Sommet du G7 à Évian 2026 : Macron, Trump et les crises | actualites360
Sommet du G7 à Évian : Macron accueille Trump pour sa dernière grande apparition à la présidence
Évian-les-Bains, 15 juin 2026
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Lors du sommet du G7 à Évian-les-Bains, en France, Emmanuel Macron accueille les chefs d'État et de gouvernement des principales nations industrialisées pour son dernier grand sommet international. Au cœur des discussions : la guerre en Ukraine, les conséquences du conflit avec l'Iran et les désaccords sur les déséquilibres commerciaux mondiaux – avec Donald Trump comme invité imprévisible.
Évian-les-Bains, 15 juin 2026
Lors du sommet du G7 à Évian-les-Bains, en France, le président français Emmanuel Macron accueille de lundi à mercredi les chefs d'État et de gouvernement des principales nations industrialisées pour son dernier grand sommet international.
Plus de vingt ans après le sommet du G8 de 2003, les chefs d'État et de gouvernement des principales puissances industrielles occidentales sont de retour au bord du Léman. La station thermale d'Évian-les-Bains, sur la rive française du lac Léman, est à nouveau le théâtre d'une rencontre au sommet consacrée aux guerres, aux crises et à l'avenir de l'ordre libéral mondial. Pour Macron, il s'agit de son deuxième G7 en tant qu'hôte, après avoir reçu le groupe en 2019 dans la station balnéaire de Biarritz.
Outre les chefs d'État et de gouvernement des pays du G7 – États-Unis, Canada, Japon, Allemagne, France, Royaume-Uni et Italie –, les représentants de cinq pays invités sont également conviés cette année : l'Égypte, le Brésil, l'Inde, le Kenya et la Corée du Sud. L'Afrique du Sud n'a en revanche pas été invitée, parce que Trump avait menacé de boycotter le sommet, selon un porte-parole du pays. Le conseiller fédéral suisse Guy Parmelin est convié au dîner de gala, la Suisse mettant l'aéroport de Genève à la disposition des invités arrivant dans la région.
Le sommet du G7 sous présidence française doit porter sur la réduction des déséquilibres mondiaux, la protection des mineurs dans l'espace numérique et les chaînes d'approvisionnement en terres rares. Macron a clairement fait savoir en amont qu'il entendait dénoncer les déséquilibres macroéconomiques mondiaux et plaider pour une croissance commune et durable. « L'objectif commun est une « croissance durable et partagée, qui profite à tous », a souligné l'Élysée.
L'économie au centre
L'économie mondiale est, depuis la première réunion du G7 après le choc pétrolier de 1973, un sujet plus épineux que jamais. En 1975, les signataires s'étaient entendus à Rambouillet pour « ne pas libérer de forces inflationnistes supplémentaires » – aujourd'hui, le vœu du G7 d'une croissance commune sonne presque comme une plaisanterie cynique face à la politique tarifaire capricieuse du président américain. Avant le début du sommet, Macron a donc organisé une vidéoconférence avec les pays du G7, la Chine, le Fonds monétaire international et plusieurs pays émergents.
« Nous sommes parvenus ensemble à la conviction que ces inégalités sont dangereuses », a-t-il été déclaré jeudi à l'issue d'une vidéoconférence à laquelle ont notamment participé le vice-Premier ministre chinois Zhang Guoqing et le chancelier allemand Friedrich Merz. La Chine ne sera pas représentée au sommet lui-même, mais le dialogue doit se poursuivre à Évian.
L'Ukraine et l'Iran comme sujets principaux
Le sommet ne porte cependant pas uniquement sur des questions économiques. C'est la première rencontre physique des chefs d'État et de gouvernement du G7 depuis les attaques des États-Unis et d'Israël contre l'Iran, qui ont entraîné la fermeture du détroit d'Ormuz. Les quatre États européens du G7 – la France, le Royaume-Uni, l'Allemagne et l'Italie – ont réaffirmé dans la nuit leur disponibilité à participer à une mission militaire à vocation défensive pour sécuriser le détroit.
En ouverture, les chefs d'État et de gouvernement devaient aborder les crises internationales lors d'un dîner de travail le soir – les progrès concernant l'Iran, mais une certaine inquiétude quant à la mise en œuvre de l'accord-cadre, ainsi que les récentes attaques de la Russie contre l'Ukraine, qui risquent de compliquer davantage la reprise des négociations avec Moscou. Macron veut également pousser Trump à durcir les sanctions contre Moscou, après qu'une attaque russe a incendié la laure des Grottes de Kiev, un monastère vieux de mille ans inscrit au patrimoine de l'Unesco.
