ORF vor drastischem Sparkurs: 85 Millionen Euro Streichung und Kündigungswelle drohen
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Vienne, le 27 mai 2026
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Summary
La directrice générale de l'ORF, Ingrid Thurnher, a annoncé des mesures d'économie drastiques après le projet du gouvernement de supprimer 85 millions d'euros de compensation budgétaire. Elle a prévenu que le public ressentirait les coupes et qu'une vague de licenciements était inévitable, alors qu'elle renonce à briguer un nouveau mandat.
Vienne, le 27 mai 2026
Mise à jour du 27 mai 2026 : La directrice générale Ingrid Thurnher a confirmé qu'elle ne se représenterait pas pour un mandat à partir de 2027, invoquant le besoin d'une "liberté" totale pour prendre des décisions douloureuses, tandis que les candidatures pour sa succession se multiplient et que les enquêtes sur des allégations visant la chaîne ORF III s'intensifient.
La directrice générale de l'ORF, Ingrid Thurnher, a dressé un tableau alarmant de l'avenir du groupe audiovisuel public autrichien, confronté à la suppression par le gouvernement d'une compensation budgétaire de 85 millions d'euros. Lors d'une cérémonie honorant les journalistes de l'année au centre ORF mardi soir, elle a déclaré que cette mesure remettait en question l'existence même de l'institution telle qu'elle est connue, annonçant des économies qui seront ressenties par le public et une inévitable vague de licenciements.
Quoi de neuf depuis le 27 mai
L'annonce la plus marquante est la décision d'Ingrid Thurnher de ne pas postuler pour un nouveau mandat à la tête de l'ORF pour la période 2027-2031. Dans un message adressé jeudi matin aux 4000 collaborateurs du groupe, elle a expliqué avoir besoin d'avoir "les mains libres" pour des "décisions qui feront peut-être mal" et qui "susciteront des résistances". "La décision de ne pas postuler pour un autre mandat apporte une certaine liberté : je n'ai pas à manœuvrer, je n'ai pas à faire ce qui est opportun", a-t-elle écrit, soulignant que cette "indépendance absolue" était la condition d'un "nouveau départ pour l'ORF".
Alors que la date limite de dépôt des candidatures pour la direction générale expire à minuit, plusieurs personnalités ont déjà fait acte de candidature. Parmi elles figurent l'ancien membre du directoire de ProSiebenSat1 Markus Breitenecker, la cheffe des magazines de l'ORF Lisa Totzauer, ainsi que le consultant et entrepreneur Ernst Primosch. Le président du conseil de fondation de l'ORF, Heinz Lederer, a reconnu auprès de l'APA le caractère "vraiment exigeant" des objectifs à atteindre, tout en affirmant : "Nous devons apporter notre contribution et nous serrer la ceinture."
Parallèlement, la directrice générale s'est exprimée sur les turbulences entourant la chaîne ORF III. Suite à des articles du journal "Standard" évoquant des soupçons de reportages achetés, elle a fermement déclaré : "Les programmes de l'ORF ne sont pas à vendre." Elle a assuré que toutes les allégations faisaient actuellement l'objet d'un examen "très minutieux". Cette affaire s'ajoute à une enquête ouverte il y a plus d'un an, dans le cadre de laquelle environ 60 collaborateurs ont témoigné au sujet de plaintes visant le comportement managérial du directeur général Peter Schöber, des faits de harcèlement moral et d'ingérence dans la ligne éditoriale.
Une crise financière aux conséquences "douloureuses"
L'onde de choc budgétaire trouve son origine dans le projet du parti conservateur ÖVP de supprimer le remboursement par l'État fédéral de la taxe sur la valeur ajoutée, une compensation liée au passage à la redevance ORF. Cette décision, portée par le porte-parole médias de l'ÖVP Nico Marchetti, priverait le groupe d'environ 85 millions d'euros par an. "C'est d'une ampleur et d'une soudaineté qui ébranlent les fondations", a martelé Ingrid Thurnher, estimant que cela remettait en cause "que l'ORF, tel que nous le connaissons, puisse encore exister dans cette forme, cette taille et cette force".
La directrice générale a prévenu sans détour : "Oui, l'ORF va devoir continuer à économiser. Le public le ressentira." Elle a toutefois fixé une ligne rouge intangible : le cœur de la mission de service public, à savoir "une information indépendante et de qualité". "L'ORF n'est pas le jouet de la politique. L'ORF appartient au public", a-t-elle insisté.
L'équation financière est d'autant plus complexe que l'ORF est déjà engagé depuis des années dans une cure d'austérité de plusieurs millions d'euros. Le gel de la redevance à 15,30 euros par foyer, fixé par la loi jusqu'en 2029, imposera à lui seul une économie de 54 millions d'euros dès 2027. Pour compenser rapidement les 85 millions supplémentaires chaque année, les marges de manœuvre sont étroites. Il ne suffira pas de réduire les 60 plus hauts salaires, ceux dépassant 170.000 euros bruts annuels figurant sur la liste de transparence. Le compte de réserve de 30 millions d'euros ne pourra servir que la première année pour amortir des mesures qui s'annoncent sévères.
Une vague de licenciements et des coupes dans les programmes
Face à cette impasse, la direction sortante devra déclencher une vague de licenciements. Selon les informations disponibles, ce sont entre 300 et 400 postes qui pourraient être supprimés. Au-delà des suppressions d'emplois, des "réductions supplémentaires de l'offre" pour le public sont inévitables, indique-t-on en interne.
Plusieurs obligations, jusqu'ici conditions de la compensation versée par l'État, pourraient être remises en cause. L'engagement de maintenir l'Orchestre Symphonique de la Radio – mis en lumière lors du Concours Eurovision de la chanson – arrive à échéance en 2026, tout comme la diffusion par satellite de la chaîne ORF Sport+. Ces deux éléments ne figurent pour l'instant sur aucune "liste d'otages" officielle, mais leur avenir est plus qu'incertain.
Une autre option envisagée pour contrer la suppression des 85 millions est un recours devant la Cour constitutionnelle. Le plan de l'ÖVP semble en effet difficilement compatible avec les directives européennes exigeant un financement par des "moyens financiers appropriés, durables et prévisibles".
Turbulences à ORF III et appels à l'action
La crise financière est aggravée par une crise de confiance interne, notamment au sein de la chaîne ORF III. L'assemblée du personnel de la chaîne a publié un communiqué alarmant, déplorant que "la chaîne fait l'objet d'une couverture médiatique négative qui nuit massivement à l'image de la marque, à l'ORF dans son ensemble et au travail des collaborateurs". Le texte souligne que "le mécontentement et l'insécurité parmi le personnel sont grands".
Les employés ont lancé un appel pressant à la directrice générale pour qu'elle conclue rapidement l'enquête annoncée sur les accusations visant la direction des programmes d'ORF III, en la personne de Peter Schöber, et qu'elle prenne les mesures appropriées "afin de recréer un environnement professionnel empreint de respect mutuel". Ingrid Thurnher a promis des conséquences en cas de comportement fautif avéré : "S'il devait y avoir eu des manquements, il y aura des conséquences."
Succession ouverte et préparation de l'avenir
La décision d'Ingrid Thurnher de ne pas se représenter ouvre une période de transition cruciale. Elle a promis de ne pas lever le pied jusqu'à la fin de son mandat, le 1er janvier 2027. "On n'appuie pas sur pause", a-t-elle affirmé, annonçant qu'elle préparerait une passation de pouvoir ordonnée et organiserait un "sommet de planification" durant l'été avec la nouvelle directrice ou le nouveau
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