Congrès fédéral à Erfurt : l'AfD se renouvelle sous forte contestation
Erfurt, 03 juillet 2026
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Summary
L'AfD se réunit le 4 juillet 2026 à Erfurt pour son congrès fédéral, tandis que les autorités de sécurité s'attendent à jusqu'à 50 000 manifestants. Les coprésidents Alice Weidel et Tino Chrupalla briguez à nouveau la direction bicéphale, mais l'influence interne de Björn Höcke et la pression des classements par les services de protection de la Constitution marquent ce congrès.
Erfurt, 03 juillet 2026
L'AfD tient son congrès fédéral les 4 et 5 juillet 2026 au Messe Erfurt, tandis que les autorités de sécurité s'attendent à jusqu'à 50 000 manifestants ainsi qu'à des blocages et à des protestataires prêts à en découdre.
Situation sécuritaire et manifestations attendues
Jusqu'à 600 délégués de l'AfD veulent se rassembler ce week-end au Messe Erfurt pour un congrès fédéral. La capitale thuringeoise, qui compte environ 215 000 habitants, se prépare à un état d'exception, d'autant que des concerts de Roland Kaiser et de Clueso, réunissant chacun quelque 15 000 spectateurs sur la place de la cathédrale d'Erfurt, se tiennent également vendredi et samedi. La police attend, selon le ministère de l'Intérieur de Thuringe, environ 50 000 participantes et participants répartis dans une trentaine de manifestations, dont 2 000 à 2 500 personnes prêtes à recourir à la violence.
Le plus grand rassemblement, avec quelque 15 000 participants, est annoncé par la Confédération allemande des syndicats (DGB). Outre la coalition d'action « Widersetzen », la gauche, les Verts, les syndicats et d'autres groupes ont également appelé à protester, selon les informations de la MDR. « Nous devons nous préparer à une situation difficile », avait déclaré il y a quelques jours le ministre de l'Intérieur de Thuringe, Georg Maier (SPD). La ville s'attend, selon la MDR, à un total de 31 actions déclarées autour du congrès. On attend entre 35 000 et 50 000 manifestantes et manifestants.
La coalition d'action « Widersetzen » entend, selon ses propres indications, empêcher la tenue du congrès fédéral. Sur la plateforme Indymedia, on peut lire dans un appel : « Dächer besetzen – AfD-Bundesparteitag verhindern ». Dès le 9 mai 2026, « Widersetzen Erfurt » avait appelé, selon la réponse du gouvernement fédéral à une question écrite du groupe parlementaire AfD, à une campagne au cours de laquelle, d'après les auteurs de la question, 60 000 ménages d'Erfurt ont été sensibilisés par des visites en personne et la distribution de matériel d'information. Le gouvernement fédéral a indiqué n'avoir ni soutenu ni soutenir cette campagne.
Question écrite du groupe parlementaire AfD
La question écrite du groupe parlementaire AfD (21/6446) et la réponse du gouvernement fédéral (21/6756) portent sur les années 2020 à 2026. Le gouvernement fédéral a fait valoir que répondre « serait inadmissible dans le délai imparti et dans cette ampleur ». Les députés s'étaient notamment référés à l'appel de la coalition d'action « Widersetzen » ainsi qu'à l'appel « Zusammenstehen » lancé à l'initiative de la Confédération allemande des syndicats.
Jochen Kopelke, président du syndicat de la police (GdP), s'est dit inquiet dans un entretien avec le groupe de presse Funke : « Ma crainte est que la police ne dispose finalement pas de suffisamment de forces dans la rue pour le congrès de l'AfD. » Kopelke a ajouté que l'ensemble « laisse craindre une escalade des manifestations ». De nombreux manifestants se considèrent comme le « dernier bastion contre l'ascension de l'extrême droite en Allemagne ».
Protection de la Constitution et direction du parti
Au sein de l'AfD, le congrès se déroule sous le coup d'un classement national comme cas suspect d'extrême droite par les services de protection de la Constitution, ainsi que de classements confirmés d'extrémisme de droite dans quatre Länder. Dans le rapport actuel des services de protection de la Constitution, on évoque, selon le ministère fédéral de l'Intérieur, 28 000 extrémistes au sein de l'AfD. La direction du parti conteste cette évaluation.
