La colocation de répit viennoise pour jeunes délinquants multirécidivistes non pénalement responsables a ouvert ses portes
Vienne, 22 juillet 2026
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Summary
Après plusieurs reports, la controversée colocation de répit à Vienne-Simmering, destinée aux jeunes délinquants multirécidivistes non pénalement responsables de moins de 14 ans, est entrée en service. Le coût de la structure, qui dispose de deux places, s'élève à environ un million d'euros par an, selon une réponse à une question parlementaire.
Vienne, 22 juillet 2026
Après plusieurs reports, la dite colocation de répit (« Auszeit-WG ») à Vienne-Simmering, destinée aux jeunes délinquantes et délinquants multirécidivistes non pénalement responsables de moins de 14 ans, a ouvert ses portes ; un premier enfant de 13 ans a déjà emménagé, selon les informations du bureau de la vice-maire Bettina Emmerling (NEOS), et un autre doit suivre sous peu.
La structure prévue à Vienne-Simmering s'adresse aux enfants âgés de 11 à 13 ans ayant commis à plusieurs reprises des infractions graves telles que vol avec violences ou cambriolage, mais qui, en raison de leur âge, ne peuvent être poursuivis pénalement. La colocation de répit dispose de deux places d'accueil ; un séjour peut durer jusqu'à douze semaines. La base juridique est la loi viennoise sur l'aide à l'enfance et à la jeunesse, en lien avec la loi sur le placement en établissement. Emmerling a souligné auprès de l'APA que l'objectif était de montrer aux enfants des perspectives de sortie : "Den Kindern sollen Perspektiven eines Auswegs ihrer bisherigen kriminellen Laufbahn aufgezeigt werden und sie sollen durch eine intensive pädagogische Begleitung wieder an positive Entwicklungswege herangeführt werden."
Concept et groupe cible
La vice-maire Emmerling a qualifié cette mesure de prochaine étape d'un plan en cinq points : en raison d'une mise en danger aiguë pour soi-même et pour autrui, "wurde die nächste Stufe des Fünf-Punkte-Plans umgesetzt, nämlich die Unterbringung in der Auszeit-WG". Auparavant, une aide à l'orientation était restée sans effet durable. "Trotz Zuschaltung der Orientierungshilfe sei im Vorfeld keine nachhaltige Durchbrechung des negativen Verhaltens gelungen", citaient des critiques la justification de la Ville. Pour l'admission, selon la MA 11, un diagnostic médical de maladie psychique ainsi que la preuve d'une mise en danger d'autrui ou de soi-même sont actuellement requis ; de plus, aucune mesure moins restrictive ne doit être disponible.
Emmerling a saisi l'occasion pour insister sur l'aspect fédéral et critiquer vivement le ministère de la Justice dirigé par le SPÖ. "Dass sich seit über einem Jahr eine Arbeitsgruppe im Justizministerium mit dieser Frage, bisher ohne Ergebnis, beschäftigt, sorgt im Sinne der Bevölkerung für Unverständnis", a critiqué Emmerling auprès de l'APA. Elle a exigé : "Es müssen endlich Taten folgen, damit geschlossene Einrichtungen langfristig und österreichweit möglich sind." Emmerling veut "die Bevölkerung vor jugendlichen Intensivtäterinnen schützen und Gewaltspiralen durchbrechen" et considère qu'il incombe au gouvernement fédéral de permettre rapidement, par la loi, le placement à l'échelle nationale des récidivistes.
Critiques envers le gouvernement fédéral et demande d'une réglementation nationale
Le bureau de la vice-maire a indiqué mercredi qu'un enfant de 13 ans avait emménagé dans la colocation il y a environ une semaine ; un deuxième enfant doit "in Kürze folgen". Les détails concrets du cas ne seraient pas divulgués "aus Gründen des Kindeschutzes". Un porte-parole a déclaré que le séjour se déroulait comme prévu et que toutes les possibilités juridiques de Vienne avaient été épuisées. L'ouverture, initialement prévue en mai, avait été reportée trois fois, la dernière fois en juillet. La Ville de Vienne avait justifié ce retard par des adaptations structurelles nécessaires : "Die Verzögerung ist ausschließlich auf die erforderlichen baulichen Adaptierungen zurückzuführen." Il fallait, pendant la phase de démarrage, sensible, que "jedes Detail im Ablauf und im Betreuungskonzept durchgeplant sein", "damit die Maßnahme ab dem ersten Tag greift".
