Trump Kennedy Center : un juge ordonne le retrait du nom | actualites360
Un juge fédéral ordonne le retrait du nom de Trump de la façade du Kennedy Center
Washington, D.C., 30 mai 2026
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Summary
Un tribunal fédéral américain a ordonné vendredi le retrait du nom de Donald Trump de la façade du Kennedy Center de Washington, statuant que seul le Congrès a le pouvoir de modifier le nom de l'institution. Le juge a également bloqué temporairement le projet de fermeture du centre culturel pour une rénovation de deux ans prévue cet été.
Washington, D.C., 30 mai 2026
Un juge fédéral américain a ordonné vendredi que le nom de l'ancien président Donald Trump soit retiré de la façade du John F. Kennedy Center for the Performing Arts à Washington, D.C., statuant que seul le Congrès des États-Unis détient l'autorité de changer le nom de l'institution culturelle.
La décision, rendue par le juge de district Christopher Cooper, constitue un revers cinglant pour Donald Trump, qui avait pris le contrôle du centre peu après son investiture en janvier 2025 et supervisé son changement de nom en « Trump Kennedy Center » en décembre de la même année. Le magistrat a ordonné que toute la signalétique et les documents en ligne faisant référence au « Donald J. Trump and John F. Kennedy Memorial Center for the Performing Arts », au « Trump Kennedy Center » ou à toute appellation similaire soient retirés dans un délai de 14 jours.
Le juge Cooper a fondé sa décision sur le statut organique du centre, qui, selon lui, ne laisse aucune place à l'ambiguïté. Dans un jugement de 94 pages, il a écrit :
"The Kennedy Center's organic statute makes crystal clear that the Center is to be named for President Kennedy, and it cannot bear any other formal name or public memorial based on the Board's unilateral say-so. Congress gave the Kennedy Center its name, and only Congress can change it."
Le tribunal a également temporairement bloqué le projet de l'administration Trump de fermer le Kennedy Center pour une rénovation de deux ans, dont le début était prévu pour le mois de juillet, juste après les célébrations du 250e anniversaire des États-Unis. Le juge a estimé que le vote du conseil d'administration du 16 mars pour fermer le centre violait ses obligations légales, car aucun des membres ne disposait d'informations suffisantes pour prendre une décision éclairée.
La prise de contrôle du Kennedy Center par Trump
Le Kennedy Center, situé sur les rives du fleuve Potomac, est un monument culturel nommé en l'honneur de l'ancien président John F. Kennedy (1917-1963). L'institution présente traditionnellement des spectacles de théâtre, de danse et de musique couvrant tous les genres. Peu après son retour à la Maison-Blanche en janvier 2025, Donald Trump a entrepris une restructuration radicale de l'institution.
Il a d'abord limogé plusieurs membres du conseil d'administration avant d'en assumer lui-même la présidence. Pour mener à bien cette réorientation, il a nommé son confident Richard Grenell, ancien ambassadeur des États-Unis à Berlin, avec pour mission de réaligner l'institution. Un conseil d'administration contrôlé par Trump a ensuite officiellement rebaptisé l'établissement « Trump Kennedy Center » en décembre, déclenchant une vague de protestations et le boycott de nombreux artistes qui ont annulé leurs représentations.
Le centre a progressivement réduit sa programmation et a déjà licencié la majeure partie de son personnel dédié à la programmation artistique. Trump avait annoncé vouloir lutter contre ce qu'il qualifiait d'« anti-amerikanische Propaganda » dans le monde culturel.
La bataille judiciaire et la décision du tribunal
La plainte a été déposée en mars par la représentante démocrate de l'Ohio, Joyce Beatty, membre de droit du conseil d'administration du Kennedy Center dont les droits de vote avaient été supprimés l'année précédente. La plainte contestait à la fois le changement de nom et le projet de fermeture pour rénovation.
