Parmelin mise sur une déclaration unilatérale dans le conflit douanier avec Washington
Washington, 30 juin 2026
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Summary
Le président de la Confédération Guy Parmelin a mené lundi soir à Washington des entretiens avec le représentant américain au Commerce Jamieson Greer sur le conflit douanier qui couve. Sans percée, Parmelin mise sur une déclaration unilatérale suisse et le principe d'espoir.
Washington, 30 juin 2026
Le président de la Confédération Guy Parmelin n'a pas pu conclure lundi soir (heure locale) à Washington le conflit douanier qui couve avec les États-Unis et mise sur une déclaration unilatérale suisse concernant la déclaration d'intention de novembre.
Le président de la Confédération Guy Parmelin a rencontré lundi soir à Washington le représentant américain au Commerce Jamieson Greer. Il était accompagné d'Helene Budliger Artieda, cheffe du Secrétariat d'État à l'économie (Seco). Au centre des discussions figurait la mise en œuvre de la déclaration d'intention commune, signée le 14 novembre 2025. Celle-ci prévoit notamment un taux douanier maximal de 15 pour cent pour la Suisse.
Déclaration unilatérale au lieu d'une percée
Parmelin a clairement indiqué à Washington que la Suisse ne pratique pas de pratiques commerciales déloyales. Il a souligné : « Un deal est un deal ». Concernant l'accord, il a également expliqué : « Une déclaration d'intention est moins contraignante qu'un accord-cadre ». La délégation suisse doute en outre que Greer soit en mesure d'anticiper les décisions imprévisibles du président américain Donald Trump.
Au lieu d'une percée formelle, Parmelin n'a présenté qu'une déclaration unilatérale du Conseil fédéral. Celle-ci réaffirme l'intention de s'en tenir à la déclaration commune de novembre et de mettre en œuvre d'autres éléments de celle-ci. Il s'agit notamment d'éliminer les obstacles techniques au commerce dans les domaines de l'automobile, des dispositifs médicaux et des marchés publics. Les véhicules conformes aux normes de sécurité américaines doivent être immatriculés plus facilement pour la circulation routière suisse.
La Suisse mise sur la bonne volonté de Washington. Parmelin a déclaré : « Nous sommes convaincus que nos déclarations unilatérales seront prises en considération par le représentant américain au Commerce lors de la fixation des droits de douane définitifs dans le cadre des enquêtes en cours ». Il a ajouté : « Et jusqu'à présent, les États-Unis respectent cela ». Il a toutefois admis qu'il n'y avait aucune garantie que le taux douanier reste inférieur à 15 pour cent.
Signal prudemment positif de Washington
Après la rencontre, le bureau de Greer a publié le 29 juin 2026 un message sur Twitter. Il y était écrit : The United States welcomes Switzerland's progress in implementing elements of our historic Framework Agreement. Le signal venu de Washington était ainsi prudemment positif, mais restait vague.
La pression du temps est forte : le régime douanier provisoire actuel expire le 23 juillet, après que la Cour suprême des États-Unis a déclaré invalides les droits de douane initiaux imposés par Trump. Le gouvernement américain menace déjà de nouveaux droits de douane et invoque de prétendues distorsions du marché dues à des surcapacités industrielles. Sur cette base, les exportations suisses pourraient être taxées à 12,5 pour cent. Un autre motif accuse en outre la Suisse de lutter insuffisamment contre le travail forcé.
Pression du temps avant le 23 juillet
Parmelin a souligné l'importance des États-Unis pour l'économie suisse à l'exportation : « C'est important, car ils sont le deuxième client après l'UE ». Il a décrit la Suisse comme une « Space Nation », dans laquelle de nombreuses PME « on top ». La balance commerciale avec les États-Unis s'est toutefois inversée en déficit par rapport à l'année précédente. Les entreprises suisses ont déjà investi 27 milliards de dollars aux États-Unis.
En arrière-plan se pose la question du co-décisionnement politique du Parlement. Le Conseil fédéral veut mettre en œuvre les concessions par voie d'ordonnance, ce qui ne laisserait au Parlement que des droits consultatifs, mais aucune codécision réelle. La cheffe du Seco Budliger Artieda a expliqué que d'autres partenaires commerciaux américains comme l'UE et le Royaume-Uni renonçaient probablement à des accords formels pour des raisons similaires.
Le principe d'espoir et l'absence de garanties
Des accords juridiquement contraignants ne sont, selon Parmelin et Budliger Artieda, pas réalistes dans les trois prochaines semaines. Parmelin a déclaré : « Il y a continuellement de nouvelles enquêtes menées par les États-Unis pour trouver des issues permettant de réintroduire de nouveaux droits de douane ». Concernant les enquêtes américaines en cours, il a ajouté : « Ce qui s'est passé entre-temps, ce sont des décisions judiciaires. Les États-Unis doivent trouver d'autres bases juridiques. Nous leur avons rappelé qu'ils peuvent le faire, mais que ce que nous avons négocié doit être respecté. »
Face aux incertitudes, Parmelin a formulé un constat remarquable : « La seule chose certaine dans le monde d'aujourd'hui, c'est qu'il n'y a plus de certitudes ». Dans le même temps, il a réaffirmé l'objectif : « Nous avons discuté du fait qu'il doit y avoir une sécurité juridique pour les deux parties, y compris pour les États-Unis, et que la déclaration d'intention doit être appliquée correctement. Nous voulons que cela reste le cas après le 24 juillet. »
Après la rencontre, Parmelin n'a annoncé aucune percée. Il poursuit son voyage avec une délégation économique et des représentants scientifiques vers Salt Lake City, San Francisco et Houston. Là-bas, il pourrait s'avérer si la déclaration unilatérale suisse porte réellement ses fruits. L'entretien avec Trump lui-même avait déjà été accompagné, lors du World Economic Forum à Davos, par des critiques de Trump visant l'ancienne présidente de la Confédération Karin Keller-Sutter et par des déclarations hostiles envers la Suisse.
Questions & Réponses
Qui est Guy Parmelin et avec qui s'est-il entretenu à Washington ?
Guy Parmelin est président de la Confédération suisse. Il a rencontré lundi soir à Washington le représentant américain au Commerce Jamieson Greer, accompagné de la cheffe du Seco Helene Budliger Artieda.
Quel taux douanier maximal prévoit la déclaration de novembre pour la Suisse ?
La déclaration d'intention commune du 14 novembre 2025 prévoit un taux douanier maximal de 15 pour cent pour la Suisse. Greer n'a cependant donné aucune garantie que ce chiffre serait respecté.
Quelles concessions le Conseil fédéral veut-il mettre en œuvre par ordonnance ?
Le Conseil fédéral prévoit d'éliminer les obstacles techniques au commerce dans les domaines de l'automobile, des dispositifs médicaux et des marchés publics. Comme cela se fait par ordonnance, le Parlement n'a qu'une fonction consultative.
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