L'UE reprend les négociations d'adhésion avec l'Ukraine et la Moldavie après la fin du blocage hongrois
Bruxelles, 15 juin 2026
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L'Union européenne a repris ce lundi les négociations d'adhésion avec l'Ukraine et la Moldavie, mettant fin à un blocage de plusieurs années orchestré par la…
Bruxelles, 15 juin 2026
L'Union européenne a repris ce lundi les négociations d'adhésion avec l'Ukraine et la Moldavie, mettant fin à un blocage de plusieurs années orchestré par la Hongrie, dont le nouveau Premier ministre Peter Magyar a retiré son veto en échange d'un accord bilatéral sur les droits de la minorité hongroise dans l'Ukraine voisine.
Ce qu'il y a de nouveau depuis le 13 juin
La reprise des pourparlers a été confirmée par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le président du Conseil européen, António Costa, qui ont souligné que l'élargissement du bloc répond à un intérêt commun dans un monde marqué par une incertitude croissante. Selon un reportage de Deutschlandfunk diffusé le 13 juin 2026, les ambassadeurs des Vingt-Sept ont ouvert la voie à un démarrage formel des négociations cette semaine.
Le déblocage a été rendu possible par un changement de gouvernement à Budapest. Le Premier ministre hongrois, Peter Magyar, a conclu la semaine dernière un accord avec Kiev pour renforcer les droits de la minorité ethnique hongroise en Ukraine, condition qu'il avait posée pour lever son veto. Son prédécesseur, Viktor Orbán, avait maintenu le processus paralysé pendant des années, ce que la ministre autrichienne des Affaires étrangères, Beate Meinl-Reisinger, a qualifié de simple tactique de blocage.
Von der Leyen et Costa ont souligné que l'Ukraine et la Moldavie avaient fait preuve de détermination, de courage et d'un travail constant dans la mise en œuvre des réformes malgré d'énormes difficultés. Selon les mots des dirigeants européens, cités dans le rapport de Deutschlandfunk, les deux pays ont rempli les exigences politiques et techniques requises pour avancer dans le processus d'intégration.
Un déblocage après des années de paralysie hongroise
Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a remercié l'UE via Telegram et a félicité la voisine Moldavie pour l'ouverture du premier chapitre de négociation, qu'il a qualifié de "bedeutende politische und moralische Unterstützung" (soutien politique et moral significatif) pour son pays. De son côté, la présidente moldave, Maia Sandu, a affirmé, selon des informations de presse, que son pays a effectué le travail nécessaire et continuera à mettre en œuvre des réformes.
Les négociations d'adhésion avec Kiev avaient été ouvertes formellement en juin 2024, plus de deux ans après le début de la guerre russe, mais l'ouverture du premier bloc thématique était restée bloquée par le veto hongrois. Désormais, la première étape des pourparlers repris portera sur les valeurs et principes fondamentaux que les deux pays doivent respecter pour rejoindre le club communautaire.
Le processus d'adhésion exige la négociation de six "clusters" ou groupes thématiques couvrant des dizaines de chapitres sur des questions allant de l'agriculture et la sécurité énergétique à l'État de droit et la lutte contre la corruption. Même après leur conclusion, l'adhésion des deux pays devra être approuvée à l'unanimité par les 27 États membres et ratifiée individuellement par chacun d'entre eux.
Le calendrier : six groupes thématiques et approbation à l'unanimité
En général, les négociations d'adhésion à l'UE s'étendent sur des années et n'aboutissent pas toujours. Le cas de la Turquie, dont les pourparlers ont été ouverts en 2005 et restent entièrement gelés en raison de reculs en matière de démocratie, d'État de droit et de droits fondamentaux, illustre les difficultés du processus.
La ministre Meinl-Reisinger, du parti libéral NEOS, a célébré explicitement le début des pourparlers et salué l'orientation "wesentlich konstruktiver" (substantiellement plus constructive) du nouvel exécutif hongrois. Dans une intervention devant les médias, elle a affirmé que "Wir müssen den Beitrittsprozess insgesamt beschleunigen" (nous devons accélérer dans son ensemble le processus d'adhésion) et a soutenu que "Die Annäherung ist in unserem Interesse" (le rapprochement est dans notre intérêt).
