La coalition s'accorde sur une réforme fiscale : les ménages moyens paieront environ 600 euros de moins à partir de 2027
Berlin, 2 juillet 2026
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Summary
La coalition noire-rouge s'est entendue sur un paquet de réformes comportant quelque 34 points, qui doit alléger la fiscalité des revenus faibles et moyens à compter du 1er janvier 2027. Au cœur du dispositif figure une réforme de l'impôt sur le revenu d'un volume d'environ dix milliards d'euros par an, qui devrait apporter quelque 600 euros à un ménage moyen.
Berlin, 2 juillet 2026
Le gouvernement fédéral allemand, composé de l'Union et du SPD, s'est mis d'accord, à l'issue de négociations au sein du comité de coalition, sur un vaste paquet de réformes qui doit, à compter du 1er janvier 2027, alléger fiscalement en priorité les revenus faibles et moyens et procurer un allégement d'environ 600 euros par an à un ménage moyen.
Un accord arraché après d'âpres tractations
Les dirigeants de la CDU, de la CSU et du SPD se sont mis d'accord dans la soirée du 1er juillet 2026 à la Chancellerie, à Berlin, sur un catalogue d'environ 30 à 34 mesures de réforme concernant les impôts, le marché du travail et la bureaucratie. Le chancelier fédéral Friedrich Merz (CDU) a présenté les résultats aux journalistes jeudi matin et a déclaré la première année du gouvernement achevée. « Von Beginn an haben wir uns eine Agenda gesetzt, die nur einem Ziel dient: Wir wollen Deutschland wieder flott kriegen. Jetzt ist klar, dass das möglich ist », a déclaré Merz.
Au cœur du paquet figure une réforme de l'impôt sur le revenu d'un volume d'environ dix milliards d'euros par an, qui, selon les mots de Merz, prévoit « ab einem zu versteuernden Einkommen von 280.000 Euro ein Satz von 47 Prozent ». Le « Programm für Aufschwung und Beschäftigung » est, selon les responsables de la coalition, conçu de telle sorte que l'allégement « für Familien mit Kindern am stärksten wirkt; damit erleichtert die Koalition gezielt den Alltag von Familien ». La réforme doit entrer en vigueur le 1er janvier 2027 et déployer tous ses effets en 2028.
Qui finance les allégements ?
Le projet doit être financé, selon les présidentes et présidents de la coalition, principalement par un ajustement de ce que l'on appelle l'impôt sur les riches, qui concerne les revenus élevés mais pas les grands patrimoines. Il est prévu à cet effet un découpage du taux marginal supérieur actuel en deux paliers. Le SPD s'était auparavant prononcé en faveur d'un taux marginal supérieur plus élevé et d'un relèvement des droits de succession, ce que l'Union a refusé. Une hausse de la TVA, des coupes dans les subventions ou des économies budgétaires avaient également été évoquées.
En contrepartie des baisses d'impôts, les salariés devront à nouveau produire un certificat d'arrêt de travail dès le premier jour de maladie. La possibilité de l'arrêt de travail par téléphone, introduite pendant la pandémie de COVID-19, doit être supprimée. « Eingeführt werden soll die verpflichtende Vorlage einer Arbeitsunfähigkeitsbescheinigung schon ab dem ersten Tag der Erkrankung », indique le programme. Jusqu'à présent, un certificat médical n'est obligatoire qu'à partir du quatrième jour d'arrêt. Selon Merz, des exceptions à la nouvelle règle seront possibles au niveau de l'entreprise. La mesure est justifiée par les taux d'absence élevés dans les entreprises.
Retraites et bureaucratie à l'agenda
Par ailleurs, l'Union et le SPD se sont mis d'accord pour mettre en œuvre « eins zu eins » les propositions de la commission des retraites. La commission, composée de responsables politiques et d'expertes et d'experts, doit remettre ses propositions de réforme avant la fin de l'année. Un calendrier est attendu jeudi, a-t-on indiqué. Un accord a également été trouvé sur la réduction des obligations de rapport et de documentation ainsi que sur moins de bureaucratie dans la déclaration d'impôts. En matière de protection des données, l'Allemagne doit revenir au minimum européen.
Après l'accord, la coalition augmente les allocations familiales, l'abattement de base ainsi que l'abattement pour enfants et l'abattement forfaitaire pour frais professionnels. Les majorations pour travail le dimanche et les jours fériés prévues par les conventions collectives doivent également être exonérées d'impôt jusqu'à un salaire horaire de 75 euros. En revanche, les mini-jobs seront soumis à une imposition forfaitaire plus élevée. La coalition a également prévu une compensation pour les pertes fiscales des Länder et des communes.