Dans l'« Interview der Woche » de l'ARD, Tino Chrupalla a critiqué le service de renseignement intérieur. « Je dois me justifier sur quelque chose dont j'ignore ce qui m'est concrètement reproché. Alors, s'il vous plaît, n'inversez pas encore la charge de la preuve », a déclaré le coprésident. Chrupalla a défini l'extrémisme de droite comme le recours à la violence contre l'ordre fondamental libre et démocratique, et a souligné : « Pour moi, l'extrémisme de droite, c'est quand on s'en prend par la violence à l'ordre fondamental libre et démocratique, quand on enfreint la Loi fondamentale. Et je ne vois pas cela chez nos membres. » La notion d'extrémisme des services de protection de la Constitution serait, du point de vue de l'AfD, « vague et arbitraire de manière calculée ».
Dans le même temps, Chrupalla s'est efforcé de montrer la cohésion interne. « Après quatre ans de travail commun à la direction du parti, je peux tout à fait dire que j'aime bien Alice Weidel », a-t-il déclaré. À propos de la coprésidente : « Nous nous apprécions. » Il a en même temps souligné une répartition des tâches : « C'est une répartition du travail entre nous. » Et il a insisté : « Nous ne sommes tout de même pas des frères siamois, obligés de tout dire à l'unisson. » Sur l'avenir de la direction bicéphale, il a déclaré : « Actuellement, je ne m'imagine pas devoir ou vouloir diriger le parti seul. » La direction bicéphale « a fait ses preuves ».
Au sein du parti, la suppression de la direction bicéphale est néanmoins régulièrement débattue. Lors du dernier congrès fédéral, il y a deux ans à Essen, Chrupalla l'avait emporté de justesse avec près de 83 % des voix, devant Weidel, qui avait obtenu environ 80 %, ce qui, selon les comptes rendus, ne l'avait pas amusée à l'époque. Le degré de soutien dont bénéficieront cette fois les deux dirigeants est considéré comme un baromètre.
L'ombre de Höcke sur le congrès
Parallèlement, l'influence du chef de file et du groupe parlementaire thuringeois, Björn Höcke, est au centre des préoccupations. Dans une analyse avec Pauline von Pezold de « Inside AfD », Rixa Fürsen met en lumière à quel point Höcke veut marquer le congrès de son empreinte et où il pourrait échouer. Des observateurs soulignent que, en amont, des sujets de politique étrangère, qui font l'objet de débats controversés au sein du parti – notamment les relations avec la Russie – ont été mis de côté. Le politologue Benjamin Höhne, de l'Université technique de Chemnitz, a déclaré au STANDARD qu'il s'agit par exemple des relations de l'AfD avec la Russie.
Höcke avait évoqué au Landtag d'éventuels « bürgerkriegsähnlichen Zuständen ». La direction régionale de l'AfD en Thuringe forme depuis 2014 un duo dirigeant avec Höcke et Stefan Möller. À propos de la candidature de Möller au comité exécutif fédéral, Höcke a déclaré à la dpa : « Ich weiß, wenn Stefan Möller im Bundesvorstand ist, dann habe ich jemanden, mit dem ich im engsten Austausch bin, ich bin angeschlossen, ohne selbst die Arbeit machen zu müssen. »
Chrupalla a dans le même temps critiqué les tentatives de la gauche et des Verts d'empêcher le congrès. Le droit de tenir un congrès du parti est garanti par la Loi fondamentale : « Das ist absolut vom Grundgesetz gedeckt. » Et il a ajouté : « Und dass man sich so etwas mittlerweile erkämpfen muss, zeigt eigentlich die gesamte Situation in Deutschland. » À l'adresse des manifestants, il a déclaré : « Wenn man Straßen blockiert, hoffe ich, dass der Rechtsstaat auch hier dementsprechend reagiert. » Il faut donner aux personnes mises en cause la possibilité de se défendre : « Man muss auch dem Gegenüber und auch den Personen, die man beschuldigt, die Möglichkeit geben, sich dagegen zu wehren. Ich denke, das gehört auch in einem Rechtsstaat dazu. »
Débat sur une procédure d'interdiction
Chrupalla et Weidel se sont publiquement opposés par le passé, notamment sur la question du service militaire et sur la posture à adopter envers la Russie. Dans son autobiographie, Chrupalla écrit néanmoins qu'il règne entre eux une « angenehmer Harmonie ». Au sein du comité exécutif fédéral, il est question d'une répartition des tâches plus claire, afin de réduire les frictions à l'avenir.
En parallèle au congrès, la Gesellschaft für Freiheitsrechte (GFF) a présenté une nouvelle expertise sur un éventuel recours en interdiction visant l'AfD. Le chef d'équipe, Bijan Moini, a déclaré : « Ein AfD-Verbotsantrag hätte nach unserer Einschätzung wahrscheinlich Erfolg. » Pour cette expertise, l'équipe a analysé pendant 13 mois des discours, des procès-verbaux
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