La cheffe de la diplomatie autrichienne a insisté sur le fait que les négociations d'adhésion "kein Gnadenakt der EU gegenüber einem Land" (ne sont pas un acte de grâce de l'UE envers un pays), mais qu'elles apportent la pression nécessaire pour mener à bien les réformes dans les pays candidats. Elle a également souligné qu'"Es darf nicht immer blockiert werden" (on ne doit pas toujours bloquer) et a averti du risque d'une "Selbstlähmung" (autoparalysie) lorsque les processus se prolongent entre dix et vingt ans.
Vienne mise sur l'accélération et sur la majorité qualifiée
Meinl-Reisinger a rappelé que l'Ukraine présente "anhaltende Defizite bei der Rechtsstaatlichkeit" (des déficits persistants en matière d'État de droit), un domaine qui devra être abordé dans les prochaines phases. Dans son bilan, la pression du processus "wirkt" (fonctionne) et constitue le principal moteur de transformation institutionnelle dans les pays candidats.
En parallèle à l'ouverture des négociations, les ministres des Affaires étrangères de l'UE débattent ce lundi d'un vingt-et-unième paquet de sanctions contre la Russie, qui, selon le reportage de Deutschlandfunk, vise les secteurs de l'énergie, du commerce, des services financiers et des cryptomonnaies. La ministre autrichienne s'est dite favorable à un durcissement des mesures à la lumière des récentes attaques russes contre le territoire ukrainien.
Sur la Russie, Meinl-Reisinger a affirmé que la situation économique du pays est "katastrophal" (catastrophique) et qu'il existe une "reine Kriegswirtschaft" (économie de pure guerre), avec des revenus pétroliers et gaziers en recul. Ces éléments, selon elle, justifient une réponse européenne ferme et soutenue dans la durée.
La cheffe de la diplomatie autrichienne a également qualifié de "keine gute Nachricht" (pas une bonne nouvelle) le retrait de Christian Schmidt en tant que Haut-Représentant de la communauté internationale en Bosnie-Herzégovine, dont l'avenir sera examiné au Conseil des Affaires étrangères à l'initiative de l'Autriche. Tout en reconnaissant le soutien européen à Sarajevo, elle a averti de l'actuelle "innenpolitische Blockade" (blocage politique intérieur) que traverse le pays.
Sanctions contre la Russie et situation en Bosnie-Herzégovine
L'Autriche défend un recours accru aux décisions à la majorité qualifiée dans le processus d'adhésion afin d'éviter les blocages répétés. Meinl-Reisinger a rappelé qu'à l'heure actuelle, le processus exige "unendlich viele einstimmige Beschlüsse" (un nombre infini de décisions unanimes) et que, sous le mandat d'Orbán, "inhaltlich hatte die vorherige ungarische Regierung aber jeglichen Fortschritt blockiert" (sur le fond, le précédent gouvernement hongrois avait bloqué toute avancée).
Sur le cas d'Orbán, la ministre a été catégorique : "Bei Magyars Vorgänger Viktor Orbán sei es nicht um die Sache, wie um Lösungen für die ungarische Minderheit gegangen, sondern nur um eine Blockade" (avec le prédécesseur de Magyar, Viktor Orbán, il ne s'agissait pas du fond du dossier, à savoir des solutions pour la minorité hongroise, mais seulement d'un blocage).
En décembre 2023, les chefs d'État et de gouvernement de l'UE avaient déjà décidé d'ouvrir les négociations d'adhésion avec l'Ukraine et la Moldavie, mais le processus est resté gelé jusqu'à présent. Kiev avait présenté sa demande d'adhésion quelques jours seulement après le début de la guerre d'agression russe en février 2022, dans un tournant géopolitique sans précédent depuis l'élargissement oriental du bloc de 2004.
La reprise effective des négociations marque donc un tournant après des années d'impasse. Bien que la voie vers l'adhésion reste longue et incertaine, la levée du veto hongrois ouvre la voie au premier groupe thématique et permet à l'Ukraine et à la Moldavie d'entamer formellement l'examen des valeurs et principes fondamentaux qui définissent l'appartenance au projet européen.
L'UE insiste sur le fait que le processus n'est pas une faveur, mais un instrument de transformation. Comme l'a résumé Meinl-Reisinger, "Der Druck wirkt" (la pression fonctionne), une idée qui synthétise la philosophie communautaire selon laquelle la dynamique même de l'adhésion oblige les pays candidats à renforcer leurs institutions, leur économie et leur respect des droits fondamentaux.
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