« Il est très important que ces négociations aboutissent à des décisions concrètes », a déclaré le président ukrainien Zelensky dimanche, avant même les attaques russes contre la cathédrale dans l'enceinte de la célèbre laure. Des discussions sur « la paix et la sécurité pour l'Ukraine et l'Europe » sont prévues. Des diplomates français espèrent que Zelensky pourra au moins « croiser » Trump, quand bien même les deux ne parviendraient pas à s'entretenir.
Le plus grand défi pour Macron reste cependant la gestion du président américain lui-même. Donald Trump est arrivé lundi et doit rejoindre son homologue français en fin d'après-midi (17h30) pour un entretien bilatéral. Il a quitté Washington quelques heures à peine après un spectacle militaire devant la Maison-Blanche, qu'il avait lui-même organisé pour son 80e anniversaire. À la question de savoir s'il gardait rancune à Trump pour sa phrase de 2025 – « Emmanuel se trompe toujours » –, Macron a répondu dans une interview télévisée qu'il était « pragmatique ».
Trump, un invité imprévisible
Les expériences avec Trump lors de précédents G7 ne sont pas encourageantes. En 2025, Trump avait quitté prématurément le sommet du G7 au Canada, contrariant les projets des autres chefs d'État et de gouvernement. L'incident avait été encore plus retentissant en 2018 au Canada, lorsqu'il avait, après son départ anticipé, retiré depuis son avion sa signature de la déclaration finale âprement négociée. Lors de ce sommet, les sujets susceptibles de l'irriter ont donc été évités.
Le conflit de politique économique entre Washington et Paris est particulièrement aigu. Trump avait menacé Macron d'une surtaxe drastique de 100 pour cent sur le champagne et le vin si ce dernier ne retirait pas la taxe française sur les géants numériques américains. « S'ils le font néanmoins, je n'ai d'autre choix que d'imposer un droit de douane de 100 pour cent sur tous les champagnes et vins en provenance de France », a-t-il déclaré au « New York Post ». Il aurait demandé à Macron de ne pas pénaliser les entreprises américaines.
La France avait introduit en 2019 une taxe de trois pour cent sur le chiffre d'affaires réalisé dans le pays par les entreprises du numérique. Les États-Unis, sous Trump, ont prouvé qu'ils ne font plus partie de la communauté de valeurs telle que le G7 se définit. Depuis la réélection de Trump, les États-Unis adoptent une rhétorique d'annexion et n'épargnent pas même des partenaires du G7 comme le Canada. Ils utilisent les droits de douane comme une arme, ciblée, à des fins de sanction et de chantage – y compris contre des partenaires du G7.
Malgré toutes les divergences, le Premier ministre canadien Mark Carney se montre optimiste. Le style du chef de l'État français – « direct, concret et ambitieux » – peut permettre des progrès avec tous les partenaires du G7 « y compris le président Trump », a loué Carney en amont. « Nous aurons des discussions respectueuses, mais claires », a annoncé Macron. Le potentiel de mécontentement du président américain reste donc bien présent malgré les flatteries.
La dernière scène de Macron
Pour Macron, qui, depuis son discours de la Sorbonne en 2017, prône un rôle renforcé de l'Europe dans un monde marqué par une rivalité croissante entre grandes puissances, c'est la dernière grande scène. Dans tous les autres pays membres du G7, d'autres personnalités politiques sont aujourd'hui aux commandes qu'en 2019. L'an prochain, les États-Unis prendront la présidence du G7 – ce qui nourrit la crainte d'un nouvel affaiblissement du format.
Une alliance D7 regroupant l'UE, le Royaume-Uni, le Japon, la Corée du Sud, l'Australie, la Nouvelle-Zélande et le Canada serait un signal fort de résilience, propose l'ancien secrétaire général de l'Otan Anders Fogh Rasmussen. Elle devrait assurer le contact avec le G20 – et notamment avec l'aide au développement, qui est traitée de manière négligeable à Évian. L'homme politique danois propose un mécanisme d'assistance économique – analogue à l'article 5 du traité de l'Otan : quiconque cherche à faire chanter économiquement un membre du D7 s'en prend à tous.
Dispositif de sécurité et manifestations
Le dispositif de sécurité est massif. Côté français, environ 16 000 policiers, gendarmes et soldats sont mobilisés. La Suisse participe à la sécurisation avec environ 4 000 soldats, les invités d'État atterrissant à l'aéroport de Genève. En après-midi, selon la police, environ 20 000 personnes avaient participé à une manifestation largement pacifique dans la ville suisse. Le sommet du G8 de 2003 reste dans les mémoires de la région, en particulier en Suisse, où de violents heurts avaient éclaté.
Mercredi soir, Macron clôturera la rencontre internationale par un dîner fastueux au château de Versailles – en compagnie du seul Trump, et pour célébrer le 250e anniversaire de l'indépendance américaine. C'est là qu'en 1783 fut signé le traité scellant l'indépendance des États-Unis. Macron et l'ancienne chancelière allemande Angela Merkel avaient sci