Berlin, 19 août 2026

La ministre fédérale de la Justice Stefanie Hubig (SPD) a évoqué une modification législative visant à faciliter pour les locataires l'installation de climatiseurs ou de dispositifs de protection solaire dans leurs logements.

La dirigeante du SPD s'est exprimée auprès de la « Rheinische Post » sur d'éventuels ajustements du droit du loyer. Le contexte serait les charges thermiques croissantes dans les villes allemandes, qui représentent une contrainte sanitaire pour de nombreux habitants. « Sie könne sich zum Beispiel vorstellen, es Mietern zu erleichtern, ihre Wohnungen mit Klimaanlagen oder Sonnenblenden auszustatten, sagte die SPD-Politikerin der 'Rheinischen Post' ».

Avec cette initiative, Hubig réagit à un débat qui a gagné en intensité au cours des précédentes périodes estivales. Des associations de locataires, des organisations sociales et des communes avaient à plusieurs reprises souligné que, notamment dans les immeubles anciens, des températures estivales nettement supérieures à 30 degrés Celsius ne sont plus rares. Sans refroidissement technique ni protection solaire architecturale, les personnes âgées et malades en particulier risquent un coup de chaleur, avertissent depuis des années les médecins.

Contexte : la charge thermique dans les villes allemandes

Selon le droit du bail en vigueur, les modifications structurelles qui dépassent l'usage habituel d'un logement ne sont en principe autorisées qu'avec l'accord du bailleur. Les locataires doivent souvent soit demander eux-mêmes l'autorisation d'interventions sur le bâti – comme l'installation d'un climatiseur extérieur ou le montage de volets roulants – soit négocier de manière complexe avec la partie propriétaire. Dans la pratique, cela conduit de nombreux locataires à renoncer au refroidissement pourtant nécessaire, indique-t-on de l'entourage du ministère.

Hubig a signalé qu'elle entendait s'engager spécifiquement en faveur d'une clarification ou d'un élargissement du cadre juridique existant, afin que les locataires puissent prendre eux-mêmes des mesures de protection contre la chaleur. Elle n'a dans un premier temps pas donné de détails sur un projet de loi concret, le calendrier ou l'ampleur des modifications prévues. Il n'est pas non plus encore tranché si seuls les climatiseurs mobiles et la protection solaire intérieure seront concernés, ou également les installations fixes en façade.

Situation juridique de départ

La ministre fédérale de la Justice n'est pas la première responsable politique à saisir ce sujet. Lors de précédents étés déjà, des Länder et des communes avaient demandé d'ancrer plus fortement dans la loi la prévention contre la chaleur. Des experts soulignent que la protection contre la chaleur doit être ancrée, au-delà du droit du bail classique, dans la planification urbaine, la législation sociale et la protection au travail. L'initiative du ministère fédéral de la Justice pourrait donc être comprise comme une pièce d'une stratégie globale de protection contre la chaleur portée par le gouvernement fédéral.

La Fédération des locataires (Mieterbund) a en principe salué les réflexions visant à renforcer les droits des locataires en matière de protection contre la chaleur. Dans le même temps, des représentants du côté des bailleurs – dont Haus & Grund – ont fait valoir que les climatiseurs fixes peuvent modifier la structure du bâtiment et le bilan énergétique d'un immeuble. Ils ont exigé que d'éventuelles facilités s'accompagnent de règles claires en matière de démontage et d'efficacité énergétique.

Réactions des locataires et des bailleurs

La manière dont le ministère de Hubig entend concrétiser juridiquement la réforme reste pour l'instant ouverte. Un complément au Code civil (Bürgerliches Gesetzbuch) accordant aux locataires, par définition, un droit à certains aménagements structurels de protection contre la chaleur serait envisageable. Alternativement, des assouplissements dans la loi sur la copropriété (Wohnungseigentumsgesetz) ou dans le règlement sur les frais de chauffage (Heizkostenverordnung) entrent en ligne de compte. Il est clair que cette initiative s'inscrit dans un débat politique appelé à gagner en importance dans les années à venir face au changement climatique.

La question de la répartition des coûts n'est pas non plus tranchée. Jusqu'à présent, les locataires supportent en règle générale eux-mêmes l'achat et l'exploitation d'un climatiseur. Si, en revanche, le gouvernement fédéral mettait en place des subventions ou des allègements fiscaux pour les climatiseurs et la protection solaire, l'acceptation d'une telle loi pourrait être nettement renforcée. Le gouvernement fédéral n'a pas encore arrêté de position définitive sur ce point.

Questions ouvertes sur les coûts et le calendrier

Diffusion : BR24 Nachrichten, 19.08.2026 04:00