Population Suisse 2026: 9,15 millions d’habitants | actualites360
La Suisse franchit le cap des 9,15 millions d’habitants, la croissance démographique appelée à ralentir
Berne, 28 mai 2026
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Summary
La population suisse a atteint 9 153 829 habitants selon une estimation en temps réel de l’Office fédéral de la statistique. Portée par l’immigration, la croissance démographique devrait toutefois s’affaiblir dans les prochaines décennies, le pays restant sous la barre symbolique des 10 millions jusqu’en 2041 au plus tôt.
Berne, 28 mai 2026
La population résidante permanente de la Suisse a franchi le seuil des 9,15 millions d’habitants le 28 mai 2026, selon une estimation en temps réel de l’Office fédéral de la statistique (OFS).
L’horloge démographique de l’OFS affichait précisément 9 153 829 habitants dans la matinée, un chiffre qui avait encore augmenté de 60 personnes dans l’après-midi. Cette progression s’inscrit dans une dynamique de long terme : depuis le début des années 1980, la Suisse a vu sa population croître de 42 pour cent.
Une croissance portée par la migration
Le moteur principal de cette expansion démographique reste l’immigration. Avec un taux de fécondité de 1,3 enfant par femme, la natalité est structurellement trop faible pour assurer un accroissement naturel de la population. Conséquence directe, la part des résidents de nationalité étrangère a augmenté de 13 points de pourcentage depuis 1981 pour dépasser les 27 pour cent.
L’évolution est particulièrement spectaculaire dans certaines communes. Täsch, dans le canton du Valais, détient le record : la proportion d’étrangers y est passée de moins de 1 pour cent à 61 pour cent. À Bulle, elle a grimpé de 9 à 44 pour cent. À Margrethen, plus d’un habitant sur deux est désormais de nationalité étrangère, tandis qu’à Egerkingen, cette proportion atteint 38 pour cent.
Un développement territorial à plusieurs vitesses
La croissance n’a pas profité à toutes les régions de manière uniforme. Les communes rurales bien connectées aux centres urbains ont connu un essor remarquable. Selon des calculs de la NZZ, la population des zones moins densément peuplées a bondi de 75 pour cent, contre 67 pour cent dans les secteurs plus denses. Les communes rurales centrales bénéficiant de liaisons rapides vers la ville la plus proche affichent une hausse de 56 pour cent.
Sempach, dans le canton de Lucerne, directement raccordée à l’autoroute A2, a ainsi presque doublé sa population entre 1981 et 2024. La progression est encore plus frappante à Gletterens, dans le canton de Fribourg, où le nombre d’habitants a été presque multiplié par six, passant de 200 à près de 1 200. Saint-Cergue, dans le canton de Vaud, est passée de 560 à plus de 3 000 résidents. Les grandes villes ont également grandi, mais à un rythme plus modéré : Zurich a gagné 71 000 habitants, soit une hausse de 19 pour cent, et Lausanne 15 pour cent.
À l’inverse, les petites communes de montagne périphériques situées entre les cols du Simplon, du Gothard et de l’Oberalp figurent parmi les grandes perdantes. Zwischbergen, au sud du Simplon, a perdu 60 pour cent de sa population, et Realp, au pied du col de la Furka, 40 pour cent.
Le débat sur la barre des 10 millions
La perspective d’une Suisse dépassant les 10 millions d’habitants suscite un vif débat politique. L’Union démocratique du centre (UDC) milite pour un plafonnement à ce seuil. Une initiative populaire intitulée « Pas de Suisse à 10 millions » sera soumise au vote en juin. Les données disponibles montrent que pour empêcher le pays d’atteindre ce cap, la croissance devrait nettement ralentir dans de nombreuses communes.
Les scénarios de l’OFS dessinent plusieurs futurs possibles. Dans son scénario de référence, la Suisse franchirait le seuil des 10 millions au début des années 2040, après avoir atteint 9,5 millions d’habitants au début des années 2030. Un scénario haut anticipe ce passage dès 2033. À l’inverse, le scénario bas table sur une hausse limitée à environ 9,3 millions, suivie d’un lent repli vers 9 millions.
Un ralentissement en vue
Plusieurs indicateurs suggèrent que la croissance démographique est appelée à s’essouffler. Depuis 2024, le solde migratoire net est en recul pour des raisons conjoncturelles. L’OFS prévoit que la population continuera d’augmenter d’environ 0,5 pour cent par an dans un premier temps, mais que cette progression sera exclusivement portée par la migration à partir de 2035.
Le vieillissement de la population pèsera également sur la dynamique. Vers 2035, le nombre de décès devrait dépasser celui des naissances, ce qui affaiblira la croissance jusqu’en 2055. La pyramide des âges va se transformer : le sommet, représentant les plus de 64 ans, va s’élargir au cours des trois prochaines décennies, tandis que la base restera quasiment inchangée. La part des actifs diminuera en proportion.
Les projections cantonales confirment ces contrastes. L’OFS anticipe une hausse de 20 pour cent de la population dans les cantons de Saint-Gall, Vaud, Genève, Thurgovie et Argovie. En revanche, le Jura, Neuchâtel, Schaffhouse et Appenzell Rhodes-Extérieures ne devraient guère gagner d’habitants, avec une croissance inférieure à 2 pour cent d’ici 2055.
Questions & Réponses
Quand la Suisse pourrait-elle atteindre les 10 millions d’habitants selon l’OFS ?
Dans le scénario de référence de l’OFS, la Suisse franchirait le cap des 10 millions d’habitants au début des années 2040, mais un scénario plus bas prévoit que ce seuil ne soit jamais atteint.
Quelle commune a connu la plus forte hausse de sa population étrangère ?
Täsch, dans le canton du Valais, a enregistré la progression la plus spectaculaire : la part d’habitants étrangers y est passée de moins de 1 pour cent à 61 pour cent.
Quels cantons devraient le moins croître d’ici 2055 ?
Le Jura, Neuchâtel, Schaffhouse et Appenzell Rhodes-Extérieures devraient connaître une croissance inférieure à 2 pour cent d’ici 2055, selon les projections de l’OFS.