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Après un féminicide à Taufkirchen : débat sur la loi sur les armes, le travail auprès des auteurs et le budget pour les femmes en Autriche
Vienne, 16 juin 2026
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Summary
Après le féminicide de Taufkirchen an der Pram, l'Autriche discute du durcissement de la loi sur les armes et de la politique budgétaire en matière de protection contre les violences. La ministre chargée des Femmes, Holzleitner (SPÖ), a parlé d'un niveau record d'investissements, tandis que les organisations d'aide mettent en garde contre des coupes dans le travail auprès des auteurs. L'association Autonome Österreichische Frauenhäuser a déjà recensé 14 féminicides cette année.
Vienne, 16 juin 2026
Après le féminicide de Taufkirchen an der Pram et d'autres homicides de femmes, la classe politique et les organisations d'aide en Autriche débattent d'un durcissement de la loi sur les armes, de coupes dans le travail auprès des auteurs et du budget pour les femmes.
L'affaire de Taufkirchen an der Pram, dans l'Innviertel, a ravivé le débat sur la protection contre les violences en Autriche. Le parquet de Ried im Innkreis a cité « un amour non partagé et le fait que la femme ait entamé une autre relation » comme mobiles du crime. La discussion dépasse largement le cas isolé et touche à des questions relatives au droit des armes, à la prévention et aux moyens financiers des structures d'aide.
Extension prévue des centres de conseil
La ministre chargée des Femmes, Eva-Maria Holzleitner (SPÖ), a annoncé lundi lors d'un point presse une extension des centres de conseil pour les femmes et les filles. Ceux-ci doivent devenir des « centres de services » avec des horaires d'ouverture minimaux et une coopération avec le service public de l'emploi AMS. Il s'agit d'aider les femmes concernées, selon Holzleitner : « Pour qu'elle puisse partir quand elle le veut », les accords avec les Länder concernant les hébergements de protection seront poursuivis.
Le budget pour les femmes passera à 55 millions d'euros en 2027, selon la ministre, malgré la pression générale sur les dépenses. Cela correspond à une hausse de 61 pour cent, soit environ 21 millions d'euros, a indiqué Holzleitner. Elle a parlé du « niveau le plus élevé de l'histoire de l'Autriche ». « Nous n'abandonnons pas les femmes, surtout en période d'incertitude », a souligné la ministre.
Le budget pour les femmes atteint un niveau record
Les centres de protection contre les violences reçoivent 1,75 million d'euros supplémentaires, et les consultations médico-légales pour victimes de violences doivent être étendues. L'Avocate de l'égalité de traitement et la Commission pour l'égalité de traitement obtiennent environ neuf millions d'euros de plus. Le projet « StOP – Stadtteile ohne Partnergewalt » (Quartiers sans violences conjugales) et l'association anti-raciste « Zara » doivent également être financés à l'avenir par le budget pour les femmes.
Des coupes redoutées dans le travail auprès des auteurs
Dans le même temps, les organisations spécialisées mettent en garde contre des coupes ailleurs. L'association « Neustart » devrait recevoir environ 2,4 millions d'euros de moins par rapport à 2026. Un programme de lutte contre la haine en ligne pourrait également être touché. « Dans le programme gouvernemental, il était pourtant prévu de développer précisément le travail auprès des auteurs et les mesures contre la haine en ligne », a critiqué l'association. Interrogée par profil, l'association a indiqué qu'un budget plus faible signifiait moins de temps pour les usagers, une fréquence de contact plus basse et donc moins de travail auprès des auteurs et une prévention dégradée contre les violences.
Karin Gölly, directrice de la fédération nationale des centres de protection contre les violences, a averti qu'il fallait voir les choses dans leur ensemble. « Nous devons tous économiser, mais dans le domaine social, on raisonne toujours à court terme », a déclaré Gölly. Elle a par ailleurs appelé à davantage d'investissements dans le travail de sensibilisation et envisage des coopérations avec des centres de santé afin de mieux joindre les femmes concernées à l'avenir.
Interrogée sur les coupes menaçant « Neustart », Holzleitner est restée prudente. Elle a appelé ses collègues ministres à garder à l'esprit le programme gouvernemental. Elle juge particulièrement drastiques, selon ses propres indications, les coupes du budget de la Justice affectant le service de probation.
Critiques de l'opposition et des organisations d'aide
La porte-parole des Verts sur les questions de politique féminine, Meri Disoski, a également formulé des critiques. « Les prestations familiales perdent de leur valeur, le congé-éducation est supprimé et les petits revenus sont alourdis supplémentairement », a-t-elle déclaré. Selon ses calculs, une mère célibataire travaillant à temps partiel disposera à l'avenir d'environ 700 euros de moins par an.
L'association Autonome Österreichische Frauenhäuser (AÖF) a salué les investissements dans le budget du ministère chargé des Femmes, tout en soulignant la dimension structurelle des violences faites aux femmes. L'association a déjà recensé 14 féminicides cette année et constate que « de nombreux homicides de femmes ne sont pas le fait du hasard, mais sont l'expression d'inégalités structurelles, de rapports de pouvoir patriarcaux et de violences liées au genre ». « Et le travail auprès des auteurs, c'est de la protection des victimes », a souligné l'association au regard de la sécurité des femmes.
Débat autour de la loi sur les armes
Le débat politique porte également sur un durcissement de la loi sur les armes. Les partisans de règles plus strictes renvoient à l'usage répété d'armes à feu lors des féminicides. Les mesures législatives exactes restent à définir. La discussion intervient à un moment où les structures d'aide doivent, d'un côté, recevoir davantage de moyens, mais où, de l'autre, elles doivent s'attendre à des coupes dans des programmes de prévention essentiels.