Le chef de la Cour des comptes du Burgenland, Wenk, met en garde contre des pertes de plusieurs milliards – la classe politique réagit par des attaques
Eisenstadt, le 10 juillet 2026
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Summary
La Cour des comptes du Land de Burgenland a vérifié les comptes de l'exercice 2023 et met en garde contre une perte cumulée de près d'un milliard d'euros d'ici 2026. La classe politique réagit par de vives critiques à l'encontre du directeur René Wenk, tandis que le Land présente la situation autrement.
Eisenstadt, le 10 juillet 2026
La Cour des comptes du Land de Burgenland (BLRH) a vérifié les comptes de l'exercice 2023 du Land de Burgenland et met en garde contre une perte cumulée de près d'un milliard d'euros d'ici 2026, ce qui a conduit des acteurs politiques à attaquer le directeur de l'organe de contrôle.
La Cour des comptes du Land de Burgenland (BLRH) a vérifié les comptes de l'exercice 2023 du Land de Burgenland et livré des perspectives sombres sur l'évolution future des finances du Land. Le directeur René Wenk a constaté un "akuten und erheblichen Handlungsbedarf des Landes", car les réserves étaient épuisées. L'audit aurait montré "weiterhin erhebliche Mängel in der Rechnungslegung des Landes", a conclu Wenk : "Besonders besorgniserregend ist die Ergebnisentwicklung und der negative finanzielle Ausblick."
Le compte de résultat affichait pour l'année 2023 des produits de 1,46 milliard d'euros et des charges de 1,55 milliard d'euros. En additionnant les années 2020 à 2026, on obtient une perte totale de 1 milliard d'euros, qui réduira d'autant la fortune nette. Wenk a déclaré à ce sujet : "Man kann sagen, das letzte Tafelsilber wurde dann verwertet."
Les liquidités s'élevaient encore à plus de 300 millions d'euros en 2021, ont chuté à environ 220 millions d'euros fin 2023, et en 2024 elles étaient presque entièrement épuisées, à 18 millions d'euros. Les fonds BVOG, autrefois de 225 millions d'euros, ont également baissé à 105 millions d'euros fin 2023, à 33 millions d'euros en 2024, et étaient totalement épuisés en 2025. En 2025, le Land a dû contracter un prêt à court terme de 50 millions d'euros pour assurer sa liquidité.
Des réserves épuisées et une dette croissante
Les emprunts auprès de l'OeBFA s'élevaient à 236 millions d'euros en 2020, pour atteindre 610 millions d'euros en 2025. Les garanties pour les dettes externalisées dans les entreprises du Land ont atteint 1,38 milliard d'euros fin 2023, et en 2024 elles ont encore progressé à 1,56 milliard d'euros. L'endettement aurait également augmenté de manière "rasant" dans les entreprises du Land. "Für den Großteil dieser Schulden und ihre Rückzahlung haftet das Land."
Le BLRH a également examiné les comptes de l'exercice 2024 ainsi que les budgets prévisionnels pour les années 2025 et 2026 afin d'évaluer l'évolution économique future. Le budget prévisionnel du Land pour 2026 présentait plusieurs "Auffälligkeiten", a cité le BLRH, notamment une baisse des dépenses de personnel de 30 millions d'euros et des amortissements courants de 26 millions d'euros, des versements de dividendes de la holding du Land dans une "nie da gewesenen Dimension" de 60 millions d'euros, et la "einseitige Darstellung" de la vente des prêts au logement sans prise en compte des pertes qui en découlent, puisque les emprunteurs ne devaient rembourser que 75 pour cent du montant du prêt restant dû.
En 2026, les emprunteurs de prêts au logement se sont vu proposer un remboursement anticipé moyennant une décote de 25 pour cent. Pour cet effet de liquidité à court terme, le Land aurait renoncé, en raison des abattements, à plusieurs centaines de millions d'euros, "die es damit künftigen Generationen entzog". Cela a entraîné une perte d'environ -90 millions d'euros. La réduction prévue pour cette année, de 200 millions d'euros, doit être financée par la vente des prêts au logement.
