Le Bundestag débat d'une éventuelle règle d'opposition au don d'organes
Berlin, 25 juin 2026
Prométhée / Wikimedia Commons / CC BY-SA 3.0
Summary
Le Bundestag a tenu jeudi un débat d'orientation de deux heures sur un éventuel passage à une règle d'opposition en matière de dons d'organes. Deux groupes transpartisans ont déjà préparé des premiers projets de texte, mais aucune motion concrète n'a encore été déposée devant le Parlement.
Berlin, 25 juin 2026
Le Bundestag a débattu jeudi, pendant deux heures, d'un éventuel passage à une règle d'opposition en matière de dons d'organes, dans le cadre d'un débat d'orientation, sans prendre de décisions.
Ce débat ne constitue pour l'heure qu'une discussion générale, sans décisions. Aucune motion concrète n'a encore été déposée devant le Parlement. Selon des sources parlementaires, les députés se réunissent pour un débat d'orientation, pour lequel deux heures sont prévues pour une discussion générale.
Jusqu'à présent, un consentement explicite est requis pour les prélèvements. Un groupe de députés transpartisan vise l'introduction d'une règle d'opposition. Cela signifierait pour les adultes : chacun est considéré automatiquement, dans un premier temps, comme donneur d'organes après sa mort — sauf si l'on s'y oppose activement.
Troisième tentative d'instaurer une règle d'opposition
Pour les partisans de la règle d'opposition, il s'agit déjà de la troisième tentative — après l'échec d'une première initiative au Bundestag en 2020 et l'impossibilité de soumettre une deuxième au vote en raison des élections anticipées de 2025. Une première tentative d'instaurer une règle d'opposition avait échoué au Bundestag en 2020.
Le groupe composé de députés de la CDU, de la CSU, du SPD, de Die Linke et des Verts argue que de nombreuses améliorations apportées ces dernières années n'ont pas permis d'augmenter significativement le nombre de dons. Parmi les soutiens figurent également les anciens ministres de la Santé Jens Spahn (CDU) et Karl Lauterbach (SPD).
Chiffres : les dons augmentent, les listes d'attente restent longues
L'année dernière, 985 personnes ont fait don, après leur décès, d'un ou plusieurs organes à des receveurs, comme l'a établi la Deutsche Stiftung Organtransplantation, l'organisme coordinateur. Il s'agit du niveau le plus élevé depuis 2012. En même temps, fin 2025, 8 200 personnes figuraient toujours sur les listes d'attente.
Cependant, deux groupes de députés se sont déjà positionnés au préalable et ont chacun préparé des premiers projets : l'un pour le passage à une règle d'opposition, l'autre clairement contre. Il existe toutefois aussi au Bundestag des critiques de la règle d'opposition.
Le second groupe transpartisan souhaite augmenter le nombre de dons d'organes, mais en misant sur une meilleure information, une documentation plus facile de la volonté individuelle — et sans atteinte aux droits fondamentaux. Il propose concrètement de mettre en place des « possibilités d'inscription analogiques » dans un registre en ligne existant dédié à la volonté de don d'organes, dans les services délivrant les documents d'identité.
Opposants : le silence ne doit pas valoir consentement
Il est prévu que les prélèvements d'organes sur des personnes majeures et capables de consentir deviennent également autorisés lorsque la personne « ne s'y est pas opposée ». Une information renforcée est prévue. Les nouvelles règles ne doivent pas s'appliquer avant 2030.
Les deux groupes de députés ont déjà annoncé qu'ils introduiraient concrètement leurs initiatives respectives au Parlement. En règle générale, s'ensuivent une première lecture en plénière et des discussions en commissions, avant qu'un vote sans consigne de groupe n'ait lieu au Bundestag.
Le directeur général de la Deutsche Stiftung Patientenschutz, Eugen Brysch, a déclaré que le Parlement menait pour la troisième fois en huit ans un débat d'orientation. « Apparemment, on veut délibérer et voter jusqu'à obtenir un résultat convenable. » Il a souligné sa position selon laquelle il ne doit jamais y avoir d'atteinte à l'intégrité physique sans le consentement de la personne concernée.
Registre en ligne et possibilités de documentation
L'Ordre fédéral des médecins (Bundesärztekammer) a une nouvelle fois plaidé en faveur de la règle d'opposition. « Elle préserve la liberté de décision des citoyens et citoyennes, tout en envoyant un signal important de solidarité », a déclaré son président Klaus Reinhardt. Chacun peut à tout moment s'opposer à un don d'organes. Aujourd'hui, les dons ne peuvent souvent pas être réalisés faute d'expression documentée de la volonté.
Depuis mars 2024, il est en outre possible, à partir de l'âge de 16 ans, d'enregistrer sa position sur le portail www.organspende-register.de. Il est possible de consigner un oui ou un non de principe au don d'organes après la mort sur une carte de donneur d'organes, dans des directives anticipées ou autrement sur papier. Les inscriptions sont volontaires, gratuites et peuvent être modifiées ou supprimées à tout moment.
Dans le registre central en ligne des dons d'organes, près de 579 000 personnes ont désormais documenté leur position quant à leur propre volonté de don, comme l'a communiqué l'Institut fédéral des médicaments et des dispositifs médicaux (Bundesinstitut für Arzneimittel und Medizinprodukte), qui en est l'opérateur. 82,2 % d'entre elles ont consenti de manière globale et sans restriction à des prélèvements d'organes après leur décès ; il est également possible de limiter le consentement à certains organes. Une opposition a été enregistrée par 8,6 %.
Le Bundestag avait adopté en 2020, à la place, une loi qui confirmait le principe du consentement en vigueur, tout en visant davantage d'information et une documentation plus aisée des déclarations de volonté de don. Une autre loi sur le don d'organes a déjà été adoptée en mai : afin de permettre davantage de transplantations rénales, les limites jusqu'ici très étroites pour les prélèvements d'organes sur des donneurs vivants ont été élargies.
Le groupe opposé met en garde : « Le silence ne doit pas être interprété comme un consentement », argumentent les députés. Le droit à l'autodétermination inclut aussi celui de ne prendre aucune décision, sans que cela n'entraîne de conséquences personnelles. Les médecins habilités ainsi que les chargé·e·s de la transplantation dans les cliniques peuvent consulter dans le registre des informations sur les donneurs potentiels.
Bundestag don d'organes : débat sur la règle d'opposition | actualites360