Ébola Bundibugyo en RDC : variant rare, pas de vaccin | actualites360
Ébola en RDC : un variant rare sans vaccin, l'OMS décrète l'urgence internationale
Berlin, 22 mai 2026
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Summary
L'épidémie d'Ébola en République démocratique du Congo est due à un variant rare contre lequel il n'existe ni vaccin ni traitement éprouvé. Un médecin américain contaminé a été admis à la Charité de Berlin, tandis que l'OMS a déclaré une urgence sanitaire internationale.
Berlin, 22 mai 2026
L'épidémie d'Ébola qui sévit depuis plusieurs semaines dans le nord-est de la République démocratique du Congo est provoquée par la souche Bundibugyo, un variant rare contre lequel il n'existe ni vaccin ni médicament efficace, poussant l'Organisation mondiale de la santé à déclarer une urgence de santé publique de portée internationale.
Selon les derniers chiffres de l'OMS, près de 750 cas suspects et environ 180 décès suspects sont recensés en RDC au 22 mai 2026, dont plusieurs dizaines de cas confirmés en laboratoire. L'organisation estime que le nombre réel est nettement plus élevé, car tous les cas ne sont pas signalés. La province d'Ituri, frontalière de l'Ouganda et du Soudan du Sud, est la plus touchée.
L'épidémie est due à la souche Bundibugyo du virus Ébola, qui n'a émergé que deux fois auparavant. Contrairement au variant Zaïre, il n'existe pour cette souche « ni vaccin approuvé ni traitement établi », a reconnu l'OMS. Les tests de dépistage rapide déployés dans la région ne détectent pas ce variant et les échantillons n'ont pas été envoyés à Kinshasa pour analyse.
Dans la nuit du mercredi 20 mai, un citoyen américain de 39 ans, médecin, a été admis à l'hôpital de la Charité à Berlin. Infecté en RDC, il est « sehr geschwächt, aber aktuell in keinem kritischen Zustand », selon une source médicale. Son épouse et ses quatre enfants, considérés comme contacts à haut risque, ont été placés en quarantaine dans une unité séparée après avoir été admis le jeudi 21 mai.
Un variant rare sans vaccin ni traitement
L'unité d'isolement spécial du campus Virchow-Klinikum est un secteur fermé et protégé, distinct des activités normales de l'hôpital. « Der 39 Jahre alte Mann zeige deutliche Krankheitssymptome, benötige jedoch derzeit keine intensivmedizinischen Maßnahmen », précise-t-on. Pour éviter l'épuisement, les équipes soignantes doivent tourner toutes les trois heures en raison du travail éprouvant sous combinaison de protection.
Le ministère fédéral allemand de la Santé a tenu à rassurer : « Weder für die Bevölkerung noch für Patientinnen und Patienten der Charité besteht daher Gefahr, wie das Bundesgesundheitsministerium betonte. » Les premiers tests de l'épouse et des enfants se sont révélés négatifs. Un autre citoyen américain ayant eu un contact étroit avec une personne infectée a été transféré en République tchèque.
Un malade américain isolé à la Charité de Berlin
Vendredi, le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a annoncé que le risque de propagation nationale du virus en RDC avait été relevé à « très élevé ». Le risque régional est qualifié de « élevé » et le risque mondial de « faible ». Les experts de l'OMS jugent la situation sérieuse, mais ne voient pas de danger de pandémie.
Anne Ancia, représentante de l'OMS en RDC, a déclaré que les autorités « prennent du retard dans le contrôle de l'épidémie » et s'attendent à une hausse continue des cas. Mohamed Yakub Janabi, directeur régional pour l'Afrique, a averti qu'« un seul cas pourrait entraîner une propagation au-delà de la RDC et de l'Ouganda », soulignant qu'il ne fallait pas sous-estimer les risques.
À Rwampara, dans la province d'Ituri, des manifestants ont incendié des tentes servant au traitement des malades d'Ébola. Le conflit est né d'un différend autour du corps d'un footballeur local, vraisemblablement décédé du virus, dont la famille refusait un enterrement sécurisé. Les autorités ont procédé à l'inhumation contre son gré, provoquant des heurts ; deux tentes ont été détruites et un corps a brûlé. Les recherches de personnes contacts et de patients potentiellement en fuite sont en cours.
Défiance, manque de moyens et course contre la montre
Outre l'absence de vaccin et de traitement, la zone touchée manque de combinaisons de protection, de housses mortuaires, de personnel et de centres de santé gratuits. De nombreux habitants ne peuvent pas payer les quelques dollars réclamés par certains centres. Les organisations humanitaires tentent d'acheminer rapidement du matériel, mais les coupes budgétaires dans l'aide internationale de nombreux pays compliquent la réponse.
Les Nations unies ont débloqué environ 60 millions de dollars d'un fonds d'urgence et déploient du personnel supplémentaire. Par ailleurs, la scientifique de l'OMS Sylvie Briand a indiqué que le médicament expérimental Obeldesivir, initialement développé par le laboratoire américain Gilead Sciences contre le Covid-19, pourrait être utilisé sous conditions strictes pour prévenir la maladie chez les personnes contacts.
Entre 2018 et 2020, une épidémie d'Ébola dans l'est de la RDC avait fait environ 3 500 morts. Pendant cette période, près de 2 300 personnes avaient trouvé la mort et des centaines de centres de santé avaient été attaqués. La précédente grande flambée, due au variant Zaïre en Afrique de l'Ouest en 2014-2015, avait causé plus de 11 000 décès.
La recherche du patient zéro de l'épidémie actuelle est toujours en cours. En Ouganda, deux cas confirmés ont été enregistrés chez des voyageurs venus de RDC, mais la situation y est stable grâce au traçage des contacts et à l'annulation d'un rassemblement de masse. Des tombes pour les victimes d'Ébola sont déjà creusées à Mongwalu, l'un des épicentres de l'épidémie.