Le SPÖ exige la démission de Norbert Hofer du Landtag du Burgenland après un trajet en état d'ébriété
Vienne, 28 juin 2026
Franz Johann Morgenbesser from Vienna, Austria / Wikimedia Commons / CC BY-SA 2.0
Summary
Le SPÖ exige la démission immédiate du Landtag du Burgenland de l'ancien ministre des Transports de la FPÖ, Norbert Hofer, après que son permis de conduire lui eut été retiré vendredi à la suite d'un trajet en état d'ébriété. Le secrétaire général fédéral Klaus Seltenheim a reproché à la FPÖ son double discours et a exhorté le chef du parti, Herbert Kickl, à agir.
Vienne, 28 juin 2026
Le SPÖ exige la démission du Landtag du Burgenland de l'ancien ministre des Transports de la FPÖ, Norbert Hofer, après qu'il eut été surpris au volant vendredi à Pinkafeld avec un taux d'alcoolémie de 2,48 g/l et que son permis de conduire lui eut été retiré.
Le reproche de Seltenheim : une irresponsabilité absolue
Le secrétaire général fédéral Klaus Seltenheim a formulé cette exigence dimanche dans un communiqué, y exerçant une pression manifeste sur la FPÖ. Il a fait valoir que quiconque conduit une voiture avec deux grammes et demi d'alcool dans le sang — qui plus est à l'un des moments les plus fréquentés de la semaine — agit avec la plus grande irresponsabilité et n'a pas sa place dans une fonction publique. Seltenheim a déclaré mot pour mot : "Wer sich mit zweieinhalb Promille - noch dazu zu einer der verkehrsreichsten Zeiten der Woche - ans Steuer setzt, agiert in höchstem Maße verantwortungslos, gefährdet Leib und Leben anderer Verkehrsteilnehmer*innen und hat in einem öffentlichen Amt nichts verloren".
Norbert Hofer siège au Landtag du Burgenland en tant que député et fut auparavant président régional de la FPÖ ainsi que ministre fédéral des Transports. Selon un rapport du Kronen Zeitung, un test d'alcoolémie préliminaire a établi un taux de 2,48 g/l ; Hofer a dû remettre son permis de conduire en conséquence. L'incident s'est produit vendredi midi à Pinkafeld, c'est-à-dire, selon les indications du SPÖ, à l'un des moments les plus fréquentés de la semaine.
La réaction de Hofer : regrets et annonce qu'il en assumera les conséquences
Samedi, Hofer s'est adressé au public par l'intermédiaire de l'agence de presse APA et s'est dit contrit. Il a déclaré : "Es tue ihm leid und er werde alle Konsequenzen, die die Behörde nun in diesem Zusammenhang ziehen wird, tragen". L'ancien ministre des Transports a ainsi reconnu l'infraction, sans s'exprimer publiquement sur les conséquences politiques.
Le SPÖ associe son exigence de renoncement au mandat de Hofer à une critique de fond adressée à la FPÖ. Seltenheim a rappelé que le député au Conseil national de la FPÖ Peter Schmiedlechner s'était déjà vu retirer son permis de conduire pour la deuxième fois en mai, sans que cela n'eût de suites politiques. Le parti ne doit pas garder le silence dans de tels cas, telle était la teneur du communiqué.
Référence au cas Schmiedlechner
Seltenheim a formulé ce reproche en s'adressant directement au président de la FPÖ Herbert Kickl : "Kickl hat geschwiegen und keine Konsequenzen gezogen". Le SPÖ exige donc personnellement de Kickl qu'il veille à ce que Hofer dépose son mandat au Landtag du Burgenland.
La critique envers la FPÖ a été particulièrement virulente parce que le parti se présente lui-même comme le parti de la sécurité intérieure et de l'État de droit. Seltenheim a déclaré : "die FPÖ predigt zwar ständig 'Recht und Ordnung', zieht aber in den Reihen bei groben Verfehlungen bis hin zu strafrechtlich relevanten Vorfällen entweder keine Konsequenzen oder - wenn der öffentliche Druck zu groß wird – nur die denkbar minimalsten und notwendigsten". Le SPÖ y voit un schéma qui concerne désormais aussi Hofer.