Mercredi, il a toutefois été démenti que cette justification soit la véritable raison du report. Selon des informations de l'APA, il a été précisé mercredi que c'était plutôt l'absence, à l'échelle nationale, d'un cadre juridique pour ce type de structures qui avait conditionné le report du lancement. La ministre de la Justice Anna Sporrer avait auparavant annoncé, selon la Kronen Zeitung, qu'une base légale serait présentée avant l'automne. Emmerling n'a pas réagi publiquement à la critique du démenti ; de son bureau, il a été indiqué qu'on ne s'exprimerait pas davantage sur le fond.
Report et démarrage
Le coût du projet constitue un autre point de discorde. Selon une réponse à une question parlementaire, rapportée notamment par "Mein Bezirk", la colocation de répit représente environ 995 000 euros par an – 800 000 euros avaient été initialement prévus. Ainsi, une place d'accueil coûte de l'ordre de un demi-million d'euros par an, avant qu'un facteur supplémentaire de frais de personnel ne s'y ajoute. Le chef du groupe FPÖ, Maximilian Krauss, a parlé d'un "Kosten- und Planungsfiasko" : "Das ist typisch NEOS: großspurige Ankündigungen, fehlende Planung und am Ende explodierende Kosten." Le projet avait été "großspurig angekündigt", a-t-il déploré.
Des critiques s'élèvent également au sein de l'aide viennoise à l'enfance et à la jeunesse (MA 11) ainsi qu'auprès de Vertretungsnetz, du Médiateur autrichien et des représentations du personnel de la Ville de Vienne. Des experts doutent qu'un séjour pouvant durer jusqu'à douze semaines puisse avoir un effet durable. D'une véritable "Ultima Ratio" – c'est-à-dire la dernière mesure possible – il ne peut donc être question, déplorent les critiques. Emmerling avait en revanche souligné que le projet était conçu comme un dernier recours, lorsque les autres aides avaient échoué ; elle a également renvoyé à l'accompagnement pédagogique. "Wenn unmündige Minderjährige Straftaten begehen, muss der Staat aber sehr konsequent reagieren", a déclaré Emmerling.
Évolution des coûts
Avec la mise en service de la colocation de répit, le débat juridique n'est pas clos. Vertretungsnetz avait à plusieurs reprises attiré l'attention sur la particulière vulnérabilité des enfants concernés et mis en garde contre un mélange entre logique d'assistance et logique sécuritaire. La Ville renvoie au cadre juridique clair posé par la loi sur le placement en établissement et au diagnostic médical comme condition préalable. Des observateurs considèrent ce démarrage également comme un signal politique adressé au gouvernement fédéral pour qu'il présente rapidement la réglementation nationale annoncée. Emmerling a annoncé qu'elle maintiendrait la pression sur le ministère de la Justice.
Selon la Ville, la colocation de répit ne prévoit qu'un très petit nombre de places ; parallèlement, la structure est conçue pour un maximum de douze semaines par séjour. Cela signifie que, sur l'ensemble de l'année, seule une poignée d'enfants peut en moyenne passer par la structure. La Ville argue que c'est précisément la prise en charge courte et intensive qui doit aider à sortir les enfants de leurs schémas négatifs. L'opposition y voit surtout de la politique symbolique.
Critiques du monde spécialisé et de l'opposition
Dans le même temps, la Ville de Vienne fait face à une nouvelle épreuve dans le placement des jeunes délinquants multirécidivistes. Les prisons en Autriche sont de toute façon très saturées, selon le ministère de la Justice ; des extensions éventuelles du modèle sont également discutées notamment en Haute-Autriche. Emmerling avait par ailleurs clairement indiqué que le concept viennois ne constituait qu'une solution transitoire, en attendant qu'un cadre juridique national entre en vigueur. Elle voit Vienne comme pionnière et appelle à des émules.
Emmerling avait également souligné que la colocation de répit ne représentait qu'un élément d'un concept plus global. Elle a renvoyé à des mesures préventives en amont, notamment l'aide à l'orientation, qui est placée en amont du séjour en établissement. Ce n'est que lorsque celle-ci échoue que la colocation intervient comme étape suivante. "Gegebenenfalls müsse man die Betroffenen in die Obhut des Staates nehmen, 'weil offenkundig ganz viel schiefgelaufen ist'", avait déjà déclaré Emmerling en amont, confirmant ainsi la direction envisagée.
Perspectives et suites politiques
La querelle politique autour des coûts et du concept est appelée à se poursuivre. La FPÖ a annoncé des initiatives parlementaires pour vérifier l'utilisation des moyens. Les NEOS ont défendu le projet comme une étape nécessaire afin de prévenir les récidives. Emmerling a souligné qu'elle s'engagerait en faveur d'une approche uniforme à l'échelle nationale. Les prochaines semaines montreront comment évoluera le taux d'occupation de la colocation et si les effets pédagogiques
Colocation de répit de Vienne : ouverture de la structure | actualites360