Ebola RDC souche Bundibugyo urgence OMS patient Berlin | actualites360
Flambée d'Ebola en RDC : une souche rare, pas de vaccin, et un patient américain hospitalisé à Berlin
Kinshasa, 22 mai 2026
ArildV / Wikimedia Commons / CC BY-SA 4.0
Summary
L'OMS a déclaré une urgence sanitaire internationale face à la flambée d'Ebola en République démocratique du Congo, où près de 180 décès suspects ont été recensés. Un médecin américain infecté par le virus rare du Bundibugyo est soigné à la Charité de Berlin, tandis que la riposte est entravée par le manque de moyens et des violences dans la province de l'Ituri.
Kinshasa, 22 mai 2026
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré une urgence de santé publique internationale en raison d'une flambée d'Ebola provoquée par la souche rare du Bundibugyo en République démocratique du Congo, qui a déjà fait près de 180 morts suspects et pour laquelle il n'existe ni vaccin ni traitement efficace.
Selon l'OMS, au 22 mai 2026, près de 180 décès suspects d'Ebola ont été signalés, même si seuls 82 contaminations et 7 décès ont été confirmés en laboratoire. L'organisation estime que le nombre réel de cas est nettement plus élevé, car beaucoup ne sont pas déclarés.
L'épidémie sévit depuis des semaines dans l'est de la RDC et concerne une variante rare du virus, la souche Bundibugyo, qui n'avait été observée que deux fois auparavant. Cette souche n'est pas reconnue par les kits de dépistage déployés dans la région, ce qui a retardé sa détection. De plus, l'acheminement tardif des échantillons vers Kinshasa a aggravé ce retard.
Face à cette situation, le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a annoncé vendredi avoir relevé le risque de propagation nationale à un niveau « très élevé » en RDC. Le risque régional est jugé « élevé » et le risque mondial « faible ».
Une souche rare sans vaccin ni traitement
La province la plus touchée est l'Ituri, dans le nord-est du pays, en proie à des combats qui poussent environ 100 000 personnes à fuir. Cette province frontalière de l'Ouganda et du Soudan du Sud manque cruellement de combinaisons de protection, de housses mortuaires, de vaccins et de médicaments efficaces.
Les organisations humanitaires tentent d'acheminer rapidement des fournitures, mais les coupes dans l'aide humanitaire de ces dernières années ont réduit les moyens disponibles. Des centres de santé locaux souffrent de pénuries de personnel, et certains établissements facturent des frais de quelques dollars que de nombreux habitants ne peuvent pas payer.
À Mongwalu, l'un des épicentres de l'épidémie, on creuse des tombes pour les victimes du virus. Dans la localité de Rwampara, des manifestants ont incendié des tentes utilisées pour traiter les malades, après un différend autour du corps d'un joueur de football local décédé, que sa famille croyait mort du typhus. Les autorités ont procédé à un enterrement sécurisé contre l'avis des proches, déclenchant des protestations dispersées par la police à l'aide de gaz lacrymogènes et de tirs de sommation.
Violences et obstacles dans l'Ituri
Deux tentes ont été entièrement détruites et un corps destiné à l'inhumation ce jour-là a été brûlé. Les autorités recherchent désormais des personnes contacts et d'éventuels patients qui auraient fui.
En Ouganda voisin, deux cas d'Ebola ont été détectés chez des voyageurs en provenance de RDC, dont un mortel. Le traçage des contacts et l'annulation d'un rassemblement de masse ont permis de contenir la propagation, a indiqué M. Ghebreyesus, précisant que la situation y est stable.
Parallèlement, un médecin américain de 39 ans, infecté en RDC par le virus Bundibugyo, confirmé par test PCR, a été admis dans la nuit du mercredi 20 mai dans l'unité d'isolement spécial de la Charité à Berlin. « Der 39 Jahre alte Mann zeige deutliche Krankheitssymptome, benötige jedoch derzeit keine intensivmedizinischen Maßnahmen », a précisé l'hôpital.
Un patient américain isolé à Berlin
Le patient est « sehr geschwächt, aber aktuell in keinem kritischen Zustand ». Son épouse et ses quatre enfants, considérés comme contacts à haut risque et asymptomatiques, ont été placés en quarantaine une nuit plus tard dans une partie séparée de l'unité. « Sie sind in einem getrennten Teil der Station in Quarantäne ». Ils peuvent communiquer avec lui à travers une vitre grâce à un interphone.
Le ministère fédéral allemand de la Santé a souligné qu'il n'y a « weder für die Bevölkerung noch für Patientinnen und Patienten der Charité » aucun danger. Les équipes soignantes doivent être relevées toutes les trois heures en raison du travail éprouvant en tenue de protection.
Le représentant de l'OMS en RDC, Anne Ancia, a estimé que la riposte « court derrière les événements » et que le nombre de cas va probablement continuer à augmenter. « Ein einziger Fall könnte das Virus über die Demokratische Republik Kongo und Uganda hinaustragen », a averti Mohamed Yakub Janabi, directeur régional de l'OMS pour l'Afrique.
La réponse internationale et les risques de propagation
L'ONU débloque environ 60 millions de dollars de son fonds d'urgence et déploie du personnel supplémentaire pour soutenir la lutte contre l'épidémie. La scientifique de l'OMS Sylvie Briand a évoqué la possibilité d'utiliser, sous conditions strictes, le médicament expérimental Obeldesivir – initialement développé par Gilead Sciences contre le Covid-19 – pour prévenir la maladie chez les personnes contacts.
La recherche du patient zéro, la première personne infectée de cette flambée, se poursuit. L'épidémie actuelle est la plus importante depuis celle de 2018-2020 dans l'est du Congo, qui avait causé 3 500 décès.