Le parti au pouvoir de Pachinian remporte les législatives en Arménie – l'adhésion à l'UE reste incertaine
Erevan, 8 juin 2026
AI-generated image (flux-2/pro-text-to-image via Kie.ai)
Summary
Lors des élections législatives en Arménie, le parti pro-occidental du Premier ministre Nikol Pachinian a obtenu le plus grand nombre de voix, mais a manqué la majorité absolue. L'UE a félicité cette victoire, mais l'adhésion du pays reste incertaine.
Erevan, 8 juin 2026
Lors des élections législatives en Arménie, le parti pro-occidental du Premier ministre Nikol Pachinian a remporté le scrutin, mais a raté de peu la majorité absolue.
Une épreuve de force géopolitique entre Est et Ouest
L'élection de dimanche dans le Caucase du Sud s'est déroulée sous le signe d'une épreuve de force géopolitique. Après la victoire de son parti « Contrat civil », Pachinian a parlé d'une « victoire historique » et a annoncé vouloir « assurer la survie et le développement de l'Arménie ». Comme rapporté depuis le bureau de vote, le jour du scrutin avait déjà commencé par des arrestations dès le matin.
Dans le pays, le scrutin est considéré comme un choix d'orientation entre un rapprochement avec l'Ouest et la poursuite de l'orientation vers la Russie. Les observateurs interprètent également le résultat comme un vote de confiance personnel envers le dirigeant de 51 ans, qui dirige le pays depuis 2018 comme Premier ministre.
Sa carrière politique avait commencé modestement. Pachinian est né en 1975, à l'époque où l'Arménie faisait encore partie de l'Union soviétique. Il a étudié le journalisme à Erevan – jusqu'à ce qu'il soit expulsé de l'université pour ses écrits critiques envers le régime. Dans les années 1990, Pachinian a travaillé pour divers journaux d'opposition, avant de se lancer en politique. Il avait déjà tenté en 2007 son entrée au Parlement – et échoué. Ce n'est qu'en 2012 qu'il entre au Parlement en tant que député, fonde son parti « Contrat civil » et le mène au pouvoir.
Biographie politique : de l'opposition au plus haut poste
Sur le plan intérieur, le chef du gouvernement est confronté aux conséquences du conflit du Haut-Karabagh. En 2020, l'Arménie a perdu la grande guerre contre l'Azerbaïdjan au sujet du Haut-Karabagh. Pachinian a démissionné, s'est représenté à l'élection en 2021 – et a gagné avec la majorité absolue. En 2023, l'Azerbaïdjan a conquis le Haut-Karabagh, probablement de manière définitive. Alexander Iskandaryan, directeur du prestigieux Caucasus Institute, a qualifié la stratégie du Premier ministre en ces termes : „Er betrachtet die Erfüllung der Forderungen Aserbaidschans zur Beseitigung von Bedrohungen als das wichtigste Instrument seiner Politik."
Des félicitations sont venues de l'Ouest. Le président américain Donald Trump voit en Pachinian un „großartigen Freund und Anführer" et a déclaré avant l'élection qu'il partageait sa vision de paix et de prospérité pour l'Arménie et l'ensemble de la région du Caucase du Sud. Des éloges sont également venus de l'UE : après la victoire électorale, de nombreux éloges arrivent maintenant de l'UE, mais une adhésion reste incertaine. Aucune perspective officielle d'adhésion n'y est liée.
Réactions de Washington et de Bruxelles
Dans le même temps, la relation avec la Russie reste un facteur que Pachinian ne peut rompre ouvertement. L'Arménie est membre de l'Organisation du traité de sécurité collective dirigée par Moscou, mais Erevan a régulièrement organisé des exercices militaires occidentaux ces dernières années. Cette double structure rend tout choix géopolitique délicat, car il touche à l'équilibre sécuritaire dans le Caucase du Sud.
Les observateurs voient deux signaux dans le résultat électoral. Premièrement : le parti pro-occidental au pouvoir reste en tête, mais a perdu du soutien. La majorité absolue n'a plus suffi, en 2026. Deuxièmement : une part non négligeable des électrices et des électeurs semble souhaiter une rupture plus nette avec Moscou et une orientation plus rapide vers l'UE, sans qu'une force politique alternative ne puisse mettre cela en œuvre dans un avenir proche.
Une majorité affaiblie, une formation du gouvernement plus difficile
Pour la formation du gouvernement, le résultat implique un surcroît de travail considérable. Pachinian doit chercher des partenaires de coalition pour constituer une majorité viable au Parlement. Les commentateurs à Erevan estiment que cela réduira la marge de manœuvre du Premier ministre, notamment sur des sujets délicats comme la normalisation avec l'Azerbaïdjan et la question de la présence militaire occidentale dans le pays.
Dans la sphère privée, le chef du gouvernement fait plutôt preuve de retenue. Pachinian est marié à une journaliste, et le couple a trois filles et un fils. On ne sait que peu de choses de l'environnement familial, les reportages sur la vie quotidienne de la famille sont rares, et le Premier ministre lui-même ne parle que sporadiquement de sa vie privée.
Reste à voir comment le résultat électoral affectera le processus de paix avec l'Azerbaïdjan. Pachinian avait souligné à plusieurs reprises ces derniers mois qu'une entente avec Bakou était dans l'intérêt de la sécurité de l'Arménie. Ses détracteurs dans le pays lui reprochent de faire trop de concessions. Reste à savoir si la majorité affaiblie poursuivra cette ligne dans les semaines à venir.
L'UE devrait pour sa part poursuivre sa approche pragmatique. Bruxelles a augmenté ces dernières années ses programmes d'aide et préparé des libéralisations de visas, sans toutefois entamer de négociations formelles d'adhésion. Cette retenue a aussi des raisons internes à l'Europe : plusieurs États membres sont sceptiques face à de nouveaux élargissements.
Perspectives du processus de paix avec l'Azerbaïdjan
Dans la région elle-même, l'élection est suivie avec attention. La Géorgie suit une ligne intérieure nettement plus conservatrice, et la Turquie entretient des relations étroites avec l'Azerbaïdjan. Pour l'Arménie, cela signifie : chaque pas vers l'Ouest est enregistré dans le voisinage, chaque rapprochement avec Moscou l'est à Bruxelles.
Globalement, l'élection montre que l'orientation pro-occidentale du gouvernement est majoritaire dans la société arménienne, mais ne va pas de soi. Le résultat apporte à Pachinian un soutien pour sa ligne, tout en l'obligeant à des compromis susceptibles d'affadir sa marque géopolitique.
L'article est de Jo Angerer et a été publié le 8.6.2026. Il qualifie le scrutin d'épreuve de force entre l'Est et l'Ouest – une image qui a gagné en netteté après le vote, même si l'orientation générale de la politique arménienne reste pour l'heure stable.
Victoire de Pachinian en Arménie 2026 : un gouvernement | actualites360