Guerre Ukraine 2026 : l’UE défie Moscou et livre des Gripen | actualites360
L’UE défie les menaces russes et renforce son soutien à l’Ukraine avec des avions de combat Gripen
BRUXELLES, le 28 mai 2026
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Summary
L’Union européenne et l’Ukraine refusent de se laisser intimider par les menaces d’escalade de Moscou, a déclaré une porte-parole de la Commission. En parallèle, la Suède a officialisé la livraison de ses premiers avions de combat Gripen à Kiev pour début 2027, un tournant majeur pour la défense aérienne ukrainienne.
BRUXELLES, le 28 mai 2026
L’Union européenne et l’Ukraine ont affirmé leur détermination à ne pas céder face aux menaces russes d’attaques massives contre Kiev, tandis que la Suède a annoncé un accord historique pour la fourniture d’avions de combat Gripen à l’Ukraine.
Une détermination inébranlable face aux frappes russes
Malgré une nouvelle vague d’attaques russes ayant visé la capitale ukrainienne, la représentation de l’Union européenne à Kiev et les autorités ukrainiennes ont affiché une résolution sans faille. Les bombardements ont causé la mort de deux personnes et fait 91 blessés dans la capitale, illustrant la violence continue du conflit. Face à cette situation, la porte-parole de la Commission européenne, Anitta Hipper, a fermement condamné l’attitude de Moscou.
Les menaces constituent une « escalade inacceptable », a déclaré Anitta Hipper, porte-parole de la Commission européenne, sur le service en ligne X.
La réponse de Bruxelles ne s’est pas limitée à une condamnation verbale. La porte-parole a également formulé une exigence claire à l’endroit du Kremlin, appelant à un changement radical de stratégie militaire. Cette position souligne la volonté de l’UE de maintenir une pression diplomatique constante sur la Russie.
L’UE exhorte la Russie à cesser les bombardements contre les civils et à accepter un « cessez-le-feu complet et inconditionnel », a-t-elle ajouté.
Cette fermeté intervient alors que de nouvelles frappes aériennes russes ont été signalées dans l’est du pays. Selon les autorités ukrainiennes, ces attaques, notamment sur la ville d’Odessa, ont tué au moins une personne et blessé quinze autres civils. Ces événements tragiques rappellent la dimension profondément humaine de la guerre, comme l’a souligné un responsable américain.
« Chaque fois que l’on voit ces attaques massives d’un côté ou de l’autre, c’est un rappel brutal de la raison pour laquelle il s’agit d’une guerre terrible », a déclaré le secrétaire d’État américain Marco Rubio lors d’une visite en Inde. « Elle doit prendre fin », a-t-il ajouté.
Un accord historique pour la livraison de chasseurs Gripen
Sur le plan militaire, un pas décisif a été franchi avec l’officialisation d’un accord de défense majeur entre Stockholm et Kiev. Lors d’une visite du président ukrainien Volodymyr Zelensky en Suède, les deux pays ont scellé le transfert de la capacité aérienne suédoise vers l’Ukraine. Le Premier ministre suédois Ulf Kristersson a qualifié cette décision d’historique pour son pays, soulignant qu’elle renforcerait considérablement la défense aérienne ukrainienne.
Le volet financier de l’accord prévoit que l’Ukraine mobilise 2,5 milliards d’euros issus d’un prêt de l’UE pour l’achat de jusqu’à 20 avions de combat Gripen de dernière génération. En parallèle, Stockholm fera don de 16 appareils de la série C, une version plus ancienne mais toujours opérationnelle. La livraison de ces 16 avions donnés est planifiée pour le début de l’année 2027.
Ce calendrier marque une accélération significative par rapport aux plans initiaux. La Suède avait déjà envisagé de livrer des Gripen en 2024, mais ces plans avaient été suspendus car d’autres alliés jugeaient alors la fourniture de chasseurs F-16 plus prioritaire. L’annonce actuelle lève donc un blocage stratégique important pour Kiev.
L’accord ne se limite pas à un simple don. Il s’inscrit dans une vision de long terme pour la reconstruction de l’armée de l’air ukrainienne. Les deux pays avaient signé un accord de principe en octobre 2025, ouvrant la voie à l’acquisition potentielle par l’Ukraine de 100 à 150 Gripen au total. La livraison des modèles de nouvelle génération E, plus grands et plus lourds que la variante C, devrait débuter à partir de 2030. Lors d’une conférence de presse, le président Zelensky a exprimé l’espoir de pouvoir sécuriser le financement nécessaire pour acquérir la totalité des 150 appareils.
L’UE débloque une aide financière massive
Le soutien européen à l’Ukraine se manifeste également sur le front économique. Le parlement ukrainien a ratifié un accord de prêt crucial avec l’Union européenne, d’un montant total de 90 milliards d’euros. Le vote a été acquis par une large majorité de 298 députés, bien au-delà des 226 voix nécessaires, témoignant d’un consensus politique fort à Kiev pour ce rapprochement financier avec Bruxelles.
Le déblocage des fonds est imminent. Le commissaire européen à l’Économie, Valdis Dombrovskis, a indiqué que si tout se déroulait « comme prévu », Bruxelles procéderait au versement d’une première tranche de 3,2 milliards d’euros dans le cadre de ce programme d’aide financière. Cette injection de liquidités est vitale pour soutenir l’économie ukrainienne, mise à rude épreuve par le conflit prolongé.
Moscou tente de renforcer ses rangs par des incitations financières
Face à ses propres défis sur le champ de bataille, la Russie cherche de nouveaux moyens d’attirer des recrues. Un décret publié par le Kremlin instaure un système d’incitation financière significatif pour les nouveaux engagés. Selon ce texte, les Russes qui signeront un contrat militaire pourront être exonérés de dettes à hauteur de près de 120 000 euros.
Cette mesure s’applique à tous les citoyens russes qui s’engagent à partir du 1er juin. En contrepartie de cet effacement de dettes, les nouvelles recrues doivent s’engager pour une durée minimale d’un an pour ce que Moscou appelle officiellement « l’accomplissement des tâches de l’opération militaire spéciale », la terminologie officielle russe pour désigner la guerre en Ukraine. Cette disposition révèle les difficultés de recrutement auxquelles l’armée russe est confrontée.
Kallas met en garde Washington contre un désengagement
Dans un contexte géopolitique plus large, la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a adressé une mise en garde aux États-Unis contre un éventuel retrait de leurs troupes du continent européen. Dans une interview accordée au magazine allemand « Der Spiegel », elle a souligné les conséquences profondes qu’une telle décision entraînerait pour les deux parties.
Une telle annonce contraindrait l’Europe à investir encore davantage dans sa propre sécurité, a déclaré Kallas au « Spiegel ».
Au-delà de l’aspect militaire, la haute représentante de l’UE a pointé un risque politique majeur pour Washington. Elle a averti que l’autonomisation stratégique de l’Europe se ferait au détriment de l’influence américaine.
« Le revers de la médaille pour l’Amérique est le suivant : si l’Europe devient plus indépendante des États-Unis, ces derniers perdent aussi leur levier d’influence », a-t-elle analysé. Elle a ajouté que les États-Unis risquaient de perdre confiance et influence bien au-delà de l’Europe : « Les pays qui comptaient jusqu’ici sur la protection de l’Amérique ne sont désormais plus certains que les États-Unis soient un partenaire fiable. »
Par ailleurs, l’UE a décidé de ne pas nommer pour l’instant d’envoyé spécial chargé des éventuelles négociations de paix avec la Russie, signalant que les conditions pour une diplomatie de haut niveau ne sont pas encore