Six jours après le séisme, un enfant de trois ans retiré vivant des décombres au Venezuela
Caracas, 1er juillet 2026
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Summary
Près d'une semaine après le double séisme qui a frappé le Venezuela, un enfant de trois ans a été retiré vivant des décombres par des secouristes jordaniens. Le bilan officiel dépasse désormais 2 290 morts, tandis que plus de 6 400 personnes ont été secourues.
Caracas, 1er juillet 2026
Six jours après le double tremblement de terre qui a frappé le Venezuela, un enfant de trois ans a été retrouvé vivant sous les décombres par des secouristes jordaniens, ont annoncé mercredi les autorités, dans un contexte où le bilan officiel dépasse désormais 2 290 morts et où plus de 6 400 rescapés ont déjà été extraits des gravats.
Un sauvetage exceptionnel
L'enfant, dont l'identité n'a pas été rendue publique, représente un symbole rare d'espoir, plus d'une semaine après les deux secousses de magnitude 7,2 et 7,5 ressenties dans la soirée du 24 juin à seulement 39 secondes d'intervalle à l'ouest de Caracas. Selon les informations diffusées par les autorités, les équipes de recherche jordaniennes ont localisé le jeune garçon sous les décombres et l'ont extrait vivant. Les experts rappellent que les 72 premières heures suivant une catastrophe naturelle sont décisives pour retrouver des survivants ; un sauvetage après six jours est donc considéré comme exceptionnel.
Le président de l'Assemblée nationale vénézuélienne, Jorge Rodríguez, a annoncé mercredi soir, lors d'une allocution télévisée, que le bilan provisoire s'établissait désormais à au moins 2 295 morts. Plus de 10 500 blessés ont par ailleurs été recensés, et les Nations unies indiquent que plus de 50 000 personnes restent portées disparues, même si ce chiffre inclut vraisemblablement des doublons.
Un bilan qui s'alourdit
Selon Jorge Rodríguez, quelque 6 461 personnes ont jusqu'ici été secourues vivantes par les équipes de recherche. Le responsable a toutefois estimé que le nombre réel de survivants pourrait approcher les 20 000, en comptant les milliers de personnes qui, dans la ville de La Guaira, ont pu se libérer par leurs propres moyens, « soit de leur propre initiative, soit avec l'aide de leurs proches ou de leur famille ». Sur les quelque 30 000 personnes qui se trouvaient dans la zone portuaire de La Guaira, environ 13 500 seraient parvenues à se mettre en sécurité par elles-mêmes, tandis que 6 461 autres ont été tirées des décombres par les sauveteurs au cours des jours suivants.
La ville côtière de La Guaira, située au nord de Caracas, demeure l'épicentre de la catastrophe. Selon les chiffres officiels, 855 immeubles y ont été entièrement détruits ou gravement endommagés. Les autorités estiment que les deux séismes ont laissé derrière eux quelque 1,2 million de tonnes de gravats. L'agence spatiale américaine NASA a de son côté indiqué que plus de 58 000 bâtiments étaient probablement endommagés ou détruits à l'échelle du pays.
Un système de santé sous pression
Le système de santé vénézuélien, déjà fragilisé par des années de crise, se trouve sous une pression extrême. Selon les autorités, 38 hôpitaux ont été endommagés, dont trois ont dû être fermés. Le porte-parole de l'OMS, Christian Lindmeier, a déclaré devant la presse à Genève que les services de santé étaient « sous une pression extrême » et travaillaient « au-delà de leurs capacités face à l'afflux de patients traumatisés ». L'Organisation panaméricaine de la santé (PAHO) a lancé un appel à l'aide internationale de 24 millions de dollars et a mis en garde contre un risque accru d'épidémies dans les zones touchées.
Le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a fait état de pénuries alimentaires répandues à La Guaira, d'un effondrement des services essentiels et de « perturbations majeures » des communications. L'agence a estimé avoir besoin d'environ 13 millions d'euros pour assurer la protection, la fourniture de biens de première nécessité et l'hébergement d'urgence de 30 000 victimes du séisme pendant six mois. Sa porte-parole, Carlotta Wolf, a indiqué que « les tensions au sein de la population augmentent, parce que l'accès à l'aide reste limité ».
