Trump critique les partenaires européens de l'Otan pour leur soutien à l'Iran avant la visite de Rutte
Washington, 24 juin 2026
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Summary
À la veille de la visite à Washington du secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, le président américain Donald Trump a violemment critiqué le Royaume-Uni, l'Allemagne et l'Italie. Ils n'auraient pas suffisamment soutenu les États-Unis dans le conflit avec l'Iran, a déclaré Trump à la Maison-Blanche. L'Italie a réagi avec indignation et a rejeté ces accusations.
Washington, 24 juin 2026
Le président américain Donald Trump a, quelques jours avant la visite à Washington du secrétaire général de l'Otan Mark Rutte, violemment critiqué plusieurs partenaires européens de l'Alliance pour leur manque de soutien dans le conflit avec l'Iran, citant nommément le Royaume-Uni, l'Allemagne ainsi que l'Italie.
Contexte : la visite de Rutte et le conflit latent avec l'Iran
Trump a formulé ces accusations mardi à la Maison-Blanche. Rutte est attendu à Washington de mardi à jeudi, et une rencontre avec Trump figure au programme. En critiquant les capitales européennes, le président américain a provoqué d'importantes frictions au sein de l'Alliance juste avant cette visite. Ses déclarations interviennent alors que les États-Unis mènent parallèlement une offensive diplomatique visant à endiguer le programme nucléaire iranien.
Selon plusieurs comptes-rendus, Trump a déclaré que Washington avait demandé le soutien des alliés européens contre l'Iran, mais que ceux-ci n'avaient pas répondu présents. „Nous avons sollicité leur aide, et ils n'étaient pas là pour nous“, l'a cité l'agence de presse dpa. Il n'a pas fourni de précisions. Il a mentionné le Royaume-Uni, l'Allemagne et l'Italie comme des partenaires qui ne se seraient pas montrés solidaires. Ces reproches ressemblent à des déclarations antérieures de responsables américains, qui avaient déjà à plusieurs reprises critiqué des alliés de l'Otan pour leur soutien insuffisant dans l'action contre l'Iran.
Le reproche de Trump : un manque de soutien dans le conflit avec l'Iran
Dans le même temps, Trump a remis en question les contributions européennes à leur propre sécurité. Il a affirmé que les États-Unis dépensaient des centaines de millions de dollars pour protéger des États européens face à la Russie. Il a par ailleurs déclaré que les États-Unis avaient, au fil des années, consacré des sommes énormes à la protection de l'Europe. Cette formulation reprenait le reproche formulé de longue date à Washington d'une répartition inégale des charges au sein de l'Alliance et d'efforts de défense insuffisants de la part des États membres européens.
Concernant d'éventuelles futures demandes d'aide formulées par Washington, Trump n'a pas exclu une réciprocité. Si des alliés ne souhaitaient pas aider les États-Unis sur des questions d'ampleur relativement limitée, Washington pourrait lui aussi dire non à l'avenir, a-t-il dit. Ce faisant, il a indirectement placé les garanties de sécurité américaines envers l'Europe en question. Des observateurs ont interprété cette déclaration comme une menace ciblée à l'adresse des capitales européennes.
La vive réaction de l'Italie et le numéro d'équilibriste de Meloni
La réaction européenne n'a pas tardé. Le ministre italien des Affaires étrangères et vice-Premier ministre Antonio Tajani a qualifié les attaques de Trump contre l'Italie d'insulte „incompréhensible“. Il a déclaré sur la chaîne de télévision Rete 4 lundi soir : „Das ist unverständlich, vielleicht ist es ein Ablenkungsmanöver. Wir mussten darauf reagieren“. Tajani a ajouté que les critiques ne visaient pas seulement la Première ministre Giorgia Meloni, mais l'Italie tout entière. Il a également déclaré : „Italien stellt zudem die meisten Soldaten in NATO-Missionen weltweit, auch zur Verteidigung des Westens“. Il a par ailleurs souligné : „Wir sind ein vorbildliches Land und erhöhen außerdem unsere Ausgaben für die NATO“. Il a également critiqué le fait que Trump ne s'était adressé ni à Vladimir Poutine ni à d'autres responsables politiques de la manière dont il s'était adressé à Meloni.
La Première ministre Giorgia Meloni a tenté de calmer le jeu. Lors d'une réunion du Conseil des ministres lundi après-midi, elle a averti que la dispute avec Trump ne devait pas endommager les relations du gouvernement italien avec les États-Unis. Elle a convié ses ministres le 2 juillet à une réception à l'ambassade des États-Unis à Rome à l'occasion de la fête nationale américaine. Elle a justifié cette invitation par la coopération jusqu'ici très positive avec l'ambassadeur des États-Unis en Italie, Tilman Fertitta. Tajani a pour sa part annulé un déplacement prévu à Miami afin de réagir par „une réponse déterminée“ aux propos de Trump.