Concernant la fermeture, le juge Cooper a qualifié les plans de rénovation de « flous » et a estimé que la décision de fermer le centre manquait d'un examen approfondi et transparent. Il a toutefois précisé que sa décision n'empêche pas fondamentalement une future fermeture par le conseil d'administration, mais que celle-ci ne devrait intervenir qu'après que le conseil dispose d'informations suffisantes pour prendre une décision réfléchie et indépendante. Des travaux de maintenance peuvent par ailleurs se poursuivre.
La décision est intervenue environ deux semaines avant le 80e anniversaire de Donald Trump. Les républicains de Trump détiennent actuellement une courte majorité dans les deux chambres du Congrès.
Réactions et projets d'avenir
La réaction de Donald Trump ne s'est pas fait attendre. Dans un message publié sur son réseau social Truth Social, l'ancien président a déclaré :
"Es gab noch nie einen Präsidenten der Vereinigten Staaten, der von den Gerichten so ungerecht behandelt wurde wie ich."
Il a également estimé que « Der Richter solle sich schämen ». Trump a par ailleurs annoncé n'avoir « kein Interesse » à poursuivre le projet de rénovation, à moins de pouvoir agir sans restriction.
Du côté du Kennedy Center, la vice-présidente des relations publiques, Roma Daravi, a indiqué à la radio NPR que l'institution ferait appel de la décision. Dans un courriel, elle a déclaré :
"We will review the decision carefully though the reality remains — the Center requires an urgent and significant restoration – a truth that even the plaintiff acknowledges. With $257 million secured by President Trump and approved by Congress, the resources are in place and we remain committed to pursuing every lawful avenue to ensure the Trump Kennedy Center is restored as a national cultural landmark for all Americans to enjoy."
La Maison-Blanche, sollicitée par NPR, n'a pas répondu dans l'immédiat.
Les ambitions architecturales de Trump à Washington
Cette controverse s'inscrit dans un contexte plus large de projets architecturaux menés par Donald Trump dans la capitale fédérale. L'ancien président a fait démolir l'aile Est de la Maison-Blanche pour y faire construire une immense salle de bal. Le magazine New York Magazine a commenté que « Trump verwandelt das Weiße Haus in Mar-a-Lago », en référence à la résidence privée de Trump en Floride, connue pour son design opulent agrémenté d'éléments dorés.
Trump prévoit également la construction d'un arc de triomphe géant à Washington, destiné à surpasser tous les arcs de triomphe existant dans le monde. Parallèlement, il fait rénover plusieurs places publiques de la capitale en prévision des célébrations du 4 juillet marquant le 250e anniversaire des États-Unis.
Un avenir incertain pour l'institution culturelle
La décision du juge Cooper replace le destin du Kennedy Center entre les mains du Congrès, seul habilité à modifier le nom de l'institution. Si les républicains détiennent une majorité dans les deux chambres, rien n'indique à ce stade qu'une initiative législative en ce sens soit envisagée.
Le centre, qui a déjà considérablement réduit ses activités et licencié l'essentiel de son personnel de programmation, se trouve dans une situation précaire. La somme de 257 millions de dollars évoquée par Roma Daravi pour la rénovation a été approuvée par le Congrès, mais le projet de fermeture temporaire est désormais bloqué par la justice, du moins jusqu'à ce qu'un examen approfondi et indépendant soit mené.
L'institution, qui porte le nom de l'un des présidents les plus emblématiques de l'histoire américaine, reste au cœur d'une bataille politique et culturelle dont l'issue dépendra autant des tribunaux que des équilibres au sein du pouvoir législatif.
Questions & Réponses
Pourquoi le juge a-t-il ordonné le retrait du nom de Trump du Kennedy Center ?
Le juge Christopher Cooper a statué que le statut organique du centre stipule clairement qu'il doit porter le nom du président Kennedy et que seul le Congrès, qui a donné son nom à l'institution, a le pouvoir de le modifier.
Qui a intenté le procès contre le changement de nom et la fermeture du centre ?
La plainte a été déposée par la représentante démocrate de l'Ohio, Joyce Beatty, membre de droit du conseil d'administration du Kennedy Center dont les droits de vote avaient été supprimés