Réforme du Sanitätergesetz en Autriche : la plateforme | actualites360
Plattform Notfallmedizin fordert Reform des Sanitätergesetzes in Österreich
Vienne, 11 juin 2026
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Summary
Une coalition d'organisations d'urgence autrichiennes réclame une refonte de la loi sur les ambulanciers, vieille de plus de vingt ans. Selon elles, la moitié des interventions actuelles ne nécessiteraient pas la présence d'un médecin urgentiste, saturant un système déjà sous pression.
Vienne, 11 juin 2026
Plusieurs organisations autrichiennes de médecine d'urgence ont demandé jeudi à Vienne une réforme de la loi sur les ambulanciers, vieille de plus de vingt ans, estimant que la moitié des interventions actuellement confiées à des médecins urgentistes n'en ont pas réellement besoin.
Réunis au sein de la « Plattform Notfallmedizin », des représentants d'organisations de secours ont tenu une conférence de presse à Vienne pour alerter sur les faiblesses du système autrichien de prise en charge des urgences. Clemens Kaltenberger, président de la Bundesverband Rettungsdienst (BVRD), a déclaré : « Wir verstehen nicht, warum eine Berufsgruppe kleingehalten wird und ihr verwehrt wird, sich weiterzuentwickeln ». Il a critiqué une législation qui « das Sanitätergesetz erlaubt die Tätigkeit des Rettungssanitäters nur als Hilfstätigkeit ».
Un système d'urgence sous pression
Les intervenants s'appuient notamment sur une analyse menée par la Österreichische Gesellschaft für Anästhesiologie, Reanimation und Intensivmedizin (ÖGARI), qui a recensé et étudié toutes les interventions avec médecin urgentiste en Autriche un jour d'octobre 2024. Il en ressort que dans environ 20 % des cas aucune mesure médicale urgente n'est nécessaire, et que dans plus de 50 % des interventions aucune mesure médicale, même non urgente, n'est requise. Selon la plateforme, plus de la moitié des cas pourraient être pris en charge par des ambulanciers mieux formés.
Helmut Trimmel, anesthésiste et médecin de soins intensifs à l'ÖGARI, a résumé la situation en ces termes : « Wir haben ein hochqualifiziertes Notarztsystem mit Einsätzen, die das gar nicht erfordern. Notärzte müssen dort verfügbar sein, wo Menschen um ihr Überleben kämpfen ». Il a précisé que l'Autriche dispose actuellement de 120 véhicules médicalisés opérationnels 24 heures sur 24, auxquels s'ajoutent entre 29 et 40 hélicoptères médicalisés selon la saison, un taux de couverture élevé en comparaison internationale.
Mario Krammel, président de la Österreichische Gesellschaft für Notfall- und Katastrophenmedizin et médecin-chef de la Berufsrettung Wien, a averti : « Es ist jetzt Zeit zu handeln ». Il a souligné que les interventions à Vienne avec médecin urgentiste sont passées de 30 000 en 2020 à 39 000 en 2025, soit environ 10 000 interventions supplémentaires en cinq ans, et que sans contre-mesures « es wären noch 15.000 Einsätze mehr, wenn wir nicht Gegenmaßnahmen ergriffen hätten ».
Une formation à bout de souffle
Pour Krammel, la formation des ambulanciers doit être améliorée en priorité. Il a déclaré que si l'on veut confier ces 50 % d'interventions à des ambulanciers, « brauchen wir eine verbesserte Ausbildung der Sanitäter und deshalb ist eine Reform des Sanitätergesetzes ganz dringend erforderlich ». En Autriche, la formation des ambulanciers dure moins d'un an, contre trois ans dans les pays voisins que sont la République tchèque, la Hongrie, la Slovénie, l'Italie, la Suisse et l'Allemagne. Manuel Winkler, de l'Interessengemeinschaft Notfallmedizin Innsbruck (IGNI), a rappelé qu'« in Österreich ist der Sanitätsberuf derzeit eine Sackgasse. Wer sich weiterentwickeln will, fällt aus dem System ».
