Bayer remporte une victoire devant la Cour suprême des États-Unis dans le litige sur le glyphosate
Washington, 25 juin 2026
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Summary
Dans le litige américain portant sur des risques cancérigènes présumés de l'herbicide glyphosate, la Cour suprême des États-Unis a tranché en faveur de Bayer. Le jugement prive des milliers de plaintes invoquant une prétendue absence d'avertissements sur le cancer de leur fondement.
Washington, 25 juin 2026
La Cour suprême des États-Unis a tranché en faveur du groupe Bayer, basé à Leverkusen, dans le litige à plusieurs milliards de dollars portant sur les risques cancérigènes présumés de l'herbicide glyphosate, privant ainsi des milliers de plaintes de leur fondement.
Contexte de la procédure
La Cour suprême a décidé que les exigences d'homologation des agences fédérales américaines primaient sur le droit des États fédérés. Les juges privent ainsi de leur fondement des milliers de plaintes invoquant des avertissements cancérigènes prétendument insuffisants, selon l'arrêt publié jeudi à Washington.
L'affaire examinée par la Cour concernait un homme qui imputait son cancer du sang à l'utilisation de l'herbicide Roundup à base de glyphosate, produit par le groupe Monsanto, racheté par Bayer en 2018. Un tribunal de l'État américain du Missouri lui avait accordé une indemnité élevée en raison de l'absence d'avertissement. Le jury avait alors conclu que l'entreprise aurait dû apposer un avertissement cancérigène sur l'herbicide Roundup et avait accordé 1,25 million de dollars au plaignant.
Argumentation de Bayer devant le tribunal
Bayer avait hérité de ces litiges en 2018 avec le rachat du groupe agrochimique américain Monsanto. Depuis, ces procédures pèsent financièrement et en termes de réputation sur le groupe basé à Leverkusen. Bayer avait fait valoir que l'agence américaine de protection de l'environnement, l'EPA, classait la substance active comme non cancérigène et que des avertissements correspondants n'étaient donc pas autorisés. Bayer soutenait en conséquence qu'il était interdit aux États d'imposer des avertissements sanitaires supplémentaires.
L'agence américaine de protection de l'environnement et de la santé, l'EPA, avait au contraire classé le glyphosate comme inoffensif. Sur cette base, le groupe avait défendu devant la plus haute juridiction américaine l'idée que les avertissements à l'échelle fédérale devaient primer sur ceux des États. La Cour suprême a, pour l'essentiel, suivi cette argumentation.
Réaction du groupe
Bayer a salué la décision. Le groupe a accueilli favorablement le jugement dans une prise de position, le jugeant « bon pour la science, pour les agriculteurs et pour les secteurs qui dépendent d'une clarté réglementaire pour innover ». Dans le même temps, l'entreprise a souligné que les demandes d'indemnisation « fondées sur le droit de tel ou tel État ne devraient pas non plus prospérer devant les tribunaux ».
Toujours selon Bayer, le jugement devrait « conduire au rejet des recours actuels et à la prévention d'éventuels futurs recours – dans la mesure où ils reposent sur de prétendus avertissements manquants ». Le groupe se voit ainsi confirmé dans sa ligne consistant à considérer la pratique d'homologation de l'EPA comme la norme décisive.
Les effets immédiats sur les marchés financiers ont été nets : l'action Bayer a bondi d'environ 15 % à un moment donné après le jugement. Les investisseurs ont interprété l'issue de la procédure comme un progrès significatif concernant les risques juridiques hérités de Monsanto qui couvaient depuis des années.
Conséquences sur la stratégie de redressement
Le PDG de Bayer, Bill Anderson, qui a pris les rênes du groupe à Leverkusen en juin 2023 et poursuit l'objectif de réduire considérablement les litiges américains d'ici fin 2026, joue un rôle clé dans cette réorientation. Le jugement devrait avoir apporté un soutien supplémentaire à cette démarche.
Le contentieux ne s'en trouvera toutefois pas totalement clos. Les procédures qui ne reposent pas exclusivement sur les avertissements, mais sur d'autres griefs tels qu'une sécurité produit prétendument insuffisante ou un comportement fautif dans la distribution, pourraient moins profiter de cette décision. Les observateurs du secteur s'attendent donc à une vague de recours ultérieurs, dans lesquels les plaignants tenteront de fonder leurs prétentions sur d'autres bases juridiques.
L'issue de la procédure revêt une portée de principe au-delà du cas d'espèce : pour la première fois, la Cour suprême des États-Unis a explicitement clarifié que l'homologation fédérale des produits phytosanitaires fixe la norme à laquelle doivent également se conformer les États fédérés. La régulation de l'EPA gagne ainsi en poids, tandis que les droits des États américains dans ce domaine se trouvent rognés.
Portée au-delà du cas d'espèce
Pour Bayer, ce jugement constitue un tournant après des années de provisions élevées et de transactions à plusieurs milliards de dollars liées à Roundup. Le groupe avait déjà versé au cours des années précédentes des sommes de plusieurs milliards de dollars dans un fonds de règlement pour clore une grande partie des procédures. La victoire devant la Cour suprême ouvre désormais la possibilité de limiter sensiblement le contentieux restant.
Au niveau international, la décision pourrait avoir un effet de signal. En Europe et dans d'autres régions également, les effets cancérigènes du glyphosate font débat depuis des années, et l'homologation au sein de l'UE a déjà fait à plusieurs reprises l'objet de discussions politiques. La primauté claire de la régulation fédérale américaine devrait relancer le débat sur l'évaluation scientifique de la substance active.
Les critiques du jugement soutiennent en revanche que la classification de l'EPA ne couvre pas tous les aspects du risque de cancer et ignore les futurs acquis scientifiques. Des organisations de protection des consommateurs ont annoncé qu'elles suivraient attentivement les développements et, le cas échéant, agiraient politiquement en faveur d'un durcissement des obligations d'étiquetage.
Sur le marché, la décision a été accueillie majoritairement positivement malgré ces réserves. Les analystes y voient une pièce maîtresse de la stratégie de redressement de Bill Anderson, qui veut rendre le groupe plus lean et moins exposé aux risques juridiques américains. L'évolution des prochains trimestres montrera dans quelle mesure ce succès juridique pourra se traduire par un allègement financier durable.
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