L'aide internationale se déploie
Plus de 26 000 secouristes et plus de 17 000 volontaires sont actuellement déployés dans les zones sinistrées, auxquels s'ajoutent quelque 3 000 collaborateurs du Croissant-Rouge vénézuélien et près de 3 000 secouristes étrangers issus de 44 équipes internationales différentes, dont l'une des plus importantes est celle de l'aide allemande aux catastrophes. Le ministère autrichien a annoncé mercredi une contribution de 500 000 euros au fonds d'urgence de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.
Parmi les équipes étrangères, les secouristes salvadoriens sont également parvenus dans la nuit de mardi à atteindre un homme de 44 ans sous les décombres d'un centre commercial de la ville côtière de Maiquetía, comme l'a annoncé le président du Salvador, Nayib Bukele, sur la plateforme X. L'aide espagnole est également présente sur place. Le secouriste espagnol Luis Arteaga Benatuil, arrivé mercredi au Venezuela, a déclaré : « Nous sommes très en retard, mais notre objectif est de continuer à sauver des vies ».
Pour beaucoup de Vénézuéliens, la recherche s'effectue encore sans équipement professionnel ni aide extérieure. Darvin Silva, un homme de 37 ans, a raconté avoir creusé pendant des jours pour tenter de sauver sa mère, finalement décédée dans un immeuble effondré. « J'ai creusé à mains nues, avec des masses, avec des pioches », a-t-il témoigné. Wilker Molalla est venu, lui, pour identifier les corps de proches. « On m'a dit que ma sœur et ses enfants sont là, ainsi que les enfants de mon frère », a-t-il déclaré.
La recherche à mains nues
Le pays a par ailleurs enregistré depuis le 24 juin quelque 782 répliques, dont plusieurs suffisamment puissantes pour semer à nouveau la panique parmi les habitants. Près de 26 400 personnes sont directement affectées par la catastrophe : blessés, personnes en détresse psychologique, habitants dont le logement a été détruit ou gravement endommagé.
Un déploiement américain sans précédent
L'armée américaine a mobilisé un dispositif exceptionnel, avec plus de 900 militaires déployés sur le territoire vénézuélien et quelque 800 autres stationnés sur des bases à Porto Rico et à Curaçao, prêts à intervenir. Au moins quatre ou cinq drones MQ-9 Reaper survolent par ailleurs le Venezuela afin de fournir aux autorités vénézuéliennes une meilleure image de la situation sur le terrain. Le commandant du Commandement sud des États-Unis, le général Francis Donovan, a évoqué devant l'agence Reuters « la transformation de cette relation ». Washington a annoncé une contribution de 150 millions de dollars à un fonds d'aide, un montant bien inférieur aux quelque 3 milliards attendus par certains partenaires internationaux.
Cette opération marque un tournant remarqué dans les relations entre Washington et Caracas. Comme l'a souligné le général Donovan, le Commandement sud américain a récemment, en coordination avec les autorités vénézuéliennes, neutralisé le chef du gang carcéral « Tren de Aragua ». « Il faut voir comment cette relation a évolué », a-t-il ajouté, laissant entrevoir une possible ouverture vers une coopération militaire plus étroite.
Les faiblesses structurelles du pays
L'effondrement d'immeubles à La Guaira met également en lumière les conséquences de la corruption et de la négligence étatique sous les 27 ans de règne du chavisme, entamé en 1999 avec Hugo Chávez et poursuivi après sa mort en 2013 par Nicolás Maduro. La crise actuelle constitue pour la présidente par intérim Delcy Rodríguez l'occasion de se présenter en gestionnaire de la catastrophe. La dirigeante de l'opposition, à qui le régime avait interdit de participer aux élections de 2024, reste exclue du jeu politique officiel.
