Sommet de l'OTAN à Ankara : les Européens augmentent leurs dépenses de défense, Trump menace de nouveaux conflits
Ankara, 7 juillet 2026
Daniel Torok / Wikimedia Commons / Public domain
Summary
Le sommet de l'OTAN des 32 États membres s'ouvre mardi à Ankara. Alors que l'Europe augmente massivement ses dépenses de défense, le président américain Trump crée des tensions par ses critiques des partenaires et ses menaces. Erdoğan entend pour sa part renforcer le rôle de la Turquie au sein de l'Alliance.
Ankara, 7 juillet 2026
Le sommet de deux jours de l'OTAN, réunissant les 32 chefs d'État et de gouvernement, a commencé mardi à Ankara, avec au centre des discussions la hausse des dépenses européennes de défense, de nouvelles aides de plusieurs milliards à l'Ukraine et les tensions croissantes avec le président américain Donald Trump.
Erdoğan accueille 32 chefs d'État et de gouvernement
Le président turc accueille mardi et mercredi les chefs d'État et de gouvernement des pays de l'OTAN pour le sommet dans la capitale turque, Ankara. Recep Tayyip Erdoğan veut utiliser cette grande scène à ses propres fins et consolider l'importance de son pays au sein de l'Alliance. « Le président turc accueille mardi et mercredi les chefs d'État et de gouvernement des pays de l'OTAN pour le sommet dans la capitale turque, Ankara », indique la couverture médiatique. La Turquie, qui dispose de la deuxième armée de l'Alliance après les États-Unis depuis son adhésion à l'OTAN en 1952, est un pilier important de la défense de l'Alliance.
Au centre de la rencontre figurent, selon l'agenda officiel, le niveau des dépenses de défense, le renforcement de l'industrie européenne de l'armement et de nouvelles aides à l'Ukraine. « Officiellement, les chefs d'État et de gouvernement se concertent sur le niveau de leurs dépenses de défense, le renforcement de l'industrie européenne de l'armement et de nouvelles aides à l'Ukraine », tel est le constat. Le sommet débute dans la soirée par un dîner de travail au palais présidentiel, suivi mercredi matin de la séance de travail. Le sommet a été réduit à une séance de travail mercredi matin. Le soir, un dîner est prévu dans un cadre probablement somptueux.
Alors que le président américain Donald Trump continue d'exercer de vives critiques à l'encontre des partenaires européens, ces derniers ont considérablement augmenté leurs budgets de défense ces dernières années. « L'an passé, les États de l'OTAN avaient convenu de dépenser à l'avenir au total cinq pour cent de leur puissance économique pour la défense et la sécurité », ils s'étaient mis d'accord pour consacrer d'ici 2035 cinq pour cent du produit intérieur brut à la défense et à la sécurité. Sur ce montant, 3,5 pour cent doivent revenir à la défense classique, et 1,5 pour cent supplémentaire à des domaines comme les infrastructures.
Réarmement européen : « stupéfiant » ou pas suffisant ?
Le secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte, a salué dans un entretien avec la chaîne de télévision publique turque les efforts des Européens. Les Européens ont augmenté leurs dépenses de défense de manière « stupéfiante », a déclaré Rutte. Selon ses indications, les alliés européens et le Canada investissent déjà environ quatre pour cent de leur produit intérieur brut dans la défense et la sécurité. Sur ce montant, d'après des informations de dpa, environ 2,5 pour cent reviennent aux dépenses de défense classiques et 1,5 pour cent à d'autres domaines liés à la défense, comme les infrastructures. L'OTAN sans les États-Unis a augmenté ses dépenses militaires l'an dernier de 20 pour cent, pour atteindre quelque 500 milliards d'euros. 17 des 32 membres de l'OTAN consacrent désormais au moins deux pour cent de leur PIB à la défense.
Pourtant, la critique venue de Washington ne faiblit pas. Le président américain Donald Trump avait encore fulminé il y a quelques jours dans un post sur Truth Social que les États-Unis dépensaient plus d'argent pour l'Otan que tous les autres, sans rien en retirer. « Et que les Européens payaient trop peu – il critiquait même l'élève modèle allemand », indiquait l'article. Le gouvernement fédéral prévoit de participer au sommet avec le chancelier fédéral Friedrich Merz (CDU). Les grandes puissances d'Europe occidentale, la France et la Grande-Bretagne, continuent également d'être dans le collimateur du président américain, qui a qualifié la contribution allemande à l'OTAN de « ridiculous ».
