas sur ce que l'on appelle l'impôt sur la fortune. Une baisse du taux de TVA sur les denrées alimentaires à zéro pour cent est également discutée. Le taux normal de TVA se situe actuellement à 19 pour cent. La directrice générale de la Chambre allemande de l'industrie et du commerce (DIHK), Helena Melnikov, a averti qu'une hausse du taux marginal d'imposition frapperait surtout le commerce, les entreprises familiales et les sous-traitants industriels.
Sur les retraites, le chancelier Friedrich Merz comme la ministre du Travail Bärbel Bas (SPD) veulent mettre en œuvre intégralement les résultats de la commission des retraites. La commission des retraites avait présenté la semaine précédente 33 recommandations portant sur le niveau des pensions, l'âge de départ à la retraite et les cotisations. Merz a déclaré vouloir mettre en œuvre les propositions « dans leur intégralité ». Les lois nécessaires doivent être élaborées d'ici la fin de l'année. Le comité de coalition devrait adopter le calendrier ; les grandes lignes de la réforme seront probablement soumises au cabinet avant la pause estivale. Selon le chancelier Merz, la réforme des retraites doit passer par le Bundestag avant la fin de l'année.
Retraites : calendrier et points en suspens
Les points de désaccord portent notamment sur l'obligation d'assurance retraite pour les minijobs ou le couplage de l'âge de départ à la retraite avec l'espérance de vie. La responsable des politiques sociales au SPD, Klose, membre de la commission des retraites, a déclaré sur Deutschlandfunk que le comité de coalition ne devait pas se contenter du plus petit dénominateur commun, mais devait considérer les réformes sociales comme un projet commun ; la commission des retraites pourrait servir de modèle à une coopération résolue entre l'Union et le SPD. Klose a toutefois souligné qu'il ne restait plus qu'une seule semaine de séance au Bundestag avant la pause estivale – ce que l'on peut traduire en lois dans ce laps de temps est limité.
Quelques voix discordantes se font toutefois entendre – surtout celle de la ministre-présidente de Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, Manuela Schwesig (SPD), qui doit affronter une élection en septembre. Elle a exprimé des réserves sur les projets en matière de retraites. La coalition espère en outre un effet d'entraînement pour les élections régionales de l'automne. Le chef du groupe parlementaire SPD au Bundestag, Dirk Wiese, a déclaré : « Nous voulons franchir la ligne d'arrivée sur les sujets centraux. »
Concernant la stabilisation des caisses légales d'assurance maladie, la coalition est sous pression. Le déficit financier des caisses légales, qui doit être comblé d'ici 2027 pour stabiliser les cotisations, s'est encore creusé. La ministre de la Santé, Nina Warken (CDU), a averti lors d'un débat au Bundestag que l'assurance maladie légale ferait face l'année prochaine à un déficit de 19 milliards d'euros, qui pourrait atteindre quelque 44 milliards d'euros d'ici 2030. La réforme, qui doit éviter de nouvelles hausses des cotisations d'assurance maladie, est la plus avancée. L'objectif déclaré est l'adoption de la loi d'économies au Bundestag la semaine prochaine, juste avant la pause estivale. La réforme du financement des caisses légales d'assurance maladie aurait déjà dû être rediscutée une nouvelle fois une semaine plus tôt, mais le rendez-vous a été reporté.
Assurance maladie et dépendance sous pression
Sur l'urgence de la stabilisation des finances de la dépendance, les positions au sein de la coalition divergent sensiblement, comme l'a clairement montré un projet de la ministre Nina Warken (CDU). Le ministère fédéral de la Santé avait présenté début juin un projet de réforme de la dépendance prévoyant notamment des coupes dans les cotisations de retraite, des critères plus stricts pour la classification des degrés de dépendance, une croissance plus lente des allocations pour frais de séjour en établissement et la suppression du plafond de revenu de 100 000 euros pour les enfants de parents dépendants. Ce sont désormais surtout de nouveaux freins aux dépenses qui se profilent – par exemple sur les cotisations retraite pour les proches aidants, les critères de classification des degrés de dépendance et les suppléments d'allègement pour les résidents en établissements. Les communes se sont déjà mobilisées face au risque de dépenses supplémentaires d'aide sociale. Le projet a suscité de vives critiques de la part des Länder, du SPD, de la CSU, des défenseurs des patients et des caisses d'assurance maladie compétentes. La réforme de la dépendance ne sera probablement examinée au Bundestag qu'à l'automne.
Contrairement à l'assurance maladie, l'assurance dépendance ne prend en charge qu'une partie des coûts, de sorte que les personnes dépendantes doivent acquitter des parts restant à leur charge toujours plus élevées. Les organisations économiques citent régulièrement l'excès de bureaucratie comme l'un des principaux freins à la croissance. La coalition s'est fixé pour objectif de réduire sensiblement la bureaucratie, d'accélérer les procédures de planification et d'autorisation, de raccourcir les obligations de rapport et de numériser les démarches administratives. De nombreuses prescriptions viennent de Bruxelles – au niveau européen, le gouvernement fédéral pousse également à des allégements.
Plusieurs députés SPD de gauche s'opposent aux coupes sociales. Ils citent comme
Comité de coalition du 1er juillet 2026 : impôts | actualites360