Reproche de double discours adressé à la FPÖ
Le fait que ce soit précisément un ancien ministre des Transports qui ait été pris avec un taux d'alcoolémie aussi élevé renforce la portée politique de l'affaire. Seltenheim a déclaré à ce sujet : "Man muss nicht wie Hofer Verkehrsminister gewesen sein, um zu wissen, dass Alkohol am Steuer kein Kavaliersdelikt ist!". Il a souligné une nouvelle fois que l'alcool au volant n'est pas une peccadille et que personne, en prenant un tel risque, ne devrait occuper une fonction publique.
La chronologie accentue en outre la pression sur la FPÖ : entre le deuxième retrait du permis de Schmiedlechner en mai et le fait que Hofer ait conduit un véhicule avec une forte alcoolémie fin juin, il ne s'écoule que quelques semaines. Du point de vue du SPÖ, la FPÖ n'a tiré, durant cette période, aucune conséquence tangible et porte ainsi une part de responsabilité politique dans ce nouvel incident.
L'exigence du SPÖ vise directement le siège de Hofer au Landtag du Burgenland. Une démission rendrait nécessaire une succession au mandat et constituerait, compte tenu de la taille du Land, une démarche politiquement visible. L'opposition veut ainsi mettre sous pression, non seulement Hofer personnellement, mais aussi l'ensemble de la direction de la FPÖ.
Questions ouvertes : Landtag, direction de la FPÖ, succession éventuelle
La réaction de la FPÖ à cette nouvelle exigence reste inconnue dans les sources disponibles. La propre prise de position de Hofer s'est jusqu'ici limitée au regret de l'incident et à l'engagement d'en assumer les conséquences administratives — sans un mot sur un éventuel renoncement au mandat. La décision politique à ce sujet devrait désormais être négociée dans les prochains jours entre la direction du parti et Hofer lui-même.
Parallèlement à l'affaire Hofer, un autre dossier concernant la FPÖ fait sensation : à Graz, selon les informations disponibles, trois candidats et candidates de la FPÖ qui se présentent le jour du scrutin sont soupçonnés d'avoir diffusé des contenus antisémites et racistes. Cette affaire aussi devrait conforter l'argumentation du SPÖ selon laquelle la FPÖ ne tire pas suffisamment de conséquences en cas de manquements de ses propres responsables.
Situation juridique et éventuelle plainte pénale
Juridiquement, la situation de Hofer est sérieuse : avec un taux de 2,48 g/l, le taux d'alcool mesuré dépasse largement le seuil à partir duquel, en Autriche, une plainte pénale pour mise en danger de la sécurité routière est possible en plus d'une procédure administrative. Les conséquences définitives seront fixées par l'autorité ; Hofer a annoncé qu'il les assumerait.
Sur le plan politique, l'incident a une portée qui dépasse le cas individuel. Le SPÖ cherche à relier le thème de la sécurité routière à la question de l'aptitude personnelle des mandataires. Seltenheim positionne ainsi son parti comme un contraste avec la FPÖ, qu'il considère comme le porte-parole en matière de sécurité, mais à laquelle sa propre crédibilité échappe.
La manière dont le Landtag du Burgenland traitera cette affaire reste pour l'instant incertaine. Si Hofer ne devait pas renoncer volontairement à son mandat, le SPÖ pourrait mettre en jeu des moyens parlementaires tels qu'une motion de défiance ou une question parlementaire. De telles démarches ne seraient toutefois susceptibles d'aboutir que si une majorité contre Hofer se formait au sein du Landtag.
D'ici là, il reste à voir comment la direction de la FPÖ autour de Herbert Kickl réagira à l'exigence du SPÖ. Seltenheim a clairement fait comprendre qu'il exigeait non seulement le prix personnel, mais aussi le prix politique que Hofer doit payer pour ce trajet en état d'ébriété — et qu'il prenait l'affaire Schmiedlechner de mai comme point de comparaison.
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