L'offensive diplomatique de Washington dans le Golfe
Le gouvernement américain avait déjà à plusieurs reprises accusé des alliés de l'Otan de ne pas suffisamment soutenir les États-Unis dans le conflit avec l'Iran. Washington adopte cette position depuis des semaines, en parallèle d'efforts diplomatiques visant à limiter le programme nucléaire iranien. Parallèlement, le gouvernement américain a autorisé la vente de pétrole iranien et, selon les déclarations iraniennes, a permis le déblocage de douze milliards de dollars américains. L'agence de presse dpa a par ailleurs signalé que le trafic de pétroliers dans le détroit d'Ormuz avait légèrement augmenté.
Entre-temps, le secrétaire d'État américain Marco Rubio prépare une tournée dans le Golfe qui doit débuter mardi. L'objectif de ce déplacement est, selon ses propres indications, de favoriser un accord avec l'Iran. Les discussions s'inscrivent dans le cadre de négociations en cours auxquelles participent, côté iranien, notamment le négociateur en chef Mohammad Bagher Ghalibaf et le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi ; tous deux sont rentrés à Téhéran. Selon un rapport iranien, aucune négociation nucléaire n'a eu lieu lors de ces entretiens. La Conférence suisse au Bürgenstock, à laquelle a notamment participé le vice-président américain JD Vance, s'est conclue sur un bilan positif selon le canton de Nidwald. Le secrétaire d'État Marco Rubio entend faire progresser l'initiative diplomatique à travers sa tournée dans le Golfe.
Perspective : la pression sur l'Alliance transatlantique
À l'approche de la visite de Rutte, Trump avait à plusieurs reprises clairement indiqué qu'il attendait des contributions concrètes de la part des Européens. Selon la dpa, des entretiens avec d'autres hauts responsables du gouvernement américain sont également prévus au cours du séjour à Washington. Le secrétaire général de l'Otan Mark Rutte est déjà arrivé à Washington peu avant la visite pour coordonner cet ordre du jour délicat avec le président américain. Des observateurs voient dans le choix des mots de Trump une tentative de faire pression sur l'Alliance tout en cherchant à détourner l'attention des débats de politique intérieure.
Cette confrontation soulève des questions sur l'avenir de la répartition transatlantique des charges. Trump a laissé entendre à plusieurs reprises que les États-Unis pourraient reconsidérer leurs engagements de sécurité envers l'Europe si les alliés n'étaient pas eux-mêmes disposés à fournir une aide concrète. L'Italie s'est défendue en mettant en avant la hausse de ses dépenses de défense et l'importance de ses contingents dans les missions de l'Otan. Le gouvernement fédéral allemand et le gouvernement britannique ne s'étaient pas publiquement exprimés dans un premier temps sur ces accusations précises. Jusqu'à la conclusion de la visite de Rutte jeudi, la situation diplomatique reste tendue.
Cet épisode s'inscrit dans une série de tensions entre Washington et les capitales européennes. Il y a quelques semaines à peine, le gouvernement américain avait déjà admonesté à plusieurs reprises des partenaires européens au sujet du conflit lié à l'Iran. Avec cette critique ouverte formulée juste avant une réunion au sommet à la Maison-Blanche, Trump accentue la pression sur l'Alliance. La partie européenne est confrontée à la tâche de mettre en avant ses propres contributions à l'architecture de sécurité sans endommager durablement la relation avec les États-Unis.
Si Trump formule des exigences concrètes lors de sa rencontre avec Rutte, cela devrait encore aviver le débat sur l'orientation future de l'Otan. Rutte est considéré comme un diplomate expérimenté, qui a tenté à plusieurs reprises par le passé de servir de médiateur entre Washington et les capitales européennes. S'il y parviendra lors de cette visite dépendra aussi de la question de savoir si les États-Unis vont préciser leurs critiques à l'égard du Royaume-Uni, de l'Allemagne et de l'Italie. Une prise de position définitive des gouvernements cités est encore attendue.
Le gouvernement américain a récemment justifié sa position par la nécessité de constituer une large coalition internationale contre l'Iran. Rubio doit, lors de sa tournée dans le Golfe, associer aux négociations d'autres capitales de la région, selon les indications du gouvernement. Un succès de cette initiative pourrait atténuer partiellement les tensions avec les alliés européens, à condition que Washington reconnaisse explicitement les contributions des partenaires européens de l'Otan. D'ici là, la question reste ouverte de savoir dans quelle mesure les partenaires européens de l'Alliance élargiront leurs contributions militaires et diplomatiques au Moyen-Orient.
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