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L'UE et la Chine cherchent un équilibre commercial : nouvelles règles douanières et suivi conjoint
Bruxelles, le 02 juillet 2026
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Summary
L'UE durcit les règles douanières pour les importations chinoises à bas prix et met en place avec Pékin un mécanisme conjoint de surveillance des flux commerciaux. Le commissaire européen au Commerce, Šefčovič, et le ministre chinois du Commerce, Wang Wentao, se sont également accordés à Bruxelles sur un rapprochement progressif des relations économiques, alors que l'écart entre importations et exportations continue de se creuser.
Bruxelles, le 02 juillet 2026
L'UE et la Chine ont convenu cette semaine à Bruxelles d'un mécanisme conjoint de surveillance de leurs flux commerciaux, tandis que de nouveaux droits de douane sur les petits colis chinois de moins de 150 euros entreront en vigueur en juillet.
La rencontre entre le commissaire européen au Commerce, Maroš Šefčovič, et le ministre chinois du Commerce, Wang Wentao, à Bruxelles marque une nouvelle tentative de stabiliser la relation économique entre les deux parties, en crise depuis des années. Šefčovič a déclaré après les entretiens : „Der Status quo ist keine Option... Wir wollen damit beginnen, die Handelsbeziehungen zwischen der EU und China ins Gleichgewicht zu bringen. Die Kluft wird immer größer.“ Les deux parties se sont entendues pour „unverzüglich einen gemeinsamen Mechanismus zur Überwachung der Handelsströme einzurichten, der dazu beitragen soll, das Handelsgleichgewicht herzustellen.“
Le déséquilibre en chiffres
La balance commerciale entre les deux blocs économiques est fortement asymétrique. En 2025, l'UE a exporté pour 199,6 milliards d'euros de marchandises vers la Chine et en a importé pour 559,4 milliards d'euros. Au seul premier trimestre 2026, les importations chinoises vers l'UE ont encore augmenté de quatre milliards d'euros par rapport à la même période de l'année précédente, atteignant au total 145 milliards d'euros. La fédération allemande du commerce HDE chiffre les dommages causés par la réglementation de minimis en vigueur – c'est-à-dire l'exonération de droits de douane pour les très petits envois – à au moins 400 millions d'euros par an pour les finances publiques.
L'UE réagit notamment par un nouveau forfait douanier : à partir de juillet, les exportateurs chinois devront s'acquitter de droits de douane européens sur les envois privés – trois euros par catégorie de produit dans un colis d'une valeur inférieure à 150 euros. Si le colis contient par exemple trois câbles et un t-shirt, ce seront six euros qui seront dus. Le nouveau forfait douanier s'applique pour l'instant pendant deux ans et doit permettre de passer le cap jusqu'au lancement d'une nouvelle plateforme numérique de traitement et de contrôle.
Ce que signifie le nouveau forfait douanier
Ce forfait n'est pas la seule mesure. Depuis 2021 déjà, la TVA est perçue sur la valeur déclarée des marchandises de ces envois. Jusqu'à présent, les colis de moins de 150 euros étaient exemptés de droits de douane, la valeur des marchandises étant faible. En 2028, avec la mise en service du « EU Customs Data Hub », les taux de droits de douane réguliers s'appliqueront – en fonction de la valeur des marchandises, de leur origine et de leur classification. En novembre 2026, le montant d'une taxe de traitement sera en outre fixé.
Câbles de chargement, vêtements, chaussures, jouets, livres : des milliards de petits colis contenant ce type d'articles sont importés de Chine dans l'UE. Au total, 5,9 milliards d'envois sont arrivés en Europe l'année dernière, ce qui correspond à 16 millions de colis par jour – d'autres estimations évoquent 160 millions de petits colis quotidiens en provenance de Chine. Plus de 90 % de ces envois provenaient de Chine selon les chiffres de l'UE.