Réactions au sein de la coalition
Dans le volet marché du travail, la cotisation à l'assurance chômage doit être maintenue stable. La ministre fédérale du Travail Bärbel Bas, coprésidente du SPD, a annoncé que la coalition voulait créer plus d'emploi par la croissance économique et s'attaquer de manière ciblée aux abus en matière de prestations sociales. « Wer das System missbraucht, der muss eben auch mit Folgen rechnen », a déclaré Bas. Aucune modification de la réglementation en vigueur sur le temps de travail n'a été adoptée dans l'immédiat. Il est également prévu une garantie de rendez-vous chez les médecins spécialistes dans le cadre de la loi sur le médecin référent.
Le chef de la CSU, Markus Söder, a qualifié les décisions comme la preuve « dass die Koalition kompromiss- und handlungsfähig sei ». Ce n'est certes pas le « Big Bang » à lui seul, mais « ein weiterer Schritt aus der Krise ». Merz a également souligné qu'il n'y aurait pas « den einen großen Big Bang », mais une série de mesures coordonnées. Les 600 euros d'allégement constituent, selon le chancelier, une « respektable Summe ». Les réformes montrent « dass die politische Mitte, hier und heute » a la force de « das Land zu gestalten und zu modernisieren ». L'objectif est « dass private Haushalte konsumieren können, aber auch die Industrie investieren kann ».
Déjà après Pâques, l'Union et le SPD avaient tenté pendant un week-end, à la Villa Borsig au bord d'un lac près de Berlin, de se mettre d'accord sur un paquet plus large ; les négociations s'étaient alors terminées en conflit et les scores dans les sondages des partis au pouvoir avaient continué à dégringoler. L'accord actuel est considéré comme la round de négociation décisive pour savoir si le gouvernement parviendra à redresser la barre avant les importantes élections régionales en Allemagne de l'Est. Un paquet d'économies pour l'assurance maladie obligatoire est déjà en cours d'examen parlementaire.
Contexte : de la dispute à l'accord
Lars Klingbeil, coprésident du SPD, a souligné que les changements ne réussissent que lorsqu'ils sont justes. C'est pourquoi les allégements ciblent en priorité les familles avec enfants. Merz a également salué explicitement les allégements fiscaux convenus pour les revenus faibles et moyens. La coalition présentera jeudi, selon toute vraisemblance, toute une série de mesures concrètes de réduction de la bureaucratie. Les baisses d'impôts doivent être mises en œuvre progressivement à partir de 2027.
Le gouvernement fédéral voit dans ce programme une contribution à la stabilisation des systèmes de protection sociale, à l'allégement pour les citoyennes et citoyens et à la relance de l'économie allemande, qui stagnait ces derniers temps. Des observatrices et observateurs considèrent le paquet comme une tentative de démontrer à nouveau sa capacité d'action après un démarrage difficile du gouvernement. Merz avait à plusieurs reprises souligné ces dernières semaines que le processus de réformes se poursuivrait après l'été. À la veille des prochaines élections et sous la pression économique, le programme est considéré comme l'épreuve de vérité centrale de la coalition noire-rouge.
Ce qui reste à venir : soins et protection des données
Des allègements sont également prévus dans le domaine des soins et de la santé : ainsi, la présentation obligatoire du certificat d'arrêt de travail dès le premier jour de maladie est prévue. Cette mesure met fin à une pratique introduite pendant la crise du coronavirus. Dans le même temps, les structures du système de santé doivent être améliorées, notamment par la garantie de rendez-vous chez les spécialistes prévue. Un paquet d'économies pour l'assurance maladie obligatoire est déjà en cours d'examen au Parlement.
Pour la protection des données, il est prévu de ramener les exigences au minimum européen. Il s'agit d'alléger la charge des entreprises et d'accélérer les procédures. La coalition veut également moins de bureaucratie pour la déclaration d'impôts à l'avenir. Globalement, les décisions prévoient que l'économie et les citoyennes et citoyens profitent à parts égales – notamment grâce à une évolution plus stable des retraites, à une baisse des charges sociales salariales et à une meilleure prévisibilité.
Des observatrices et observateurs voient dans l'accord un signal politique adressé à la population. La coalition est sous pression : le SPD avait récemment perdu du terrain dans les sondages et l'Union avait également dû laisser des plumes. Les nuits de négociation ont été tendues. Au final, plusieurs dizaines de décisions ont été arrêtées, qui devront être traduites en lois dans les semaines et les mois à venir. Le jeudi doit en outre apporter des détails supplémentaires, notamment sur le calendrier de la réforme des retraites.
Avec les baisses d'impôts, le gouvernement veut renforcer le pouvoir d'achat et ainsi relancer la conjoncture. Dans le même temps, les investissements de l'industrie doivent être facilités. Le financement par