Trump menace et exige : pression sur l'Europe avant le sommet
Trump avait en outre menacé de ne pas soutenir militairement les Européens dans le conflit ukrainien s'ils n'achetaient pas suffisamment de matériels d'armement américains. « Celui qui achète trop peu de matériels d'armement américains ou contredit peut ne plus être sûr du soutien des États-Unis en cas de guerre », telle est l'analyse. Dans le même temps, le président américain a critiqué le comportement des partenaires européens dans la guerre contre l'Iran. Trump a réagi avec agacement à l'attitude critique de plusieurs États de l'OTAN envers la guerre américaine contre l'Iran. Avant la rencontre dans la capitale turque, la crainte grandit que Donald Trump cherche la querelle.
Dans ce contexte de tensions, le forum de l'industrie de la défense, jusqu'ici organisé en marge, fera pour la première fois officiellement partie du programme du sommet de l'OTAN. « Plusieurs accords entre les partenaires de l'Alliance y sont attendus », indique la planification. Lors d'un forum de l'industrie de l'armement, des contrats d'armement de plusieurs milliards doivent être conclus. Les États européens de l'OTAN veulent annoncer à la rencontre à Ankara des commandes d'armement de plusieurs milliards afin de prouver leurs dépenses de défense accrues avant le sommet avec Trump.
La Turquie sous le feu des projecteurs : deuxième armée et industrie de l'armement en croissance
La Turquie en tant que nation montante de l'armement est également sous le feu des projecteurs. Selon les indications de l'Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI), les dépenses militaires turques ont augmenté l'an dernier de 7,2 pour cent par rapport à l'année précédente, pour dépasser 30 milliards de dollars américains. La Turquie se classe ainsi à la 18e place mondiale. Ankara veut porter ses dépenses de défense à cinq pour cent du produit intérieur brut d'ici fin 2030. La Turquie dispose d'une industrie de l'armement en rapide expansion et a exporté l'an dernier pour dix milliards de dollars d'armes et d'équipements. La Turquie est, avec ses quelque 3000 entreprises dans le secteur de la défense, un pays important, selon Rutte. « En ce qui concerne les évolutions dans le domaine militaro-industriel, la Turquie peut contribuer plus que la plupart des autres pays », a déclaré Hüseyin Bağcı, professeur à la Middle East Technical University.
Dans le même temps, le soutien américain prévu pour l'avion de combat turc KAAN soulève des questions. Sur ce projet de prestige, il reste encore des problèmes de moteurs ; des solutions issues de la production américaine pourraient temporairement aider le projet. Les relations personnelles entre Trump et Erdoğan sont jugées bonnes. Le président américain Donald Trump a clairement indiqué qu'il venait surtout en raison du président turc. « Pour la plupart des autres, il ne viendrait pas, il se rendrait au sommet par respect pour Erdoğan », a déclaré Trump. Le président américain a annoncé : « C'est un membre fort de l'OTAN. Oui, je vais probablement faire quelque chose qui le rendra très heureux. »
Un autre point central est l'aide à l'Ukraine. Selon une version ayant fuité du projet de déclaration du sommet, les partenaires européens de l'OTAN et le Canada veulent mettre à la disposition de Kyiv 70 milliards d'euros cette année. Pour l'Ukraine, 70 milliards d'euros chacun sont prévus pour les deux prochaines années. La base doit apparemment être une déclaration commune selon laquelle le fondement des négociations de cessez-le-feu avec la Russie doit être les lignes de front actuelles – et non les exigences russes allant plus loin. La majeure partie de cet argent n'est pas nouvelle, déjà budgétée via l'UE ou certains États membres. Il reste donc environ 80 milliards d'euros à financer sur les budgets nationaux des États de l'OTAN. Les États-Unis n'y participeront pas. L'UE a approuvé un crédit de 90 milliards d'euros, qui sera partiellement versé dans le paquet d'aide à l'Ukraine.
Aide à l'Ukraine : 70 milliards d'euros sans les États-Unis
En outre, un paquet d'aide de l'UE fournira à l'Ukraine jusqu'à fin 2027 quelque 60 milliards d'euros pour des dépenses liées à la défense. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky participera au dîner et rencontrera probablement Trump en marge du sommet. Mercredi, Zelensky est attendu à Ankara pour un entretien direct avec Trump. Face aux récentes attaques contre son pays, le président ukrainien a demandé un soutien supplémentaire pour la défense aérienne.
Entre-temps, la Turquie cherche à s'impliquer davantage dans les initiatives européennes de défense. Elle se situe à l'intersection de l'Europe, de l'Asie et du Proche-Orient et borde plusieurs régions en crise. En tant qu'État riverain, elle contrôle, sur la base de la Convention de Montreux, les détroits entre la mer Égée et la mer Noire. Au cours des dernières années, elle a aussi cherché à se profiler comme médiatrice dans des crises internationales – comme par exemple dans la guerre en Ukraine et dans
Sommet de l'OTAN à Ankara 2026 : le réarmement de l'Europe | actualites360