Témoignages de volontaires sur le terrain
Sur le terrain, des volontaires étrangers continuent de travailler dans des conditions difficiles. Schmalz, un secouriste allemand de 26 ans arrivé vendredi soir à La Guaira avec une unité de recherche de l'Agence fédérale allemande de secours technique (THW), a raconté comment il s'est retrouvé au cœur de la catastrophe, logeant chez une famille d'accueil qui a perdu à la fois son logement et un proche. « Quand la famille m'a vu, elle avait les larmes aux yeux », a-t-il confié. « En fait, à l'heure où le tremblement de terre s'est produit, j'aurais dû être assis dans mon restaurant habituel », a-t-il ajouté. « Il n'y a rien à acheter, il n'y a pas de supermarchés », a-t-il constaté, décrivant des bâtiments effondrés, une solidarité vive parmi la population, mais aussi des conditions de ravitaillement de plus en plus précaires à mesure que les jours passent.
La Croix-Rouge allemande a remercié mercredi ses partenaires internationaux. « Grâce à cela, l'aide de la Croix-Rouge peut démarrer rapidement et nos collègues peuvent poursuivre leur mission de sauvetage », s'est félicité le secrétaire général Michael Opriesnig, évoquant la contribution autrichienne de 500 000 euros. Du côté des organisations humanitaires allemandes présentes sur place, le coordinateur des secours d'urgence de Malteser International à La Guaira, Jonas Jung, a rapporté qu'il manquait en particulier du matériel médical d'urgence, des médicaments et des équipements de prise en charge des traumatismes.
Les Nations unies ont indiqué qu'environ 7,9 millions de personnes avaient besoin d'une aide humanitaire. À La Guaira, un médecin a alerté sur l'absence d'équipements élémentaires dans certains hôpitaux : « Un hôpital de cette catégorie, qui devrait en principe être bien équipé, ne dispose même pas d'un simple laboratoire. Ni d'un scanner, ni d'une IRM ». Il a également souligné que les patients arrivaient « à un stade déjà très tardif », présentant parfois des lésions rénales induites par un syndrome d'écrasement.
Face à l'ampleur de la tâche, les autorités vénézuéliennes comme les organisations internationales rappellent que le temps presse. Si le sauvetage de l'enfant de trois ans illustre la persévérance des équipes de secours, l'espoir de retrouver d'autres survivants s'amenuise à mesure que les jours passent. Plus de 1 900 corps ont été extraits des décombres, et la liste des personnes toujours recherchées demeure considérable. Le double séisme a, comme le résument plusieurs observateurs, exposé sans complaisance les faiblesses structurelles d'un pays déjà soumis à une crise économique et politique profonde.
La communauté internationale reste mobilisée. Entre les unités américaines, les équipes latino-américaines, les détachements européens et les ONG spécialisées, quelque 44 équipes étrangères de secours étaient encore actives mercredi, selon les autorités vénézuéliennes. Comme l'a résumé un humanitaire allemand présent sur place : « La réponse vient de la société civile, des gens qui se sont consacré à leur tâche ». Au milieu des décombres et des larmes, le sauvetage du petit garçon de trois ans, six jours après la catastrophe, demeure, pour les sauveteurs comme pour les habitants, un rayon de lumière particulièrement rare et précieux.
Questions & Réponses
Comment un enfant de trois ans a-t-il pu être retrouvé vivant six jours après le séisme au Venezuela ?
Des secouristes jordaniens ont localisé et extrait le jeune garçon des décombres en vie, a annoncé mercredi le président de l'Assemblée nationale vénézuélienne, Jorge Rodríguez. Les autorités ont qualifié ce sauvetage d'exceptionnel, les experts estimant que les 72 premières heures sont décisives pour retrouver des survivants.
Quel est le bilan humain du double séisme qui a frappé le Venezuela le 24 juin 2026 ?
Selon Jorge Rodríguez, le bilan officiel s'établissait mercredi soir à au moins 2 295 morts et plus de 10 500 blessés. Les Nations unies indiquent par ailleurs que plus de 50 000 personnes restent portées disparues et que quelque 6 461 survivants ont été secourus.
Quelle aide internationale est mobilisée dans les zones sinistrées ?
Plus de 26 000 secouristes et 17 000 volontaires sont déployés, dont environ 3 000 secouristes étrangers issus de 44 équipes internationales, parmi lesquelles plus de 900 militaires américains présents sur le territoire et quelque 800 autres stationnés à Porto Rico et à Curaçao, selon le général Francis Donovan.
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