Critiques sur la planification budgétaire et la situation patrimoniale
L'audit a également mis au jour des manquements persistants issus du bilan d'ouverture 2020, qui se sont prolongés jusqu'aux comptes de l'exercice 2023 et au-delà. Ainsi, le Land aurait inscrit des actifs "mit fraglicher Existenz ausgewiesen" : "Die genaue Vermögenslage blieb für den BLRH daher weiterhin unklar." Le BLRH a jugé particulièrement critique le fait qu'il y ait "weiterhin unklare Vermögenspositionen ohne entsprechende Wertberichtigungen". Des "deutliche Abweichungen" entre les budgets et l'évolution effective ont soulevé "Fragen zur Qualität der Budgetplanung", a-t-on indiqué, et Wenk a insisté sur une "bessere Planungsgenauigkeit".
Le Land de Burgenland a renvoyé, dans une réaction, aux "stabilen Landesfinanzen" et a déclaré que le désendettement était "bereits voll angelaufen". Avec le "Finanzstabilitätspaket 2026" et la loi burgenlandoise sur la stabilité budgétaire, le Land a déjà pris des mesures concrètes pour poursuivre le désendettement. Le Land ne comprend pas pourquoi le BLRH critique la baisse des liquidités, car cette mesure correspond à une recommandation antérieure du BLRH : "Die Zahlungsfähigkeit des Landes war dabei jederzeit gewährleistet. Ausreichende Finanzierungsmöglichkeiten und Kreditrahmen standen laufend zur Verfügung." Il a été reproché, en référence à la pandémie de Covid-19 et à la crise énergétique, que le BLRH fasse abstraction des années de crise. Les conclusions du BLRH dépasseraient "über den eigentlichen Prüfungsauftrag hinausgehen".
Réaction du Land : le désendettement est déjà en cours
La Cour des comptes du Land a également mentionné les notations publiées par le Land jusqu'en octobre 2024 par "Standard & Poor's", avec une note inchangée de "stabil". En avril 2025, la perspective est passée à "negativ", ce qui n'a toutefois plus été rendu public. Wenk a recommandé, au regard des critères de Maastricht, de "Politik zu überdenken und einen gewissen Spar-Gedanken zu verinnerlichen".
Après que le directeur de la Cour des comptes du Land, René Wenk, eut rapporté mercredi, sur la base de données du Land, l'état déplorable des finances du Land, le chef de groupe parlementaire Roland Fürst a recommandé sans tarder à la "teuersten Landesrechnungshof Österreichs" d'appliquer "guten Tipps beim Einsparen bei sich selbst anzuwenden". Le directeur doit "klar sein: Gesundheitspolitische Entscheidungen im Burgenland treffen gewählte Politikerinnen und Politiker – nicht ein Hilfsorgan des Landtages". Hans Peter Doskozil, encore sans voix après son opération, a privilégié mercredi les belles images aux chiffres rébarbatifs, en visitant Alfons Haider sur la scène du lac de Mörbisch, où sera joué à partir de la semaine prochaine "Ein Käfig voller Narren".
Attaques politiques contre le directeur de la Cour des comptes
Le FPÖ a en revanche constaté dans un communiqué un "alarmierendes Bild über die finanzielle Entwicklung unseres Bundeslandes". Le rapport actuel confirmerait "jene Fehlentwicklung, auf die wir Freiheitliche seit Jahren hingewiesen haben", selon le chef de groupe parlementaire Christian Ries. L'ÖVP a exigé dans un communiqué la fin de la "Schönfärberei". Le président du parti au Land, Christoph Zarits, a déclaré : "Statt nachhaltiger Finanzpolitik zeigt der Rechnungshof auf, dass Probleme verschoben, Risiken ausgelagert und die tatsächliche finanzielle Situation zunehmend verschleiert werden." Les Verts, qui avaient joué un rôle moteur lors de la fondation du BLRH en 2002, sont désormais le partenaire junior du SPÖ au sein du gouvernement du Land – et se taisent.
Pourtant, l'organe de contrôle est indispensable pour l'ensemble du Landtag, puisque, selon la Constitution, il sert à "Unterstützung des Landtages bei der (...) Gebarungskontrolle des Landes". Élu à l'unanimité en 2022 au Landtag, il était auparavant à la Cour des comptes fédérale et a exercé sa fonction à Eisenstadt de manière irréprochable jusqu'à présent.
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