Critiques contre les plateformes à bas prix
Le président du HDE, Alexander von Preen, critique avant tout des plateformes comme Temu et Shein : „Temu und Shein halten sich oft nicht an die rechtlichen und regulatorischen Vorgaben, liefern unsichere Ware in unseren Markt, die mitunter gesundheitsgefährdend ist, und bringen viele heimische Händler an den Rand des Ruins.“ Sa fédération estime que cette concurrence déloyale entraînerait la disparition de plus de 40 000 emplois en Allemagne, dont 28 300 dans le seul commerce de détail.
La Suisse est également concernée, bien qu'elle ne fasse pas partie de l'UE. Le nouveau droit de douane s'applique aussi aux colis en provenance de Suisse d'une valeur inférieure à 150 euros – la Suisse n'appartenant en effet pas à l'UE. Les exploitants de boutiques en ligne en Suisse dont les expéditions vers l'UE sont concernées par le nouveau droit de douane peuvent se renseigner auprès de la Poste sur la marche à suivre. La boutique peut prendre en charge elle-même les frais de douane ou les répercuter sur les clients de l'UE. En revanche, aucune modification n'est prévue pour les commandes passées depuis la Suisse dans des boutiques en ligne européennes. L'UE ne cherche en effet pas à freiner les exportations depuis l'UE, mais bien les importations de biens à bas prix dans l'Union.
Autres instruments de protection : IAA et Cyber Security Act
Outre les règles douanières, l'UE étoffe d'autres instruments de protection. Début mars 2026, la Commission a présenté le projet d'un Industrial Accelerator Act, en abrégé IAA. Dans les coentreprises dans des domaines stratégiques comme le photovoltaïque et les voitures électriques, par exemple, les investisseurs d'Extrême-Orient ne pourront détenir au maximum que 49 % des parts – une autorisation administrative est nécessaire à cet effet. De facto, les fournisseurs chinois présentant un risque élevé (« High Risk Supplier ») sont exclus par le Cyber Security Act 2 de janvier 2026 des activités dans des domaines comme les télécommunications et l'énergie solaire.
La Chambre d'industrie et de commerce allemande (DIHK) voit cela d'un œil critique et avertit : „Eine Buy-Europe-Politik könnte Handelspartner und Investoren aus Drittländern verprellen.“ Justyna Szczudlik, de l'Institut polonais des affaires internationales (PISM), souligne en outre le risque pour les entreprises polonaises d'être évincées par la concurrence chinoise. La plateforme en ligne Allegro, populaire en Pologne, aurait été dépassée entre-temps par ses concurrents chinois.
Les terres rares comme levier de pression
Un autre sujet de discorde est constitué par les contrôles chinois à l'exportation sur les terres rares et les aimants permanents, que la Chine avait introduits en réaction aux décisions douanières du président américain Donald Trump. Les États-Unis avaient auparavant restreint les exportations de puces haute performance vers la Chine, utilisées notamment dans l'intelligence artificielle. Chen Lingyan, responsable de département au sein de l'autorité chinoise du contrôle des importations et des exportations, a déclaré mi-juin lors d'une table ronde avec l'économie allemande à Düsseldorf : „Bisher wurden 90 Prozent der deutschen Anträge stattgegeben.“ Le ministre Wang aurait assuré à Bruxelles que les contrôles à l'exportation existants n'affecteraient pas les chaînes d'approvisionnement de l'UE.
Le professeur pékinois Zhao Yongsheng, de l'University of International Business and Economics, évalue positivement le nouveau mécanisme de surveillance : „Die Etablierung eines Mechanismus zur Überwachung des bilateralen Handels zeigt, dass ab sofort Beratungen bei Handelsstreitigkeiten auf einer strukturierten Plattform stattfinden... Die unmissverständliche Botschaft lautet, EU und China wollen durch Gespräche und Verhandlungen nach Einigungen suchen.“ Des observateurs qualifient cette étape de rapprochement prudent, tout en estimant qu'il faut encore attendre des résultats concrets.