Funérailles de Mladic à Belgrade : la Serbie défie l'UE sur la sépulture d'un criminel de guerre
Belgrade, 07 septembre 2026
Фото: Михаил Евстафьев / Photo by Evstafiev Mikhail / Wikimedia Commons / CC BY-SA 3.0
Summary
Ratko Mladic, le commandant serbe de Bosnie condamné pour génocide, a été enterré lundi à Belgrade avec les honneurs militaires, en présence de milliers de personnes en deuil, malgré les avertissements de l'Union européenne contre la glorification des criminels de guerre. Les responsables serbes ont défendu cet hommage public, le présentant comme un témoignage de respect national, tandis que les institutions européennes avaient exhorté Belgrade à empêcher des cérémonies susceptibles d'être perçues comme une glorification des atrocités commises pendant la guerre.
Belgrade, 07 septembre 2026
Ratko Mladic, le commandant serbe de Bosnie condamné pour génocide et crimes de guerre, a été enterré lundi à Belgrade avec les honneurs militaires et lors d'une grande cérémonie publique, dans une décision que l'Union européenne avait mise en garde avant les funérailles.
Les funérailles ont rassemblé des milliers de personnes en deuil dans la capitale serbe, où Mladic a été inhumé avec un cortège, une salve d'honneur tirée par une garde d'honneur et la présence de hauts responsables. La foule bordait plusieurs tronçons du parcours, et la télévision d'État serbe a diffusé la cérémonie en direct, soulignant le caractère officiel de cet hommage à un homme qui purgeait une peine de prison à vie pour des atrocités commises en Bosnie-Herzégovine pendant la guerre.
Mladic purgeait sa peine au centre de détention de La Haye après avoir été condamné par les tribunaux internationaux. Il est mort en détention, selon plusieurs médias qui ont couvert les funérailles. Sa mort clôt un chapitre pour les institutions judiciaires qui l'ont poursuivi pendant plus de deux décennies, mais les modalités de ses funérailles en Serbie ont relancé un différend diplomatique avec l'Union européenne.
L'UE met en garde contre la glorification
L'Union européenne avait explicitement averti la Serbie dans les jours précédant les funérailles qu'elle devait empêcher toute cérémonie susceptible de s'apparenter à la glorification de criminels de guerre. Les responsables européens estimaient que de telles démonstrations risquaient de compromettre la réconciliation dans les Balkans occidentaux et pouvaient compliquer la voie d'adhésion de la Serbie au bloc.
La direction serbe a défendu publiquement la décision d'honorer Mladic selon le protocole de l'État. Le président Aleksandar Vucic a assisté aux événements commémoratifs liés à cette période autour des funérailles, présentant le rassemblement comme l'expression du respect national. Des critiques, sur le plan national comme à l'étranger, ont rétorqué que cet hommage public équivalait à la célébration d'une figure reconnue responsable de génocide.
La condamnation pour Srebrenica
La condamnation de Mladic porte sur le massacre de Srebrenica en 1995, au cours duquel environ 8 000 hommes et garçons bosniaques ont été tués, ainsi que sur le siège de Sarajevo et sur la persécution et l'expulsion forcée des Bosniaques et des Croates dans de larges zones de Bosnie-Herzégovine. Les juridictions internationales ont estimé que ces actes constituaient un génocide et des crimes contre l'humanité, faisant de cette affaire la première condamnation pour génocide en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale.
Réactions en Bosnie-Herzégovine
Les survivants et les familles des victimes ont suivi les funérailles depuis la Bosnie-Herzégovine et depuis l'ensemble de la diaspora, où les réactions ont été très critiques. Des responsables bosniaques et des organisations de la société civile ont déclaré que ces hommages publics infligeaient une douleur renouvelée et envoyaient un signal selon lequel l'impunité pour les atrocités de la guerre restait politiquement acceptable dans certaines parties de la région.
Des observateurs diplomatiques ont noté que la cérémonie place le gouvernement serbe en conflit direct avec les conditions de son processus d'adhésion à l'UE, qui incluent des critères de référence relatifs à la réconciliation régionale et au respect des décisions des tribunaux internationaux. La Commission européenne a systématiquement inscrit la coopération avec le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie parmi les exigences de ses rapports annuels sur la Serbie.
Implications pour la voie d'adhésion de la Serbie à l'UE
L'ampleur des funérailles, avec des milliers de participants et la présence de hauts représentants de l'État, suggère que Belgrade était prête à essuyer le mécontentement de l'UE plutôt que de réduire l'ampleur de la cérémonie. La question de savoir si cet épisode entraînera des conséquences formelles dans les négociations d'adhésion de la Serbie, ou s'il restera une source de friction diplomatique, devrait se préciser dans les semaines à venir à mesure que les institutions européennes réagiront.
Selon des analystes, l'image des funérailles pèsera sur les efforts de réconciliation en Bosnie-Herzégovine, où les divisions ethniques restent formellement inscrites dans le système politique. Le contraste visuel entre la solennité des funérailles à Belgrade et l'absence de reconnaissance comparable pour les victimes constitue, selon eux, un message politique en soi.
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