La plateforme chiffre les besoins : sur quelque 50 000 ambulanciers en Autriche, environ 10 000 devraient recevoir une formation supérieure pour être « systemwirksam », selon Clemens Kaltenberger. Dans le même temps, environ 10 000 ambulanciers quittent la profession chaque année, ce qui oblige à reformer l'ensemble du service de secours tous les quatre à cinq ans. Les organisations demandent une formation de trois ans, à l'image des pays voisins. Winkler a prévenu : « Eine Reform in Österreich, die keine dreijährige Ausbildung vorsieht, wäre eine Reform in die Vergangenheit ».
Projets pilotes et arguments économiques
Plusieurs projets pilotes viennent étayer ces revendications. À Vienne, un dispositif permet désormais aux ambulanciers d'administrer eux-mêmes des traitements antidouleur, par exemple en cas de fractures isolées de l'avant-bras. Toujours à Vienne, un projet pilote combinant des ambulanciers hautement spécialisés et la télémédecine dans les maisons de retraite a permis d'éviter 60 % des hospitalisations. À Graz, un projet analogue a fait passer le taux d'alerte des médecins urgentistes à un peu moins de 9 %, contre environ 23 % dans le reste de l'Autriche. Gerhard Prause, de l'Arbeitsgemeinschaft für Notfallmedizin (AGN), a indiqué que Graz ne comptait qu'environ un tiers des interventions avec médecin urgentiste par habitant par rapport à la moyenne nationale.
Un calendrier politique incertain
Du point de vue économique, l'Association des ambulanciers de secours estime qu'une meilleure formation des ambulanciers pourrait générer plus de 800 millions d'euros d'économies annuelles pour le système de santé. La plateforme évalue pour sa part le potentiel de désengorgement à 3,7 milliards d'euros sur la même période. La formation d'environ 4 000 ambulanciers au niveau de diplomé-notfallsanitäter (neuf pour cent de l'effectif total) coûterait environ 200 millions d'euros sur dix ans, un montant jugé rentable par Clemens Kaltenberger : « Das rechnet sich auf jeden Fall ».
Sur le plan politique, la réforme de la loi sur les ambulanciers figure au programme du gouvernement turquoise-rouge-rose, et les porte-paroles santé de tous les partis du parlement se sont engagés en faveur d'une refonte, selon Trimmel. Le texte devrait également faciliter la mobilité vers d'autres métiers de la santé, par exemple vers les soins infirmiers. Mais Kaltenberger a reconnu que la voie serait « sicherlich schwierig » en raison du fédéralisme. Matthias Aujesky, de l'Interessensgemeinschaft Notärzte Oberösterreich (INO), a pour sa part observé que l'insécurité du personnel conduit souvent à appeler le médecin urgentiste « zum Drüberschauen », même lorsque cela n'est pas indiqué.
Les organisations présentes à la conférence de presse ont ainsi voulu attirer l'attention sur l'urgence d'agir, dans un contexte de pression croissante sur le système de secours autrichien et de manque de médecins urgentistes dans plusieurs régions.
Questions & Réponses
Que réclame la Plattform Notfallmedizin en Autriche ?
La plateforme réclame une réforme urgente de la loi sur les ambulanciers (Sanitätergesetz), vieille de plus de vingt ans, afin d'allonger la formation des ambulanciers et de mieux répartir les interventions entre médecins urgentistes et ambulanciers qualifiés.
Quelle proportion des interventions ne nécessite pas de médecin urgentiste selon la plateforme ?
Selon l'analyse de l'ÖGARI portant sur un jour d'octobre 2024, environ 20 % des interventions ne requièrent aucune mesure médicale urgente et plus de 50 % aucune mesure médicale, même non urgente, ce qui représente au total environ la moitié des missions.
Pourquoi la situation est-elle particulièrement tendue à Vienne ?
À Vienne, les interventions avec médecin urgentiste sont passées de 30 000 en 2020 à 39 000 en 2025, soit une hausse d'environ 10 000 missions en cinq ans, exerçant une pression croissante sur la Berufsrettung Wien.